Les auto-entrepreneurs ont 7 ans

2008 : Hervé Novelli, alors secrétaire d’État aux PME, crée le statut d’auto-entrepreneur dans le cadre de la Loi sur la Modernisation de l’Économie (LME). 7 ans après le bilan est plus que positif.

Le bilan du précédent quinquennat peut notamment s’enorgueillir d’avoir révolutionné l’approche entrepreneuriale. Avec le statut d’auto-entrepreneur, c’est tout un pan de la société qui a « basculé ». Les chiffres sont très puissants : près d’un million de Français sont aujourd’hui auto-entrepreneurs, chaque année la moitié des créations d’entreprises est réalisée avec cette forme juridique.

S’il est vrai que ce statut ne constitue qu’une étape puisque le chiffre d’affaires généré est plafonné à 82.200 € pour les activités de vente et à 32.900 € pour les services, il permet à bon nombre de Français de se lancer ou de se constituer un complément de revenus. Le statut a été créé pour être simple et efficace : on se lance en un clic grâce à internet et on ne paie pas de charges sociales si on ne génère aucun chiffre d’affaires.

L’idée est de bénéficier d’une rampe de « lancement » qui permet de tester une activité ou de « se tester soi-même » en dehors du salariat traditionnel. Dans un environnement économique extrêmement tendu où le chômage est omniprésent, il s’agit également de se prendre en main et d’assumer la création de sa propre activité. Une révolution de mentalité…

Chaque année, jusqu’à 360.000 immatriculations sont enregistrées. Ce qui est frappant dans ce statut, créé au milieu des années 2000 c’est son adaptation aux nouveaux métiers issus du numérique, on pense notamment aux VTC, devenus les bêtes noires des taxis. Un grand nombre de chauffeurs commencent sous ce statut pour, ensuite, basculer sous une forme juridique plus adaptée à leur activité en développement.

Le gouvernement actuel a, certes, tenté de réformer l’auto-entrepreneur en le transformant en « micro-entreprise », mais le rabotage s’est effectué à la marge. L’air de rien, ce statut remet en cause un grand nombre d’idées reçues parmi lesquelles, les Français seraient d’indécrottables assistés préférant le chômage au travail. Il bat en brèche également le statut idéalisé de « salarié » et démontre que l’on peut créer sa propre activité, pour peu que l’on soit motivé et que l’on s’en donne les moyens, quitte à revenir à un statut de salarié ensuite, mais sans doute avec un autre point de vue sur l’entreprise…

Hervé Novelli a pris un peu de distance avec la vie politique, même s’il reste élu local. Il se consacre aujourd’hui essentiellement à sa première passion « l’entrepreneuriat » et vient de lancer la première plateforme numérique et solidaire des entrepreneurs de France : WikiPME.

Le succès de son statut d’auto-entrepreneur qui témoigne que des décisions politiques peuvent peser sur la vie des Français et sur la perception qu’ils ont du monde de l’entreprise en faisant évoluer les mentalités.