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Catégorie : Actualités

Brèves de primaire de la droite

Nos informations sur les coulisses des primaires à droite.

Opérations parrainages chez LR

Si au moins quatre candidats n’auront aucune difficulté à réunir l’ensemble de leurs parrainages pour être vraiment candidats à la primaire de la droite, ce n’est pas le cas de celles et ceux qui stagnent dans les intentions de vote, souvent à des jauges en dessous des 2%. Jean-François Copé a annoncé avoir d’ores et déjà réuni les précieux sésames : 2500 adhérents LR, 250 élus locaux et 20 parlementaires. Or, la date limite pour déposer le dossier de candidature complet est fixée au 9 septembre. Les candidats déterminés à se présenter se sont donc lancés dans une dernière ligne droite pour convaincre les uns et les autres de signer pour eux afin qu’ils se qualifient. Le grand nombre de candidats ne leur facilite pas la tâche, bon nombre d’élus et de militants LR considèrent en effet que ce trop-plein cache quelques calculs personnels qu’ils n’ont pas forcément envie de servir. Dès le 10 septembre, il devrait y avoir entre 6 et 8 candidats à la candidatures déjà sur le carreau, autant de ralliements potentiels pour les candidats qualifiés.

Juppé ne veut pas d’un ticket 

Le ticket Sarkozy-Baroin n’inquiète pas Alain Juppé. Interrogé le 27 juin sur BFMTV, il a rappelé qu’il présenterait les 15 « grands » ministères de son gouvernement et les premières grandes réformes qui seraient lancées dès son élection. Sur le nom de son Premier Ministre et des titulaires des différents portefeuilles, il a expliqué ne pas voir l’intérêt de les nommer trop tôt, sans oublier de tacler François Baroin, qui avait été sévère à son égard, en précisant « je prendrai des gens animés par le désir de servir plus que par le désir de se venger ».

Rachida Dati de retour au bercail

Rachida Dati fait un retour remarqué dans les déplacements publics de Nicolas Sarkozy. La paix est scellée entre eux et  les déclarations de la député européenne sur le futur candidat à la primaire de la droite sont sans ambiguïté : il est le meilleur ! Déjà dans l’équipe du président de LR on sent une ambiance de revival de 2007 avec le retour de celles et ceux qui ont fait le succès de Nicolas Sarkozy, avant de s’éloigner de lui.

Campagne de star

Les déplacements de Nicolas Sarkozy sont toujours marqués par la même ambiance si particulière, un mélange de selfies avec des militantes enamourées, des signatures de son dernier livre, souvent dans des grandes surfaces, des discours enflammés devant des salles conquises. Aucun autre leader politique, de droite comme de gauche, ne suscite une relation si particulière avec « son » public. De quoi électriser une campagne, de quoi également amplifier la détermination à remporter les batailles à venir : d’abord la primaire de la droite puis l’élection présidentielle. Néanmoins, le public de ces déplacements n’est pas la France, il représente un socle, certes inconditionnel, de militants qui font une confiance aveugle à leur candidat. Mais cet incontestable atout sera-t-il suffisant pour gagner ?

Sarkozy décidé à respecter son premier engagement

Nicolas Sarkozy avait assuré qu’il resterait à la tête de son parti jusqu’à la date limite prévue pour lui permettre de se présenter à la primaire de la droite, il est en passe de respecter scrupuleusement cet engagement. Rien ne le fait dévier des son calendrier présidentiel, comme une sorte de marque de sa détermination à gagner, ni les mauvais sondages du début de l’année, ni les rappels à l’ordre de ses adversaires à la primaire. L’ancien Président suit sa stratégie, il devrait dévoiler sa candidature au cours de l’été plus probablement dans la dernière semaine du mois d’août.

Un Conseil national de LR aux allures de campagne

Les coulisses du Conseil national de LR bruissent des rumeurs et bruits de couloirs de la campagne à la primaire de la droite. Si quelques candidats seront présents pour montrer leur attachement au parti, ils refusent de cautionner un programme qu’ils considèrent comme étant celui de Nicolas Sarkozy. Bruno Le Maire, Henri Guaino ont carrément décidé de briller par leur absence.

Ces sondages qui confirment le regain de Sarkozy

Ces derniers jours, plusieurs sondages confirment un retour net de Nicolas Sarkozy dans le match des primaires. La livraison TNS Sofrès pour Le Figaro, RTL et LCI du 1er juillet confirme que l’ex Président de la République remonte la pente même s’il ne met pas en danger Alain Juppé toujours solidement accroché à la première place. Alain Juppé est donné à 37% au premier tour et Nicolas Sarkozy à 30%, l’écart reste donc important entre les deux hommes, mais le second gagne du terrain. En ce qui concerne le second tour, Alain Juppé est loin d’être inquiété, il est crédité de 62% des intentions de vote contre 38% pour son concurrent.

Primaire de la droite : deux candidats dans le match

Sondage après sondage, le match Alain Juppé – Nicolas Sarkozy s’installe pour la primaire de la droite. Certes, le 1er tour est fixé au 20 novembre et la campagne ne commencera vraiment qu’à la rentrée politique d’août, néanmoins Bruno Le Maire semble scotché à 15% d’intentions de vote, François Fillon collé à 8% et Nathalie Kosciusko-Morizet à 3%. Les résultats n’évoluent quasiment pas d’un sondage à l’autre. Quant aux autres candidats, ils sont inexistants.

27 et 28 août les dates de rentrée de Juppé et Fillon

Alain Juppé a convié ses partisans à une « grande réunion publique » le 27 août à Chatou. « Tout commence le 27 août » indique l’invitation d’Alain Juppé qui compte bien sur cette journée pour lancer officiellement sa campagne vers le second tour de la primaire de la droite prévu le 27 novembre. De son côté, François Fillon a lancé son compte Linkedin le 28 juin et a invité ses troupes à le rejoindre le 28 août dans son fief de Sablé-Sur-Sarthe pour un sobre « rassemblement ».

Dates clés de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.

Brèves de lobbying

« Les brèves de lobbying » apportent des éclairages sur des opérations passées ou en cours dans le domaine des relations institutionnelles. Une approche directe dont le but est de susciter la réflexion ou de donner des idées.

Brexit : la contre attaque de l’Île de France

Valérie Pécresse espère bien capitaliser sur le vote du Brexit par les britanniques et les effets qu’il devrait engendrer sur les sièges sociaux présents à Londres. Elle vient d’adresser une longue lettre à 4000 investisseurs et présidents de grands groupes étrangers que le quotidien L’Opinion reproduisait dans son édition du 27 juin. Dans ce courrier, elle propose de s’occuper personnellement de tout déménagement de siège social qui pourrait s’installer en Île de France et de mettre à disposition des investisseurs un dispositif spécifique. Une grande campagne digitale sera également déployée sur le thème « Move on, join Paris Region ».

70.000 emplois menacés

C’est le thème de la campagne des acteurs de l’économie du VTC en France qui unissent leurs forces pour lutter contre la nouvelle proposition de loi portée par le député Laurent Grandguillaume (notre Newsroom du 20 juin). Le texte du parlementaire est clairement pro-taxis et envisage des réformes qui pourraient mettre en péril un grand nombre d’acteurs du marché des VTC qui dénoncent dans leur campagne presse une loi qui « menace l’activité de tout le secteur et le travail de 70 000 personnes, qui sont chauffeurs professionnels ou voudraient le devenir dès maintenant, pour permettre à des millions de Français de se déplacer chaque jour. » Cette campagne, qui notamment sur un communiqué diffusé en pleine page dans les quotidiens d’opinion nationaux, s’adresse aux parlementaires que les professionnels appellent à prendre « le temps du dialogue en impliquant tous les acteurs » « plutôt que de faire une nouvelle loi à la hâte ».

Dérapages « anti-vieux » post-Brexit

Si on a entendu bien des arguments pour dénoncer le choix des électeurs britanniques, il y en a un qui sonne avec des relents particulièrement détestables : les « vieux » seraient les responsables de ce résultat. Au vote très largement anti-européen des personnes de plus de 65 ans il est opposés le vote largement pro-européen des moins de 24 ans. Cette approche est hélas perturbée par le faible taux de participation des 18-24 ans face à des personnes âgées plus motivées par le déplacement vers les isoloirs. Au delà de cette réalité, il est particulièrement choquant que de telles conclusions puissent être avancées par des responsables politiques. Ainsi, les séniors deviendraient un élément « clivant » de plus du marketing électoral et miser sur l’opposition entre les jeunes et l’avenir face aux anciens et au passé pourrait être rentable sur le plan électoral ? Alors, il est urgent pour le lobby « senior » de s’organiser pour peser et se faire un peu plus respecter d’une classe politique en plein dérapage.

Leclerc communique sur le dos de Royal

Il est désormais interdit (au 1er juillet), pour un magasin, de mettre à disposition de ses clients des sacs en plastique à usage unique. Une « révolution » initiée de longue date dans la grande distribution et dont l’initiatrice fut l’enseigne Leclerc. Alors la loi Royal qui entre en vigueur en cet été 2016 est une bonne occasion pour le trublion de la grande distribution de prendre la parole pour rappeler qui « a osé » le premier. Une campagne de communication est lancée par les centres Leclerc avec une belle photo de Ségolène Royal (à son avantage puisque la photo date des années 90) avec cette apostrophe « Eh oui, Madame Royal, c’était en 1996 et nous avions déjà supprimé nos sacs de caisse ». L’enseigne rappelle que sa mesure a « permis  d’économiser 10.800 tonnes de plastiques et a considérablement réduits les risques de pollution liés à l’abandon des sacs dans la nature ». Et comme l’enseigne n’est jamais à une (petite) provocation près elle informe la ministre de l’Écologie qu’à partir du « 1er janvier 2017, ce sont les sacs d’emballage des produits frais qui seront remplacés par des sacs biosourcés » et conclue « Alors une loi, même 20 ans après ? Pourquoi pas, il n’est jamais trop tard pour bien faire ! ». La Ministre a feint la colère en faisant adresser au distributeur un mel par voie d’avocat lui intimant de retirer cette publicité, avec deux jours de retard. En effet, la publicité n’envahissait déjà plus les journaux français.

Quatre mois, douze manifestations

Le 4/12 un chiffre intéressant à retenir pour les candidats à la présidentielle de 2017. La loi travail tant décriée par la CGT et FO a engendré 4 mois de blocages et de violences et 12 grandes manifestations nationales (si on compte celle prévue le 5 juillet). Les désagréments sont certes nombreux, difficiles à vivre au quotidien et très perturbants pour les Français qui sortent de cette période un peu plus fatigués et tendus mais dans le cadre d’une réforme ambitieuse avec pour objectif de redonner un peu d’air dans une France sclérosée par un système dépassé, est)ce que cela n’en vaut pas la peine, surtout en début de mandat ?

Les Français ne voteraient pas le Frexit 

Selon un sondage RTL-Le Figaro-LCI réalisé par TNS Sofres One Point et publié le 29 juin, 45% des Français seraient pour un maintien de la France au sein de l’Union Européenne en cas de référendum et 33% pour une sortie. Ce résultat n’est pas si large que cela en faveur de l’Europe et il n’y a pas de majorité pro-européenne nette qui se dégage, preuve que les messages des politiques sur les « responsabilités de l’Europe » trouvent un écho au sein de nos concitoyens et ont sans doute durablement abîmés l’image de l’institution. Certes, le clivage politique est encore grand pour se déterminer sur ce sujet puisque les sympathisants du FN voteraient massivement pour une sortie de la France, à 74% contre 19% chez Les Républicains et 17% au PS. L’assise globale des pro-europe reste fragile et les Français en sont peut-être conscients puisqu’ils ne désirent pas vraiment d’un référendum sur le sujet, 45% sont pour et 44% contre.

La nouvelle taxe du gouvernement 

La « pause fiscale » aura duré le temps de la décréter. Créée avec un objectif de 600 millions de recettes la taxe spéciale d’équipement régional devrait voir le jour dans le cadre du Projet de Loi de Finance pour 2017. Elle a pour ambition de soutenir les PME dans leur développement. Les Régions ont une nouvelle mission économique qu’elles n’ont visiblement pas les moyens de conduire, elles ont donc demandé au gouvernement de créer une taxe dont les recettes leurs seront reversées. La compétence économique était auparavant placée sous la houlette des Départements, on peut donc s’étonner de la nécessité de créer une nouvelle taxe. D’autant plus qu’elle devrait avoir la même assiette que la cotisation foncière des entreprises (CFE) et que la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB), elle sera donc payée à la fois par les sociétés et les ménages. En tout cas, l’argument magique du soutien aux PME ne tient pas pour François Asselin, le patron de la CGPME qui dénonce dans un communiqué « Toutes tendances politiques confondues la facilité reste de mise. Si cette taxe devait effectivement être instaurée, il s’agirait pour les uns d’un manquement aux engagements passés, pour les autres d’un manquement aux engagements futurs », une façon de renvoyer gauche et droite dos à dos et de s’inquiéter pour les engagements de campagne de la droite.

Quand les grèves coûtent des milliards

Le cabinet PwC livre une étude inédite et très éclairante sur le coût des grèves à répétition des contrôleurs aériens en Europe. Cette enquête, commandée par l’association Airlines for Europe (A4E), évalue à 9,5 milliards d’euros le coût de ces grèves entre 2010 et 2015. Ce résultat est le fruit de la collecte de chiffres concernant les coûts pour les transporteurs aériens, les secteur du tourisme ou la perte de compétitivité pour l’économie européenne, il représente la destruction de 131.000 emplois sur la période. 167 jours de grèves en Europe, la France remporte la palme avec 95 jours non travaillés pour les contrôleurs Français, une situation qui génère à chaque fois de lourdes conséquences pour l’ensemble des acteurs en Europe. L’association A4E demande en conséquence une évolution des réglementations européennes afin que ces coûts puissent être au moins limité à l’avenir.

Avalanche de procédures contre une taxe française

En 2012, le gouvernement Ayrault a créé un peu en catastrophe une taxe de 3% sur les dividendes, officiellement pour inciter les entreprises à investir plutôt qu’à servir leurs actionnaires. En réalité, elle devait surtout compenser le manque à gagner suite à la suppression de la taxe de 30% sur les OPCVM étrangers, rétoquée par la Cour européenne. C’est exactement ce qui pourrait arriver, en pire, à la taxe de 3% sur les dividendes qui suscite la colère de nombreuses entreprises depuis sa création et qui se trouve sous la menace de plusieurs procédures, dont certaines prospèrent dangereusement. Ainsi, le Conseil D’Etat a décidé le 27 juin d’adresser à Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) une question préjudicielle sur le sujet. La Commission européenne a déjà lancé une procédure contre la France. Le Conseil d’Etat s’est également tourné vers le Conseil Constitutionnel sur un dispositif de cette taxe qui permet aux groupes fiscalement intégrés d’en être exonérés pour les versements de dividendes internes. Le problème qui pourrait se poser au gouvernement en cas d’invalidation de cette taxe est budgétaire, en effet elle pèse déjà pour plus de 2 milliards d’euros dans le budget de l’Etat.

Abattoirs : mesures gouvernementales inefficaces

L’association L214 a révélé le 29 juin une nouvelle salve de preuves sur la maltraitance d’animaux dans des abattoirs. C’est par le biais de vidéos insoutenables que l’association essaient depuis des années de convaincre les pouvoirs publics de prendre les décisions indispensables pour que ces souffrances inutiles cessent enfin. On peut s’interroger sur la volonté politique réelle d’en finir avec ces maltraitances animales démontrées quand on constate que les abattoirs visités par L214 en mai 2016 avaient tous les deux fait l’objet de contrôles dans le cadre des instructions données par le Ministre de l’Agriculture et de la visite d’un parlementaire dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage des animaux de boucherie dans les abattoirs français pour l’un d’entre eux. Qu’en est-il du respect de la réglementation française et européenne qui stipule que « toutes douleurs, détresse ou souffrances évitables sont épargnées aux animaux lors de la mise à mort » ? Les abattoirs visés dans cette nouvelle enquête, celui de Pézenas et du Mercantour, ne sont pourtant pas de grosses unités, ils sont même certifiés Bio… Stéphane Le Foll a déjà dévoilé une partie des constats relevés par les contrôles systématiques qu’il a ordonné : des non-conformités graves sur 19 lignes d’abattages sur 460 (5%) et des défauts d’étourdissement sur 39 chaines (12%). Cependant, les contrôles effectués sur l’abattoir du Mercantour dont les pratiques horribles sont révélées par L214 n’ont relevé, d’après Le Monde, aucun manquement et à Pézenas « des problèmes sur le poste d’étourdissement, mais nous avons appliqué des actions correctives immédiates » précise la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) au quotidien. Aux pratiques inqualifiables de certains abattoirs, viennent donc s’ajouter des dysfonctionnements évidents dans les méthodes de contrôles pratiquées. Or, dans cette affaire, la filière entière est désormais menacée, les Français pourraient finir par entendre les appels de L214 à se détourner de la consommation de viande pour privilégier  une pratique végétarienne. D’ailleurs, l’association a décidé de passer à la vitesse supérieure en lançant une pétition appelant à « un choix végétarien ou vegan dans la restauration collective ».

Les Clubs parlementaires objets d’un rapport

La Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) vient de rendre un rapport sur les clubs parlementaires qui existent à l’Assemblée nationale et au Sénat et qui réunissent représentants d’intérêts et parlementaires. La HATVP recense une quarantaine de clubs aux statuts et aux modes de fonctionnement variés. Certains sont largement financés par des entreprises ou des fédérations professionnelles qui y voient un intérêt évident : être en relation directe avec des parlementaires sensibles à leurs problématiques. Néanmoins, avec la transparence de la vie publique, ces clubs semblent de plus en plus iconoclastes la HATVP émet une dizaine de préconisations afin de les rendre plus transparent et de les préserver d’éventuels conflits d’intérêts. L’autorité recommande de ne plus utiliser le terme « parlementaire », ne plus organiser d’événements au sein des assemblées, ne plus utiliser leurs logos, mentionner systématiquement les entreprises qui soutiennent ces clubs, interdire leur domiciliation dans les assemblées, veiller à une utilisation modérée des moyens mis à la disposition des parlementaires, il estime également souhaitable que lors des débats parlementaires, les élus concernés mentionnent leur appartenance à tel ou tel club. Ces préconisations constitueraient un véritable tournant dans le fonctionnement de ces clubs si elles devaient être appliquées.

Quand les citoyens votent « mal »  

Avec le Brexit et la consultation Notre Dame Des Landes, nous avons assisté à une incroyable déferlante de commentaires sur ces citoyens qui voteraient si mal que l’on se demande bien pourquoi les politiques leur en laisse encore le droit.  

La fin du mois de juin aura été marquée par deux consultations citoyennes qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre mais qui ont toutes deux désorientées un peu plus des élus convaincus que leurs calculs politiciens soumettent les citoyens. Ces derniers, à qui il était demandé de se prononcer sur des enjeux importants, ont finalement décidé de voter en liberté et d’exprimer leur profond désir, ils ont ajouté à l’offense de leur choix, une participation massive aux scrutins.

Dans les deux cas, une partie de la classe politique fustige ce vote « inconséquent », « populiste » et j’en passe. Aux britanniques il est reproché de ne rien comprendre aux grands enjeux européens, aux habitants de Loire-Atlantique de méconnaître l’écologie…

Il est pour le moins paradoxal d’évoquer en permanence le recours au référendum et lorsque l’issue de celui-ci ne correspond pas aux attentes des politiques de le condamner et de dénoncer les affreux populistes qui l’auraient manipulé. Ce comportement est une forme de déni de démocratie. Il s’agit également d’une tentative un peu désespérée pour certains politiques de masquer leurs inquiétudes et leur désarroi face au comportement de plus en plus imprévisible des citoyens.

En Angleterre, un candidat au poste de Premier Ministre avait pris le risque de promettre un référendum à ses électeurs pour l’emporter tout en connaissant la fragilité du concept européen dans le coeur de son peuple. En France, la consultation sur l’aéroport Notre Dame Des Landes, a été proposée en urgence lors du dernier remaniement afin de permettre l’entrée d’écologistes au gouvernement « la tête haute », avec le calcul que le non l’emporterait. Des deux côtés de la Manche, le score est de zéro pour les fins tacticiens politiques.

Au lieu de critiquer ces votes qui peuvent ou pas nous convenir, nous devrions nous interroger sur ce qu’ils traduisent des attentes profondes des peuples et des effets des mensonges répétés ainsi que des promesses sans cesse déçues des politiques.

Espérons qu’ils inspirent les candidat à la présidentielle de 2017 dans leurs programmes respectifs et dans leur détermination à les respecter en cas de victoire. Il nous est encore laissé ce droit à l’espoir, il est vital pour le monde de l’entreprise.

Mathieu Quétel, président de Sountsou – Affaires Publiques

Brèves de primaire de la gauche 

Nos informations sur les coulisses des primaires à gauche.

Deux présidents non-candidats en campagne.

François Hollande et Nicolas Sarkozy n’en peuvent plus d’attendre le nouveau duel dont ils rêvent tous les deux pour 2017. Les deux fauves se mettent en place et tournent dans leurs cages respectives, l’Elysée et Les Républicains. Ces deux là ne sont pas encore officiellement en campagne, ils devront même se soumettre à une primaire interne à leur camp mais leur oeil est déjà rivé sur le 23 avril 2017, date du premier tour de l’élection présidentielle. Chacun monte lentement mais sûrement en pression pour être prêt pour ce nouveau combat avec la revanche en ligne de mire et comme objectif commun. Revanche sur une défaite face à un « imposteur » qui a « menti » sur son programme encore mal digérée, revanche également sur un quinquennat bancal et un « ancien » qu’il faut mettre à mort. L’un et l’autre ne sont pas très désirés, ni par leurs « amis », ni par les Français, mais qu’importe, la présidentielle est une affaire d’homme, il y a bien longtemps qu’elle ne concerne plus la grandeur de la France.

Montebourg se présidentialise

Arnaud Montebourg s’est-il assagit ? On ne retrouve plus le vibrionnant Ministre de l’Économie qui allait de visite en visite d’entreprises, de plateaux de télés en studios de radios pour dispenser sa bonne parole sur le « Made in France ». Devenu chef d’entreprise, après une prise de distance avec la politique, il adopte désormais une posture de présidentiable même s’il continue à parler franchement. Arnaud Montebourg se prépare à la primaire de la gauche et la première étape est bien entendu d’être en mesure de s’imposer chez les frondeurs afin d’éviter la multiplication de candidatures face à François Hollande. Dans une interview au Monde daté du 29 juin, il se montre technique et posé sur ses propositions sur l’Europe. Même s’il fait le constat assez consensuel aujourd’hui que « L’Union Européenne s’est construite contre les peuples » il juge sévèrement que « les élites européennes vont avoir à coeur, comme d’habitude, de ne rien changer ».

Macron joue le rassemblement transpartisan

Emmanuel Macron continue son bonhomme de chemin avec son mouvement En Marche !. Il a profité du Brexit pour proposer l’organisation d’une « convention démocratique dans les vingt-sept pays membres ». Ces conventions, dont on n’en sait pas plus quant au contenu, seraient le préalable avant d’envisager toute nouvelle consultation populaire et une renégociation du traité. Le Ministre de l’Économie participait le 25 juin à un débat à Sciences Po avec Daniel Cohn Bendit et une députée européenne centriste, Sylvie Goulard, il en a profité pour affiner encore son positionnement de rassembleur transpartisan qui pourrait lui être utile dans les prochains mois.

François Hollande annonce des baisses d’impôts conditionnées

Qu’elles sont agréables ces périodes électorales pour les oreilles des électeurs, surtout des classes moyennes. Ce sont elles que cible désormais François Hollande en annonçant dans une interview aux Echos une baisse de l’impôt sur le revenu plafonnée à 2 milliards d’euros. Néanmoins, cette diminution de la charge fiscale est conditionnée par toute sorte de « si », si la croissance est bien à 1,7% en 2017, si les effets du Brexit ne se font pas trop sentir et bien entendu si cela est budgétairement tenable. Rien n’est moins sûr, mais qu’importe, les promesses c’est pour demain, les déceptions pour plus tard.

Les milliards de la campagne

Le Parisien s’est amusé à présenter une iconographie des « cadeaux du Chef de l’État » depuis le début de l’année 2016. Ils atteignent tout de même 6,3 milliards d’euros et François Hollande n’est toujours pas officiellement candidat. Cette campagne présidentielle s’annonce coûteuse pour les finances de l’Etat entre des réformes promises dont rien n’est moins sûr qu’elles soient effectivement engagées et des dépenses multiples qui ont peu de chance de trouver un financement si elles devaient être accordées.

Le rendez-vous du 12 juillet

Emmanuel Macron a adressé à ses soutiens un mel d’invitation pour « le premier grand rassemblement » de son mouvement En Marche, le 12 juillet à 19 heures à la Mutualité à Paris. Il s’agit d’un rendez-vous très important pour le ministre de l’Économie dans sa stratégie de conquête de l’opinion, il devrait dévoiler un peu plus sa stratégie mais osera-t-il éclairer ses fidèles sur ses ambitions ?

 

Les dates clés de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.

Brèves de lobbying

« Les brèves de lobbying » apportent des éclairages sur des opérations passées ou en cours dans le domaine des relations institutionnelles. Une approche directe dont le but est de susciter la réflexion ou de donner des idées.

La Mairie de Paris contre Amazon

Amazon lançait le 16 juin un nouveau service à Paris qui pourrait bien fluidifier encore plus les achats quotidiens des parisiens. Amazon Prime Now propose des livraisons express de produits frais en deux heures sur Paris et sa petite couronne, en scooter et petits véhicules, selon les distances. La Mairie de Paris s’est immédiatement lancée dans une campagne contre ce nouveau service en soulevant toute sorte de critères qui vont de la déstabilisation des « équilibres commerciaux » à la pollution accrue (sic), un étrange positionnement pour la Ville de Paris, pôle d’attraction international et vitrine de la France à l’étranger et qui se distingue déjà par ses « combats » contre les Uber et autres Airbnb.

Le lobbying anti-nouvelle économie d’Anne Hidalgo

Anne Hidalgo se distingue ces derniers mois par ses prises de positions contre la nouvelle économie, après les VTC et les plateformes de type Airbnb, elle s’attaque désormais au géant Amazon et à son nouveau service de produits frais livrés en quelques minutes. Ces attaques répétées de la Maire de Paris contre les acteurs de la nouvelle économie laissent perplexe. La Maire semble prendre ses décisions en fonction de marqueurs idéologiques plutôt que dans l’intérêt de ses administrés. En s’attaquant aux opérateurs innovants du net, elle s’érige de fait en défenseur des acteurs historiques tels que les taxis, les commerçants et elle donne également l’impression de combattre les multinationales du net. Les emplois créés sont opposés aux emplois détruits, les services offerts aux nuisances générées etc. Tout est bon pour donner l’impression d’être un rempart face à l’envahissement et au grand chamboulement de notre économie par les géants du net qui, en plus, « ne paient pas leurs impôts chez nous ». Ces slogans, presque marketing, sont répétés à longueur d’interviews, sans mise en perspective, sans prise en compte de la complexité des emplois effectivement créés et de la création de valeur en général. Un peu comme si la nouvelle économie était un élément idéologique « clivant » aux effets électoraux tellement intéressants qu’ils dépasseraient le ridicule de ces postures aux accents populistes.

Défendre les VTC à la française

Les plateformes de VTC font souvent la une de l’actualité, notamment sociale, avec une tête d’affiche savoureuse : Uber. C’est oublier un peu vite, que de nombreuses sociétés françaises se sont créées autour de cette nouvelle économie du service. Les acteurs français regrettent d’ailleurs d’être trop souvent confondus avec leur confrère américain, dont les méthodes ne sont pas forcément les leurs. Ils ont donc fait le choix de s’autonomiser dans leurs démarches auprès des politiques dans le but d’expliquer leurs différences. Une saine initiative.

Néonicotinoïdes : quel lobby dit vrai ?

Situation typique des choix difficiles auxquels sont parfois confrontés les parlementaires, le vote de l’interdiction des insecticides de la famille des néonicotinoïdes, connus pour attaquer le système nerveux des abeilles. Selon les spécialistes ces insecticides seraient responsables de la disparition chaque année de plus de 300.000 colonies d’abeilles, un véritable désastre. Or, les avis divergent sur les solutions alternatives disponibles et les agriculteurs, grands utilisateurs de ce type d’insecticides ne peuvent se résoudre à ne pas les utiliser, sans mettre en danger leurs exploitations. Alors, les parlementaires et le gouvernement sont face à un dilemme qu’ils ont arbitré par un « entre deux ». Les néonicotinoïdes seront bien interdits mais seulement à partir de septembre 2018, voire après la mi-2020 dans certains cas. Une situation qui hérisse les défenseurs de la nature qui assènent que des solutions alternatives sont d’ores et déjà disponibles et que les effets néfastes sur l’environnement sont supérieurs aux effets bénéfiques. Le sujet a été débattu dans le cadre de la loi Biodiversité et a fait l’objet de multiples revirements au cours des navettes parlementaires. Le débat a également été vif au sein même du gouvernement opposant Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture à Ségolène Royal, la ministre de l’environnement. Les lobbies ont joué pleinement leur rôle dans cette affaire pointant les difficultés des différentes options, les politiques ont eu les plus grandes difficultés à les départager.

La « taxe Nutella » victime du business d’Etat

Le gouvernement avait fini par céder : une « taxe Nutella » serait mise en place. L’objectif était de surtaxer l’huile de palme dont les effets sanitaires et écologiques sont dénoncés de longue date. La taxe, du nom de la célèbre pâte à tartiner qui l’intègre dans sa recette, devait être mise en place. Mais, c’était sans compter sur les réactions du principal producteur mondial, l’Indonésie, qui menaçait de remettre en cause les relations entre nos deux pays. Un bémol acceptable s’il se limitait à nos relations diplomatiques qui auraient pu se rafraîchir quelques mois tout au plus. Or, l’Indonésie menaçait surtout de revoir ses relations commerciales avec la France avec, à la clé, des ventes d’Airbus ou de satellites. Alors, le gouvernement a convaincu sa majorité à l’Assemblée Nationale de revenir sur son vote.

Les hôteliers en colère contre Airbnb 

La France est le second marché de la plateforme américaine de mise en relation entre particuliers pour la location d’appartements aux vacanciers et les hôteliers l’accusent de bénéficier d’un statut particulier qui lui permet de s’exonérer de toute sorte d’obligation qui la rende bien plus compétitive. Des syndicats professionnels et des hôteliers ont déposé une plainte contre X afin de dénoncer des pratiques qu’ils jugent illégales. L’enquête a été confiée au service national des enquêtes (SNE) qui doit constater les infractions. À côté du terrain judiciaire, les hôteliers espèrent beaucoup du projet de loi numérique qui pourrait renforcer l’arsenal contre les plateformes, notamment par le biais d’un « permis de louer » et des signalements à l’administration fiscale. Dans les coulisses, les débats sont rudes.

Les syndicats ont 2017 en ligne de mire

Outre les enjeux de représentativité syndicale où la CFDT pourrait passer devant la CGT lors des prochaines mesures de mars 2017, c’est bien l’après présidentielle qui se joue actuellement. Si les syndicats contestataires comme FO et la CGT s’opposent si vivement à la timide Loi El Khomry, ils préparent déjà le retour de la droite en 2017 et la mise en oeuvre de réformes jugées « dures et radicales » qu’elle promet. Philippe Martinez s’affiche comme le rempart aux réformes et met la pression sur les candidats à la présidentielle qui doivent intégrer le fait qu’ils devront affronter des blocages s’ils envisagent de respecter leurs engagements. Paradoxalement, cette posture pourrait renforcer la détermination à réformer et mobiliser un peu plus ceux qui ont tant besoin de voir le code du travail évoluer, par exemple.

Les maisons de disques s’attaquent à Google

Alors qu’en France, l’industrie du disque mène la guerre aux radios auxquelles elle reproche de ne pas exposer suffisamment les artistes francophones, aux Etats-Unis, elle pilote un autre combat autrement plus stratégique. Les maisons de disques souhaitent que le Congrès américain s’intéresse à la filiale de Google, You Tube, accusée de diffuser certains clips  sans l’autorisation des artistes et donc sans leur verser de revenus. En outre, lorsque les clips sont diffusés dans le cadre de contrat de licence, la rémunération est jugée trop limitée par les producteurs de disques. Or, le géant américain représenterait 40% de la consommation de musique mondiale contre 4% des revenus. Ainsi, You Tube qui ne cesse de développer sont audience, donc ses profits, notamment grâce à la musique, est accusé de ne pas rémunérer en retour les différents acteurs de l’industrie du disque. Outre, ces diffusions pirates, ce sont les revenus de licences qui sont en jeu. En effet, les géants du disque souhaitent obtenir le soutien du législateur américain dans leurs négociations de renouvellement de licence avec Google.

Commission d’enquête sur Numéro 23

Créée le 1er juin par la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale, la commission d’enquête sur les conditions d’octroi de l’autorisation d’émettre de la chaîne TNT Numéro 23 a élu son bureau le 21 juin. Elle sera donc présidée par Christian Kert, député LR spécialiste de l’audiovisuel, Michel Françaix, Martine Martinel, Dominique Nachury et Rudy Salles en seront les vice-présidents. Le rapport de la commission est attendu pour la fin d’année au plus tard. Elle devrait conduire ses travaux rapidement. La chaîne Numéro 23 a fait l’objet en 2015 d’une décision inédite de retrait de son autorisation d’émettre par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), une décision annulée par le Conseil d’Etat. Il est reproché au dirigeant de la chaine d’avoir été candidat à l’obtention d’une fréquence en TNT afin de la revendre rapidement alors que les fréquences sont réputées incessibles et mises à disposition à titre gratuit aux éditeurs en contrepartie d’un cahier des charges.