Sarkozy contre-attaque

Promis, juré, l’offensive lancée cette semaine par l’ancien président de la République n’a rien à voir avec sa chute dans les sondages et les résultats mitigés des élections régionales pour son parti Les Républicains. Nicolas Sarkozy publie un livre-vérité : « La France pour la vie ».

Alors que la campagne pour la primaire des 20 et 27 novembre est désormais officiellement ouverte et, avec elle la chasse au Juppé, Nicolas Sarkozy connait un trou d’air inquiétant qui l’incite à tenter de relancer sa machine présidentielle.

Certes, il continue de parier sur l’effet de paille du « phénomène Juppé » à qui il promet le même sort que son ancienne idole Edouard Balladur lors de la présidentielle de 1995. Le Premier ministre d’alors était annoncé grand vainqueur par les sondages, un quotidien du soir avait même titré que pour l’opinion le vainqueur était déjà désigné et qu’il était donc inutile de faire campagne et Badaboum, Jacques Chirac fit un retour en force dans la dernière ligne qui lui permit de l’emporter haut la main sur son adversaire au premier tour.

Cette contre-offensive de Nicolas Sarkozy sonne toutefois étrangement car elle ne laisse percevoir rien de véritablement nouveau. Un livre, des fuites dans la presse, une mobilisation des soutiens dans les médias, quelques apparitions médiatiques négociées en amont, une tournée en province, à part le message publié sur Facebook, rien de neuf en fait. Sa présence dans l’émission Sept à Huit, dimanche 24 janvier, à l’horaire des abîmés de la vie en est presque caricaturale.

Nicolas Sarkozy peut se gausser de l’âge de Juppé, il n’apparait pas vraiment plus neuf dans le paysage politique. Cette contre-offensive menée avec toujours les mêmes recettes n’est pas rassurante quant à ses perspectives de succès. Le contenu du livre, révélé en exclusivité par Le Figaro du 22 janvier, manque cruellement d’originalité, Nicolas Sarkozy se lance dans un méa-culpa qui tente de répondre à son image dans l’opinion. Une ficelle un peu grosse.

Au delà de l’âge, les idées et la façon de gouverner pourraient créer une véritable différence lors de la prochaine présidentielle. Lors des dernières consultations, les Français n’ont cessé de dire en évoquant le FN, « ce sont les seuls qu’on n’a pas essayé ». Au lendemain du premier tour des régionales, les discours de vérité, teintés de colère contre Nicolas Sarkozy, de Valérie Pécresse, Christian Estrosi et surtout Xavier Bertrand ont sonné comme un tournant.

Nous n’en sommes qu’au début de la primaire à droite et, déjà, les protagonistes paraissent un peu fatigués, comme s’ils manquaient de ressort. Décidément, la route vers la présidentielle va être bien longue et semée d’embuches mais le meilleur moyen de tenir la distance n’est peut-être pas de répéter sans cesse les méthodes d’un autre temps, d’un autre siècle pré-numérique.