La torpilleuse de la Loi travail

Elle s’appelle Caroline de Haas. Depuis plusieurs semaines, la Newsroom Sountsou vous raconte la façon magistrale avec laquelle elle a « éparpillé façon puzzle » la loi travail. Le magazine Le Point daté du 24 mars, lui consacre un article, intitulé « le pire cauchemar de Hollande » dans lequel sont décryptées ses méthodes.  Révélateur et passionnant.

Caroline de Haas est une vraie militante, elle croit dans les causes qu’elle défend comme le féminisme. Elle est également furieusement dans son époque, elle en maîtrise les outils et, surtout, elle « sent » l’opinion et elle sait taper là où ça fait mal.

Certains se moquent gentiment d’elle dans l’article que lui consacre Le Point cette semaine. On retiendra cette phrase de l’un de ses compagnons du PS « A force de multiplier les initiatives, il y a forcément parfois un truc qui prend ». Il a tout à fait raison et c’est d’ailleurs le grand mérite de Caroline de Haas, elle tente, elle essaie, elle commet des erreurs mais continue de se battre loin de baisser les bras. Et elle gagne.

L’article d’Émilie Lanez, très documenté, révèle la redoutable méthode des carrés mise au point par la militante qui utilise le numérique avec maestria. Il raconte également comment, presque par hasard, la sauce anti-loi El Khomri a fini par prendre. Au départ sa pétition ne rencontrait pas un succès fulgurant. Puis, il y eut ce tweet d’Edwin Plenel, le patron de Mediapart, les signataires sont passés de 200 à 50.000 en quelques heures.

C’est l’un des secrets de Caroline de Haas, elle sait fédérer autour d’elle d’autres influenceurs qui font rayonner ses combats. Sa pétition contre la loi travail restera dans les annales et deviendra probablement une étude de cas dans les écoles de commerce et de sciences politiques.

Il n’en reste pas moins que le combat de cette militante de l’anti-capitalisme et de la lutte contre l’entreprise fait partie de ces réseaux qui bloquent la France depuis trop longtemps.

Ses méthodes devraient inspirer les milieux patronaux. La mise en place de réformes se heurtera de plus en plus à de nouvelles formes de militantisme, insaisissables et dont les arguments de fond ne sont pas forcément le moteur. Il est impératif de s’adapter et de mettre en oeuvre une nouvelle approche de l’opinion, plus offensive. Les responsables politiques ont besoin de soutiens pour mener leurs réformes.

Lors de son passage devant la Fondation Concorde, cette semaine, Nicolas Sarkozy ne disait rien d’autre lorsqu’il reprochait aux milieux patronaux leur manque de soutien au cours de son quinquennat. L’incantation ne suffit plus.