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Le 21 juillet, l’Insee a publié un chiffre qui méritait mieux qu’un entrefilet. 643 034 entreprises ont été créées au premier semestre 2026, contre 575 706 un an plus tôt. Un bond de 11,7 %, après les records déjà atteints en 2025.

Toutes les formes de création progressent : les micro-entreprises de 14 %, les sociétés de 7,3 %, les entreprises individuelles classiques de 3,2 %. La barre des deux millions de micro-entrepreneurs a été franchie, et l’emploi non salarié devrait encore progresser de 60 000 cette année, quand l’emploi salarié fléchit.

Dans une conjoncture économique et politique morose, cet engouement dit une chose simple. Les Français croient davantage en leur capacité d’initiative qu’en la promesse publique.

Le revers mérite d’être regardé en face. Le revenu moyen d’un micro-entrepreneur s’établit à 680 euros par mois, en baisse pour la deuxième année consécutive, et la moitié d’entre eux gagne moins de 330 euros. Plus de 36 630 procédures collectives ont été enregistrées au premier semestre.

Et depuis le 1er juillet, l’exonération de cotisations accordée aux entreprises créées ou reprises est passée de 50 % à 25 %.

Le pays qui entreprend le plus est aussi celui qui rabote le soutien à ceux qui se lancent.

Pendant ce temps, la parole politique s’abîme un peu plus. Le 22 juillet au matin, la ministre de la Transition écologique annonçait sa démission sur LinkedIn. Trois heures plus tard, elle restait. Au même moment, les incendies frappaient la France et trois pompiers perdaient la vie en deux semaines, en Gironde et en Savoie.

Le même jour s’achevait une session parlementaire que Le Monde résume d’un mot : chaotique.

Le budget 2027, lui, se dessine, et il vise d’abord les patients. Alors que le déficit de la Sécurité sociale pourrait atteindre 23,2 milliards d’euros, plus de deux milliards d’économies sont annoncés sur la santé, portant pour l’essentiel sur les assurés : déremboursements, hausse des franchises médicales, et plus d’un milliard transféré vers les complémentaires, dont les cotisations augmenteront d’autant. Une dépense de santé transférée ne disparaît pas.

Un tiers des patients atteint déjà son plafond annuel de franchises. Ce sont les affections de longue durée.

On choisit donc de faire payer les malades plutôt que de réformer les organisations et les foyers de pertes du système. À un an d’un scrutin qui se joue entre les radicalités, le pari est plus qu’osé. Il frôle l’irresponsabilité.

Il ne faut pas chercher ailleurs la raison pour laquelle 78 % des Français estiment que leur manière de vivre est menacée, et pourquoi 58 % d’entre eux se déclarent désormais défavorables au barrage républicain. La diabolisation n’imprime plus. Elle nourrit ce qu’elle prétend combattre.

Les entreprises sont aujourd’hui perçues comme un repère de constance dans un monde incertain. Elles ont dans cette séquence une carte singulière à jouer, celle d’une parole de réalité et de long terme. Rien n’est figé, les sondages ne sont pas prédictifs, et c’est précisément pour cette raison que les entreprises et leurs fédérations professionnelles ne peuvent pas rester inactives.

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