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Catégorie : Actualités

Brèves de lobbying

« Les brèves de lobbying » apportent des éclairages sur des opérations passées ou en cours dans le domaine des relations institutionnelles. Une approche directe dont le but est de susciter la réflexion ou de donner des idées.

Brexit : la contre attaque de l’Île de France

Valérie Pécresse espère bien capitaliser sur le vote du Brexit par les britanniques et les effets qu’il devrait engendrer sur les sièges sociaux présents à Londres. Elle vient d’adresser une longue lettre à 4000 investisseurs et présidents de grands groupes étrangers que le quotidien L’Opinion reproduisait dans son édition du 27 juin. Dans ce courrier, elle propose de s’occuper personnellement de tout déménagement de siège social qui pourrait s’installer en Île de France et de mettre à disposition des investisseurs un dispositif spécifique. Une grande campagne digitale sera également déployée sur le thème « Move on, join Paris Region ».

70.000 emplois menacés

C’est le thème de la campagne des acteurs de l’économie du VTC en France qui unissent leurs forces pour lutter contre la nouvelle proposition de loi portée par le député Laurent Grandguillaume (notre Newsroom du 20 juin). Le texte du parlementaire est clairement pro-taxis et envisage des réformes qui pourraient mettre en péril un grand nombre d’acteurs du marché des VTC qui dénoncent dans leur campagne presse une loi qui « menace l’activité de tout le secteur et le travail de 70 000 personnes, qui sont chauffeurs professionnels ou voudraient le devenir dès maintenant, pour permettre à des millions de Français de se déplacer chaque jour. » Cette campagne, qui notamment sur un communiqué diffusé en pleine page dans les quotidiens d’opinion nationaux, s’adresse aux parlementaires que les professionnels appellent à prendre « le temps du dialogue en impliquant tous les acteurs » « plutôt que de faire une nouvelle loi à la hâte ».

Dérapages « anti-vieux » post-Brexit

Si on a entendu bien des arguments pour dénoncer le choix des électeurs britanniques, il y en a un qui sonne avec des relents particulièrement détestables : les « vieux » seraient les responsables de ce résultat. Au vote très largement anti-européen des personnes de plus de 65 ans il est opposés le vote largement pro-européen des moins de 24 ans. Cette approche est hélas perturbée par le faible taux de participation des 18-24 ans face à des personnes âgées plus motivées par le déplacement vers les isoloirs. Au delà de cette réalité, il est particulièrement choquant que de telles conclusions puissent être avancées par des responsables politiques. Ainsi, les séniors deviendraient un élément « clivant » de plus du marketing électoral et miser sur l’opposition entre les jeunes et l’avenir face aux anciens et au passé pourrait être rentable sur le plan électoral ? Alors, il est urgent pour le lobby « senior » de s’organiser pour peser et se faire un peu plus respecter d’une classe politique en plein dérapage.

Leclerc communique sur le dos de Royal

Il est désormais interdit (au 1er juillet), pour un magasin, de mettre à disposition de ses clients des sacs en plastique à usage unique. Une « révolution » initiée de longue date dans la grande distribution et dont l’initiatrice fut l’enseigne Leclerc. Alors la loi Royal qui entre en vigueur en cet été 2016 est une bonne occasion pour le trublion de la grande distribution de prendre la parole pour rappeler qui « a osé » le premier. Une campagne de communication est lancée par les centres Leclerc avec une belle photo de Ségolène Royal (à son avantage puisque la photo date des années 90) avec cette apostrophe « Eh oui, Madame Royal, c’était en 1996 et nous avions déjà supprimé nos sacs de caisse ». L’enseigne rappelle que sa mesure a « permis  d’économiser 10.800 tonnes de plastiques et a considérablement réduits les risques de pollution liés à l’abandon des sacs dans la nature ». Et comme l’enseigne n’est jamais à une (petite) provocation près elle informe la ministre de l’Écologie qu’à partir du « 1er janvier 2017, ce sont les sacs d’emballage des produits frais qui seront remplacés par des sacs biosourcés » et conclue « Alors une loi, même 20 ans après ? Pourquoi pas, il n’est jamais trop tard pour bien faire ! ». La Ministre a feint la colère en faisant adresser au distributeur un mel par voie d’avocat lui intimant de retirer cette publicité, avec deux jours de retard. En effet, la publicité n’envahissait déjà plus les journaux français.

Quatre mois, douze manifestations

Le 4/12 un chiffre intéressant à retenir pour les candidats à la présidentielle de 2017. La loi travail tant décriée par la CGT et FO a engendré 4 mois de blocages et de violences et 12 grandes manifestations nationales (si on compte celle prévue le 5 juillet). Les désagréments sont certes nombreux, difficiles à vivre au quotidien et très perturbants pour les Français qui sortent de cette période un peu plus fatigués et tendus mais dans le cadre d’une réforme ambitieuse avec pour objectif de redonner un peu d’air dans une France sclérosée par un système dépassé, est)ce que cela n’en vaut pas la peine, surtout en début de mandat ?

Les Français ne voteraient pas le Frexit 

Selon un sondage RTL-Le Figaro-LCI réalisé par TNS Sofres One Point et publié le 29 juin, 45% des Français seraient pour un maintien de la France au sein de l’Union Européenne en cas de référendum et 33% pour une sortie. Ce résultat n’est pas si large que cela en faveur de l’Europe et il n’y a pas de majorité pro-européenne nette qui se dégage, preuve que les messages des politiques sur les « responsabilités de l’Europe » trouvent un écho au sein de nos concitoyens et ont sans doute durablement abîmés l’image de l’institution. Certes, le clivage politique est encore grand pour se déterminer sur ce sujet puisque les sympathisants du FN voteraient massivement pour une sortie de la France, à 74% contre 19% chez Les Républicains et 17% au PS. L’assise globale des pro-europe reste fragile et les Français en sont peut-être conscients puisqu’ils ne désirent pas vraiment d’un référendum sur le sujet, 45% sont pour et 44% contre.

La nouvelle taxe du gouvernement 

La « pause fiscale » aura duré le temps de la décréter. Créée avec un objectif de 600 millions de recettes la taxe spéciale d’équipement régional devrait voir le jour dans le cadre du Projet de Loi de Finance pour 2017. Elle a pour ambition de soutenir les PME dans leur développement. Les Régions ont une nouvelle mission économique qu’elles n’ont visiblement pas les moyens de conduire, elles ont donc demandé au gouvernement de créer une taxe dont les recettes leurs seront reversées. La compétence économique était auparavant placée sous la houlette des Départements, on peut donc s’étonner de la nécessité de créer une nouvelle taxe. D’autant plus qu’elle devrait avoir la même assiette que la cotisation foncière des entreprises (CFE) et que la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), elle sera donc payée à la fois par les sociétés et les ménages. En tout cas, l’argument magique du soutien aux PME ne tient pas pour François Asselin, le patron de la CGPME qui dénonce dans un communiqué « Toutes tendances politiques confondues la facilité reste de mise. Si cette taxe devait effectivement être instaurée, il s’agirait pour les uns d’un manquement aux engagements passés, pour les autres d’un manquement aux engagements futurs », une façon de renvoyer gauche et droite dos à dos et de s’inquiéter pour les engagements de campagne de la droite.

Quand les grèves coûtent des milliards

Le cabinet PwC livre une étude inédite et très éclairante sur le coût des grèves à répétition des contrôleurs aériens en Europe. Cette enquête, commandée par l’association Airlines for Europe (A4E), évalue à 9,5 milliards d’euros le coût de ces grèves entre 2010 et 2015. Ce résultat est le fruit de la collecte de chiffres concernant les coûts pour les transporteurs aériens, les secteur du tourisme ou la perte de compétitivité pour l’économie européenne, il représente la destruction de 131.000 emplois sur la période. 167 jours de grèves en Europe, la France remporte la palme avec 95 jours non travaillés pour les contrôleurs Français, une situation qui génère à chaque fois de lourdes conséquences pour l’ensemble des acteurs en Europe. L’association A4E demande en conséquence une évolution des réglementations européennes afin que ces coûts puissent être au moins limité à l’avenir.

Avalanche de procédures contre une taxe française

En 2012, le gouvernement Ayrault a créé un peu en catastrophe une taxe de 3% sur les dividendes, officiellement pour inciter les entreprises à investir plutôt qu’à servir leurs actionnaires. En réalité, elle devait surtout compenser le manque à gagner suite à la suppression de la taxe de 30% sur les OPCVM étrangers, rétoquée par la Cour européenne. C’est exactement ce qui pourrait arriver, en pire, à la taxe de 3% sur les dividendes qui suscite la colère de nombreuses entreprises depuis sa création et qui se trouve sous la menace de plusieurs procédures, dont certaines prospèrent dangereusement. Ainsi, le Conseil D’Etat a décidé le 27 juin d’adresser à Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) une question préjudicielle sur le sujet. La Commission européenne a déjà lancé une procédure contre la France. Le Conseil d’Etat s’est également tourné vers le Conseil Constitutionnel sur un dispositif de cette taxe qui permet aux groupes fiscalement intégrés d’en être exonérés pour les versements de dividendes internes. Le problème qui pourrait se poser au gouvernement en cas d’invalidation de cette taxe est budgétaire, en effet elle pèse déjà pour plus de 2 milliards d’euros dans le budget de l’Etat.

Abattoirs : mesures gouvernementales inefficaces

L’association L214 a révélé le 29 juin une nouvelle salve de preuves sur la maltraitance d’animaux dans des abattoirs. C’est par le biais de vidéos insoutenables que l’association essaient depuis des années de convaincre les pouvoirs publics de prendre les décisions indispensables pour que ces souffrances inutiles cessent enfin. On peut s’interroger sur la volonté politique réelle d’en finir avec ces maltraitances animales démontrées quand on constate que les abattoirs visités par L214 en mai 2016 avaient tous les deux fait l’objet de contrôles dans le cadre des instructions données par le Ministre de l’Agriculture et de la visite d’un parlementaire dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français pour l’un d’entre eux. Qu’en est-il du respect de la réglementation française et européenne qui stipule que « toutes douleurs, détresse ou souffrances évitables sont épargnées aux animaux lors de la mise à mort » ? Les abattoirs visés dans cette nouvelle enquête, celui de Pézenas et du Mercantour, ne sont pourtant pas de grosses unités, ils sont même certifiés Bio… Stéphane Le Foll a déjà dévoilé une partie des constats relevés par les contrôles systématiques qu’il a ordonné : des non-conformités graves sur 19 lignes d’abattages sur 460 (5%) et des défauts d’étourdissement sur 39 chaines (12%). Cependant, les contrôles effectués sur l’abattoir du Mercantour dont les pratiques horribles sont révélées par L214 n’ont relevé, d’après Le Monde, aucun manquement et à Pézenas « des problèmes sur le poste d’étourdissement, mais nous avons appliqué des actions correctives immédiates » précise la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) au quotidien. Aux pratiques inqualifiables de certains abattoirs, viennent donc s’ajouter des dysfonctionnements évidents dans les méthodes de contrôles pratiquées. Or, dans cette affaire, la filière entière est désormais menacée, les Français pourraient finir par entendre les appels de L214 à se détourner de la consommation de viande pour privilégier  une pratique végétarienne. D’ailleurs, l’association a décidé de passer à la vitesse supérieure en lançant une pétition appelant à « un choix végétarien ou vegan dans la restauration collective ».

Les Clubs parlementaires objets d’un rapport

La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) vient de rendre un rapport sur les clubs parlementaires qui existent à l’Assemblée nationale et au Sénat et qui réunissent représentants d’intérêts et parlementaires. La HATVP recense une quarantaine de clubs aux statuts et aux modes de fonctionnement variés. Certains sont largement financés par des entreprises ou des fédérations professionnelles qui y voient un intérêt évident : être en relation directe avec des parlementaires sensibles à leurs problématiques. Néanmoins, avec la transparence de la vie publique, ces clubs semblent de plus en plus iconoclastes la HATVP émet une dizaine de préconisations afin de les rendre plus transparent et de les préserver d’éventuels conflits d’intérêts. L’autorité recommande de ne plus utiliser le terme « parlementaire », ne plus organiser d’événements au sein des assemblées, ne plus utiliser leurs logos, mentionner systématiquement les entreprises qui soutiennent ces clubs, interdire leur domiciliation dans les assemblées, veiller à une utilisation modérée des moyens mis à la disposition des parlementaires, il estime également souhaitable que lors des débats parlementaires, les élus concernés mentionnent leur appartenance à tel ou tel club. Ces préconisations constitueraient un véritable tournant dans le fonctionnement de ces clubs si elles devaient être appliquées.

Quand les citoyens votent « mal »  

Avec le Brexit et la consultation Notre Dame Des Landes, nous avons assisté à une incroyable déferlante de commentaires sur ces citoyens qui voteraient si mal que l’on se demande bien pourquoi les politiques leur en laisse encore le droit.  

La fin du mois de juin aura été marquée par deux consultations citoyennes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre mais qui ont toutes deux désorientées un peu plus des élus convaincus que leurs calculs politiciens soumettent les citoyens. Ces derniers, à qui il était demandé de se prononcer sur des enjeux importants, ont finalement décidé de voter en liberté et d’exprimer leur profond désir, ils ont ajouté à l’offense de leur choix, une participation massive aux scrutins.

Dans les deux cas, une partie de la classe politique fustige ce vote « inconséquent », « populiste » et j’en passe. Aux britanniques il est reproché de ne rien comprendre aux grands enjeux européens, aux habitants de Loire-Atlantique de méconnaître l’écologie…

Il est pour le moins paradoxal d’évoquer en permanence le recours au référendum et lorsque l’issue de celui-ci ne correspond pas aux attentes des politiques de le condamner et de dénoncer les affreux populistes qui l’auraient manipulé. Ce comportement est une forme de déni de démocratie. Il s’agit également d’une tentative un peu désespérée pour certains politiques de masquer leurs inquiétudes et leur désarroi face au comportement de plus en plus imprévisible des citoyens.

En Angleterre, un candidat au poste de Premier Ministre avait pris le risque de promettre un référendum à ses électeurs pour l’emporter tout en connaissant la fragilité du concept européen dans le coeur de son peuple. En France, la consultation sur l’aéroport Notre Dame Des Landes, a été proposée en urgence lors du dernier remaniement afin de permettre l’entrée d’écologistes au gouvernement « la tête haute », avec le calcul que le non l’emporterait. Des deux côtés de la Manche, le score est de zéro pour les fins tacticiens politiques.

Au lieu de critiquer ces votes qui peuvent ou pas nous convenir, nous devrions nous interroger sur ce qu’ils traduisent des attentes profondes des peuples et des effets des mensonges répétés ainsi que des promesses sans cesse déçues des politiques.

Espérons qu’ils inspirent les candidat à la présidentielle de 2017 dans leurs programmes respectifs et dans leur détermination à les respecter en cas de victoire. Il nous est encore laissé ce droit à l’espoir, il est vital pour le monde de l’entreprise.

Mathieu Quétel, président de Sountsou – Affaires Publiques

Brèves de primaire de la gauche 

Nos informations sur les coulisses des primaires à gauche.

Deux présidents non-candidats en campagne.

François Hollande et Nicolas Sarkozy n’en peuvent plus d’attendre le nouveau duel dont ils rêvent tous les deux pour 2017. Les deux fauves se mettent en place et tournent dans leurs cages respectives, l’Elysée et Les Républicains. Ces deux là ne sont pas encore officiellement en campagne, ils devront même se soumettre à une primaire interne à leur camp mais leur oeil est déjà rivé sur le 23 avril 2017, date du premier tour de l’élection présidentielle. Chacun monte lentement mais sûrement en pression pour être prêt pour ce nouveau combat avec la revanche en ligne de mire et comme objectif commun. Revanche sur une défaite face à un « imposteur » qui a « menti » sur son programme encore mal digérée, revanche également sur un quinquennat bancal et un « ancien » qu’il faut mettre à mort. L’un et l’autre ne sont pas très désirés, ni par leurs « amis », ni par les Français, mais qu’importe, la présidentielle est une affaire d’homme, il y a bien longtemps qu’elle ne concerne plus la grandeur de la France.

Montebourg se présidentialise

Arnaud Montebourg s’est-il assagit ? On ne retrouve plus le vibrionnant Ministre de l’Économie qui allait de visite en visite d’entreprises, de plateaux de télés en studios de radios pour dispenser sa bonne parole sur le « Made in France ». Devenu chef d’entreprise, après une prise de distance avec la politique, il adopte désormais une posture de présidentiable même s’il continue à parler franchement. Arnaud Montebourg se prépare à la primaire de la gauche et la première étape est bien entendu d’être en mesure de s’imposer chez les frondeurs afin d’éviter la multiplication de candidatures face à François Hollande. Dans une interview au Monde daté du 29 juin, il se montre technique et posé sur ses propositions sur l’Europe. Même s’il fait le constat assez consensuel aujourd’hui que « L’Union Européenne s’est construite contre les peuples » il juge sévèrement que « les élites européennes vont avoir à coeur, comme d’habitude, de ne rien changer ».

Macron joue le rassemblement transpartisan

Emmanuel Macron continue son bonhomme de chemin avec son mouvement En Marche !. Il a profité du Brexit pour proposer l’organisation d’une « convention démocratique dans les vingt-sept pays membres ». Ces conventions, dont on n’en sait pas plus quant au contenu, seraient le préalable avant d’envisager toute nouvelle consultation populaire et une renégociation du traité. Le Ministre de l’Économie participait le 25 juin à un débat à Sciences Po avec Daniel Cohn Bendit et une députée européenne centriste, Sylvie Goulard, il en a profité pour affiner encore son positionnement de rassembleur transpartisan qui pourrait lui être utile dans les prochains mois.

François Hollande annonce des baisses d’impôts conditionnées

Qu’elles sont agréables ces périodes électorales pour les oreilles des électeurs, surtout des classes moyennes. Ce sont elles que cible désormais François Hollande en annonçant dans une interview aux Echos une baisse de l’impôt sur le revenu plafonnée à 2 milliards d’euros. Néanmoins, cette diminution de la charge fiscale est conditionnée par toute sorte de « si », si la croissance est bien à 1,7% en 2017, si les effets du Brexit ne se font pas trop sentir et bien entendu si cela est budgétairement tenable. Rien n’est moins sûr, mais qu’importe, les promesses c’est pour demain, les déceptions pour plus tard.

Les milliards de la campagne

Le Parisien s’est amusé à présenter une iconographie des « cadeaux du Chef de l’État » depuis le début de l’année 2016. Ils atteignent tout de même 6,3 milliards d’euros et François Hollande n’est toujours pas officiellement candidat. Cette campagne présidentielle s’annonce coûteuse pour les finances de l’Etat entre des réformes promises dont rien n’est moins sûr qu’elles soient effectivement engagées et des dépenses multiples qui ont peu de chance de trouver un financement si elles devaient être accordées.

Le rendez-vous du 12 juillet

Emmanuel Macron a adressé à ses soutiens un mel d’invitation pour « le premier grand rassemblement » de son mouvement En Marche, le 12 juillet à 19 heures à la Mutualité à Paris. Il s’agit d’un rendez-vous très important pour le ministre de l’Économie dans sa stratégie de conquête de l’opinion, il devrait dévoiler un peu plus sa stratégie mais osera-t-il éclairer ses fidèles sur ses ambitions ?

 

Les dates clés de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.

Brèves de lobbying

« Les brèves de lobbying » apportent des éclairages sur des opérations passées ou en cours dans le domaine des relations institutionnelles. Une approche directe dont le but est de susciter la réflexion ou de donner des idées.

La Mairie de Paris contre Amazon

Amazon lançait le 16 juin un nouveau service à Paris qui pourrait bien fluidifier encore plus les achats quotidiens des parisiens. Amazon Prime Now propose des livraisons express de produits frais en deux heures sur Paris et sa petite couronne, en scooter et petits véhicules, selon les distances. La Mairie de Paris s’est immédiatement lancée dans une campagne contre ce nouveau service en soulevant toute sorte de critères qui vont de la déstabilisation des « équilibres commerciaux » à la pollution accrue (sic), un étrange positionnement pour la Ville de Paris, pôle d’attraction international et vitrine de la France à l’étranger et qui se distingue déjà par ses « combats » contre les Uber et autres Airbnb.

Le lobbying anti-nouvelle économie d’Anne Hidalgo

Anne Hidalgo se distingue ces derniers mois par ses prises de positions contre la nouvelle économie, après les VTC et les plateformes de type Airbnb, elle s’attaque désormais au géant Amazon et à son nouveau service de produits frais livrés en quelques minutes. Ces attaques répétées de la Maire de Paris contre les acteurs de la nouvelle économie laissent perplexe. La Maire semble prendre ses décisions en fonction de marqueurs idéologiques plutôt que dans l’intérêt de ses administrés. En s’attaquant aux opérateurs innovants du net, elle s’érige de fait en défenseur des acteurs historiques tels que les taxis, les commerçants et elle donne également l’impression de combattre les multinationales du net. Les emplois créés sont opposés aux emplois détruits, les services offerts aux nuisances générées etc. Tout est bon pour donner l’impression d’être un rempart face à l’envahissement et au grand chamboulement de notre économie par les géants du net qui, en plus, « ne paient pas leurs impôts chez nous ». Ces slogans, presque marketing, sont répétés à longueur d’interviews, sans mise en perspective, sans prise en compte de la complexité des emplois effectivement créés et de la création de valeur en général. Un peu comme si la nouvelle économie était un élément idéologique « clivant » aux effets électoraux tellement intéressants qu’ils dépasseraient le ridicule de ces postures aux accents populistes.

Défendre les VTC à la française

Les plateformes de VTC font souvent la une de l’actualité, notamment sociale, avec une tête d’affiche savoureuse : Uber. C’est oublier un peu vite, que de nombreuses sociétés françaises se sont créées autour de cette nouvelle économie du service. Les acteurs français regrettent d’ailleurs d’être trop souvent confondus avec leur confrère américain, dont les méthodes ne sont pas forcément les leurs. Ils ont donc fait le choix de s’autonomiser dans leurs démarches auprès des politiques dans le but d’expliquer leurs différences. Une saine initiative.

Néonicotinoïdes : quel lobby dit vrai ?

Situation typique des choix difficiles auxquels sont parfois confrontés les parlementaires, le vote de l’interdiction des insecticides de la famille des néonicotinoïdes, connus pour attaquer le système nerveux des abeilles. Selon les spécialistes ces insecticides seraient responsables de la disparition chaque année de plus de 300.000 colonies d’abeilles, un véritable désastre. Or, les avis divergent sur les solutions alternatives disponibles et les agriculteurs, grands utilisateurs de ce type d’insecticides ne peuvent se résoudre à ne pas les utiliser, sans mettre en danger leurs exploitations. Alors, les parlementaires et le gouvernement sont face à un dilemme qu’ils ont arbitré par un « entre deux ». Les néonicotinoïdes seront bien interdits mais seulement à partir de septembre 2018, voire après la mi-2020 dans certains cas. Une situation qui hérisse les défenseurs de la nature qui assènent que des solutions alternatives sont d’ores et déjà disponibles et que les effets néfastes sur l’environnement sont supérieurs aux effets bénéfiques. Le sujet a été débattu dans le cadre de la loi Biodiversité et a fait l’objet de multiples revirements au cours des navettes parlementaires. Le débat a également été vif au sein même du gouvernement opposant Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture à Ségolène Royal, la ministre de l’environnement. Les lobbies ont joué pleinement leur rôle dans cette affaire pointant les difficultés des différentes options, les politiques ont eu les plus grandes difficultés à les départager.

La « taxe Nutella » victime du business d’Etat

Le gouvernement avait fini par céder : une « taxe Nutella » serait mise en place. L’objectif était de surtaxer l’huile de palme dont les effets sanitaires et écologiques sont dénoncés de longue date. La taxe, du nom de la célèbre pâte à tartiner qui l’intègre dans sa recette, devait être mise en place. Mais, c’était sans compter sur les réactions du principal producteur mondial, l’Indonésie, qui menaçait de remettre en cause les relations entre nos deux pays. Un bémol acceptable s’il se limitait à nos relations diplomatiques qui auraient pu se rafraîchir quelques mois tout au plus. Or, l’Indonésie menaçait surtout de revoir ses relations commerciales avec la France avec, à la clé, des ventes d’Airbus ou de satellites. Alors, le gouvernement a convaincu sa majorité à l’Assemblée Nationale de revenir sur son vote.

Les hôteliers en colère contre Airbnb 

La France est le second marché de la plateforme américaine de mise en relation entre particuliers pour la location d’appartements aux vacanciers et les hôteliers l’accusent de bénéficier d’un statut particulier qui lui permet de s’exonérer de toute sorte d’obligation qui la rende bien plus compétitive. Des syndicats professionnels et des hôteliers ont déposé une plainte contre X afin de dénoncer des pratiques qu’ils jugent illégales. L’enquête a été confiée au service national des enquêtes (SNE) qui doit constater les infractions. À côté du terrain judiciaire, les hôteliers espèrent beaucoup du projet de loi numérique qui pourrait renforcer l’arsenal contre les plateformes, notamment par le biais d’un « permis de louer » et des signalements à l’administration fiscale. Dans les coulisses, les débats sont rudes.

Les syndicats ont 2017 en ligne de mire

Outre les enjeux de représentativité syndicale où la CFDT pourrait passer devant la CGT lors des prochaines mesures de mars 2017, c’est bien l’après présidentielle qui se joue actuellement. Si les syndicats contestataires comme FO et la CGT s’opposent si vivement à la timide Loi El Khomry, ils préparent déjà le retour de la droite en 2017 et la mise en oeuvre de réformes jugées « dures et radicales » qu’elle promet. Philippe Martinez s’affiche comme le rempart aux réformes et met la pression sur les candidats à la présidentielle qui doivent intégrer le fait qu’ils devront affronter des blocages s’ils envisagent de respecter leurs engagements. Paradoxalement, cette posture pourrait renforcer la détermination à réformer et mobiliser un peu plus ceux qui ont tant besoin de voir le code du travail évoluer, par exemple.

Les maisons de disques s’attaquent à Google

Alors qu’en France, l’industrie du disque mène la guerre aux radios auxquelles elle reproche de ne pas exposer suffisamment les artistes francophones, aux Etats-Unis, elle pilote un autre combat autrement plus stratégique. Les maisons de disques souhaitent que le Congrès américain s’intéresse à la filiale de Google, You Tube, accusée de diffuser certains clips  sans l’autorisation des artistes et donc sans leur verser de revenus. En outre, lorsque les clips sont diffusés dans le cadre de contrat de licence, la rémunération est jugée trop limitée par les producteurs de disques. Or, le géant américain représenterait 40% de la consommation de musique mondiale contre 4% des revenus. Ainsi, You Tube qui ne cesse de développer sont audience, donc ses profits, notamment grâce à la musique, est accusé de ne pas rémunérer en retour les différents acteurs de l’industrie du disque. Outre, ces diffusions pirates, ce sont les revenus de licences qui sont en jeu. En effet, les géants du disque souhaitent obtenir le soutien du législateur américain dans leurs négociations de renouvellement de licence avec Google.

Commission d’enquête sur Numéro 23

Créée le 1er juin par la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale, la commission d’enquête sur les conditions d’octroi de l’autorisation d’émettre de la chaîne TNT Numéro 23 a élu son bureau le 21 juin. Elle sera donc présidée par Christian Kert, député LR spécialiste de l’audiovisuel, Michel Françaix, Martine Martinel, Dominique Nachury et Rudy Salles en seront les vice-présidents. Le rapport de la commission est attendu pour la fin d’année au plus tard. Elle devrait conduire ses travaux rapidement. La chaîne Numéro 23 a fait l’objet en 2015 d’une décision inédite de retrait de son autorisation d’émettre par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), une décision annulée par le Conseil d’Etat. Il est reproché au dirigeant de la chaine d’avoir été candidat à l’obtention d’une fréquence en TNT afin de la revendre rapidement alors que les fréquences sont réputées incessibles et mises à disposition à titre gratuit aux éditeurs en contrepartie d’un cahier des charges.

Primaire : Ça chauffe à droite

Nos informations sur les coulisses de la primaire à droite.

MAM candidate hors primaire ?

Le Monde révélait le 20 juin que Michèle Alliot-Marie devrait annoncer sa candidature à la présidentielle de 2017 le 4 juillet, à l’occasion d’un déplacement en Alsace. Si la candidature de MAM n’est pas une surprise, son refus de passer par la case primaire de la droite en est une. En effet, l’ancienne Ministre de Nicolas Sarkozy jugerait, selon des propos rapportés par Le Monde, l’étape de la primaire « pas à la hauteur des enjeux », elle réduit même cette élection interne « à des procédures », une sorte de lourdeur administrative, à laquelle elle feint de ne pas vouloir se soumettre. Celle qui revendique son identité gaulliste, absente des médias depuis des mois, essaie sans doute de créer une visibilité à sa candidature. En effet, la primaire de la droite a déjà suscité de nombreuses vocations, douze personnalités de niveaux divers se sont déclarées et il est difficile dans ce contexte d’exister. Autre préoccupation, la capacité des candidats à réunir les différents parrainages indispensables à la validation de leur candidature. Mais MAM a sa carrière derrière elle, elle pourrait également être tentée par une sorte de baroud d’honneur électoral, en forme d’hommage solitaire au Général…

Guaino dit non au programme de LR

Henri Guaino ne devrait pas participer au Conseil national de LR, prévu le 2 juillet. Le dernier candidat déclaré à la primaire de la droite, fidèle au Général de Gaulle, considère que l’élection présidentielle est la rencontre entre un homme et les Français. Il refuse donc de voter à un Conseil national qui prévoit de valider un socle commun des candidats de LR pour la présidentielle. Au sein des candidats à la primaire, nombreux sont ceux à être sur la même ligne et à hésiter à se rendre à ce Conseil national vécu par les uns et les autres comme une manipulation du camp sarkozyste.

Le Conseil national de LR, instrument sarkozyste ?

Si la campagne officielle de la primaire de la droite ne doit démarrer que le 21 septembre, les esprits s’échauffent déjà depuis plusieurs semaines. Le 2 juillet Nicolas Sarkozy souhaite réunir un Conseil national de LR afin de valider le programme du parti pour la présidentielle, mais bon nombre de candidats à la primaire y voit un piège. Ils considèrent que valider ce « socle commun » reviendrait à s’enfermer autour de propositions portées et défendues par Nicolas Sarkozy, alors qu’il devrait être candidat à la primaire. Ils s’imaginent déjà lors des débats publics se faire gentiment remettre à leur place par un Sarkozy candidat qui défendrait un programme qu’ils auraient tous adopté.

Le grand chamboule-tout lyonnais

À Lyon, LR, sous l’impulsion de Laurent Wauquiez le nouvel homme fort de Rhône-Alpes, vient de procéder à un important renouvellement de ses candidats aux législatives de 2017. Deux anciens députés, Emmanuel Hamelin et Michel Havard qui espéraient bien retrouver leurs sièges se sont vus écartés au profit de deux femmes, proches du nouveau président de Région et soutien de Nicolas Sarkozy. On retrouve en effet la patte de Laurent Wauquiez dans ces désignations. Anne Lorne, est l’égérie de la Manif pour Tous à Lyon, Laurence Balas est conseillère municipale d’opposition. Du côté de LR, on explique ces choix par la volonté de féminiser les candidats à la députation. Il faut y voir également la stratégie de montée en puissance des radicaux du parti qui font pression pour prendre encore plus de pouvoir et pour que leurs idées soient intégrées dans le projet présidentiel.

Juppé est-il ciblé dans les investitures aux législatives ?

Décidément, le ton ne cesse de monter entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, même si le combat reste à distance et que ce sont les proches qui sont visés. Dernière source de tension en date, les arbitrages de 15 à 20 circonscriptions pour les législatives de 2017 qui auraient tournés « systématiquement » selon Gilles Boyer au désavantage du camp juppéiste. Le cas de Maël de Calan, jeune protégé d’Alain Juppé dans le Finistère ne passe pas. Un vote sur cette circonscription tendue aurait permis la désignation du candidat défendu par le Maire de Bordeaux mais la Commission nationale des investitures a préféré « geler » la circonscription…

Henri et Michèle doivent être « gérés »

Michèle Alliot-Marie et Henri Guaino souhaitent porter les couleurs du Général De Gaulle à la primaire de LR. Néanmoins, ils ont un problème de taille : il leur manquerait les parrainages nécessaires pour se qualifier. L’un et l’autre ont déjà fait savoir qu’ils se présenteraient donc directement à la présidentielle dans le cas où le passage par la primaire se révèlerait inaccessible du fait du règlement de celle-ci. MAM envisage même de passer directement par l’évitement de la case primaire. Outre leur attachement indéfectible aux valeurs gaullistes, l’un et l’autre partagent de grandes réserves à l’égard d’Alain Juppé. Un « atout » qui intéresse fortement le camp des fidèles de Nicolas Sarkozy. Ce dernier pourrait avoir intérêt à voir quelques centaines  ou milliers de voix captées par les gaullistes au premier tour de la primaire de droite au détriment … du maire de Bordeaux, tout en bénéficiant d’un ralliement toujours bienvenu pour le second tour. En ce qui concerne la présidentielle, l’enjeu du premier tour est de se qualifier, toutes les voix seront donc directement utiles. Alors, certains plaident pour qu’un soutien soit apporté à l’un et à l’autre.

La stratégie Juppé en question

Avec des sondages si stratosphériques, un coup de mou était prévisible et même attendu dans le camp d’Alain Juppé. Néanmoins, la stratégie de l’ancien premier Ministre commence à inquiéter au sein même de ses soutiens. Le Maire de Bordeaux est jugé peu audible, il mène une campagne assez terne et adopte des positions « molles » sur bien des sujets. Or, l’époque est à la radicalité et les attentes des électeurs de la primaire sont sans doute plus droitières que celles de l’ensemble des Français. Dans ce contexte, l’équilibre prôné par Alain Juppé ressemble de plus en plus comme un pari à hauts risques. Si le tassement sondagier est engagé, son avance reste confortable et rien ne dit qu’il est déjà en voie de « balladurisation » comme en rêve ses concurrents. En revanche, il est clair pour beaucoup de ses soutiens que sa campagne devra se muscler dans les prochaines semaines.

Frédéric Lefebvre privé d’investiture

Être candidat à la primaire de la droite peut avoir des conséquences inattendues. Frédéric Lefebvre, ancien très proche de Nicolas Sarkozy, n’a pas été réinvesti dans sa circonscription des Français de l’étranger, il lui est reproché des propos un peu trop offensifs à l’égard du président de LR et des positions en contradiction avec son parti…

Juppé devancé par Sarkozy

Dans le dernier baromètre Odoxa, Nicolas Sarkozy recueille 66% d’adhésion auprès des sympathisants de droite, une hausse de 4 points qui lui permet de repasser devant Alain Juppé qui enregistre une chute de 15 points pour atteindre 62%. Odoxa rappelle que l’écart entre les deux hommes était de 20 points en faveur d’Alain Juppé au début de l’année. S’il reste la deuxième personnalité préférée des Français avec 35% d’adhésion, Alain Juppé perd 3 points, loin derrière lui, classé huitième, Nicolas Sarkozy gagne 2 points à 23%.

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.