Numérique, télé, PME, roaming et dette….

Les 11 chiffres clés que nous retenons cette semaine nous dessinent un nouveau Paris, des mesures en faveur des PME, des frais téléphoniques moins chers, nous annoncent la remise en question de la neutralité du net et décrivent une crise à Canal+…

87

Anne Hidalgo a finalement obtenu un vote de son Conseil pour valider le projet de Tour Triangle par 87 voix (dont six centristes et cinq de droite) et 74 votes contre. L’inauguration de ce projet de grande hauteur sur les bords du périphérique, dans le XVème arrondissement de Paris vont pouvoir débuter au plus tard début 2017 pour une inauguration attendue pour 2020. Il s’agit d’un enjeu architectural mais également économique puisqu’il représente un investissement de 500 millions d’euros et 5000 emplois. Cette reconfiguration du quartier du parc des expositions avait été rejetée par un premier vote en novembre 2014, la Maire avait dénoncé une irrégularité du scrutin. Si le vote lui a été favorable, les critiques n’en sont pas moins restées vives, notamment de la part des écologistes et des Républicains, Nathalie Kosciusko-Morizet dénonçant une « tour de Pise »…

51

Les chiffres publiés par l’INSEE sont sans appel, la France ne maîtrise pas sa dette publique, elle a même encore bondi de 51,6 milliards d’euros au premier trimestre pour atteindre 2089,4 milliards d’euros à fin mars 2015. Elle représente désormais 97,5% de notre PIB contre 95,6% un an auparavant. Une augmentation considérable qui laisse l’objectif du gouvernement pour 2015, 96,3%, au rang des rêves inaccessibles… Néanmoins, Bercy a confirmé cette ambition du reflux de la dette publique pour 2015 arguant d’un traditionnel mauvais premier trimestre. Cette fâcheuse tendance de l’Etat de vivre à crédit représente une dette par Français de 31 000 €, un chiffre qui ne cesse de progresser malgré les promesses. Les faibles taux ne jouent pas forcément en notre faveur, ils donnent en effet l’impression d’emprunter à « bon prix » mais ces taux vont vraisemblablement remonter, alors le poids de la dette s’envolera encore et plombera un peu plus les finances publiques.

2017

Le 15 juin 2017, les frais d’itinérance (« roaming ») des abonnements au téléphone mobile seront supprimés, ainsi en a décidé l’Union européenne. SMS et données mobiles seront décomptés des forfaits comme pour les appels nationaux. Afin d’éviter l’itinérance des abonnés, des frais pourront néanmoins s’appliquer en cas de forts dépassements de forfaits ou en cas d’utilisation sur de longues durées. Ces mesures s’appliqueront progressivement à partir de 2016, mais il faut encore que le Parlement européen et le Conseil de l’union européenne votent cette mesure.

2

La Commission européenne a annoncé de nouvelles mesures visant à encadrer la neutralité du net et, le moins que l’on puisse dire, c’est que ces dispositions manquent de clarté. Un premier texte avait été adopté en 2014, il encadrait strictement la neutralité du net. Le nouveau texte prévoit des exceptions pour des « services spécialisés » qui pourront bénéficier de conditions privilégiées de trafic, à condition que celles-ci ne dégradent pas la qualité d’accès des autres utilisateurs, la Commission illustre cette mesure par la télévision qui est gourmande en données. Si la Commission s’en défend, on peut craindre la mise en place d’un internet à deux vitesses avec une priorité pour les services audiovisuels qui sont en pleine expansion. Ainsi, Netflix occupe 35% de la bande passante américaine aux heures de grande consommation de ses services, cela a forcément un impact sur les autres utilisateurs.

0

Le décret du dispositif « zéro euro » promit par le Président de la République en avril vient d’être publié. Il prévoit une aide à 100% de l’Etat, la première année, pour les TPE qui intègre un apprenti mineur. Une aide de 1100 € par trimestre sera versée par l’Etat à l’entreprise, elle se cumulera aux « zéro charges sociales » déjà en place pour les apprentis dans les TPE. La prime de 2000 € prévue pour les TPE qui emploient un apprenti sera, en outre maintenu, ainsi les entreprises obtiendront une gratification la première année d’intégration. L’apprentissage n’a pas la  côte en France auprès des TPE, il a baissé de 8% en 2013 et encore de 3% en 2014, le gouvernement espère donc relancer le dispositif et l’amplifier.

8

Le gouvernement est face à un dilemme suite à sa décision de supprimer la première tranche d’impôt sur le revenu, les contribuables ne sont pas vraiment informés de cette mesure dont ils vont pourtant profiter et l’administration fiscale était réticente à toute communication, craignant les erreurs. Finalement, un courrier sera bien adressé fin août à 8 millions de contribuables qui bénéficieront d’une baisse d’impôt supérieure à 100 €. Cette solution a été retenue afin d’éviter une communication déceptive qui annoncerait des ristournes fiscales dérisoires, ce sont donc 1 million de contribuables qui ne recevront aucun courrier annonçant leur bonne fortune fiscale puisque celle-ci se situera en dessous de 100 €. Pour le gouvernement, les allègements fiscaux représentent 3,2 milliards d’euros et ont un objectif politique clair : faire en sorte de rassurer les ménages et de gérer un peu le « ras-le-bol » fiscal des Français, à quelques mois d’échéances électorales. Nous expliquions il y a quelques semaines, le casse-tête que représentent ces mesures en terme de communication…

190

En avril 2013, le gouvernement a mis en place le plan Robot Start PME dont l’objectif était d’inciter les PME à investir dans des robots afin de rattraper le retard des entreprises françaises dans ce domaine. 250 entreprises de moins de 250 personnes devaient se lancer dans un effort de robotisation de leur production. Finalement, 190 entreprises ont bénéficié de 38 millions d’euros d’aide pour se robotiser en investissant dans des machines afin de soulager le travail des hommes ou optimiser la prise de pièces par exemple. 70% des entreprises qui ont ainsi financé leur premier robot sont des PME de moins de 50 personnes.

2

Deux millions de PME utilisent la plate-forme Amazon pour commercialiser leurs produits. Le géant américain s’intéresse à ces entreprises qui représentent 40% de son chiffre d’affaires. Il a lancé le programme Amazon Lending qui s’apparente à une offre bancaire puisqu’il propose aux PME des prêts de 1400 € à plusieurs centaines de milliers d’euros, sur de courtes durées, de quatre à six mois avec un taux de 5,9% plus une commission de 1%. Déjà opérationnel aux Etats-Unis et au Japon, Amazon Lending s’implante en Europe, avec une première offre d’ores et déjà disponible au Royaume Uni. La France, l’Allemagne et l’Italie pourraient rapidement suivre. Amazon repère les PME qu’elle envisage d’accompagner grâce aux renseignements disponibles via ses banques de données, notamment le montant de leurs ventes, la satisfaction de leurs clients, puis elle adresse aux entreprises une offre de prêt. Les PME intéressées peuvent bénéficier de leur soutien financier dans la journée. Un service rapide, moderne et qui permet aux entreprises bénéficiaires de pallier un besoin de trésorerie pour financer leur développement.

21

Les effets de la COP21 sont inattendus. Ainsi, en prévision de la conférence de Paris sur les changements climatiques, plusieurs banques annoncent des mesures concrètes. Le Crédit Agricole cesse de financer les mines de charbon et les exploitants spécialisés dans cette activité, il emboite le pas à la Bank of America, première banque au monde a avoir pris cette décision en mai dernier. Les grandes banques françaises ont également renoncé à financer l’exploitation minière du charbon au sommet des montagnes. Néanmoins, certaines banques souhaitent avoir une approche au cas par cas, notamment dans les pays en voie de développement où elles estiment que le charbon peut-être un facteur de croissance. Les banques envisagent également une montée en puissance de leurs investissement énergétiques en privilégiant les énergies renouvelables, qui représentent déjà 60% des nouveaux financements accordés par la Société Générale pour la production d’électricité.

3

Chaque année, la défense investit 3 milliards d’euros auprès de 25.000 entreprises, mais très peu de PME bénéficient en direct de ses investissements qui transitent en général par des grands groupes, qui agissent en maître d’oeuvre de la commande publique. Cette situation peut donner lieu à des écarts de conduite, les grands groupes se servant de leurs sous-traitants pour optimiser leurs process et leur propre rentabilité. C’est pour cette raison que le pacte Défense PME a été mis en place fin 2012. Un audit a été réalisé auprès de sept donneurs d’ordre afin de cerner leur comportement. Si, certains ont adopté de bonnes pratiques à l’égard des PME qu’ils font travailler, d’autres abusent de leur position en prévoyant des clauses contractuelles extrêmement contraignantes comme le « siphonage de l’innovation », par exemple. Globalement, le ministère de la Défense tire un bilan positif du pacte, notamment en ce qui concerne les délais de paiement ramenés à 28 jours ou la mise en place du label « Défense » pour certaines PME.

25

Selon le magazine Challenges, Les Guignols de l’Info coûteraient 25 millions d’euros par an à Canal+. Cette émission emblématique de la chaîne cryptée et du PAF emploie 300 personnes et chaque quotidienne de 12 minutes coûterait, toujours selon le magazine, entre 80.000 et 100.000 €. Des chiffres publiés au moment où un véritable psychodrame télévisuel se jouait. En effet, selon le site Puremedias, Vincent Bolloré, patron de Vivendi, propriétaire de Canal+, aurait eu l’intention de remanier profondément ce rendez-vous voire de le supprimer. Vincent Bolloré a confirmé le maintien des Guignols sur Canal+ vendredi 3 juillet, sans toutefois préciser si le contenu et l’horaire de diffusion de l’émission seraient revus. Il a également révoqué Rodolphe Belmer pour le remplacer, semble-t-il temporairement par Maxime Saada. Enfin, si les Guignols semblent sauvés, ce n’est pas le cas du Grand Journal, dont les mauvais résultats d’audience, auraient incité Vincent Bolloré à trancher dans le vif… Le Canard Enchainé, daté du mercredi 8 juillet, estime quant à lui, que le coût annuel réel des Guignols serait de 15 millions d’euros, l’émission serait réalisée avec 25 CDI dont 7 auteurs et que les 300 fiches de paies seraient en fait celles d’intermittents employés pour les besoins de l’émission au cours de l’année mais sur des durée très courtes.