Républicains, presse, télécoms, fiscalité…

Les Républicains, le compte pénibilité, les mutations dans les télécoms, la concentration dans la presse, des réformes fiscales osées, ce sont les quelques thèmes retenus cette semaine par Sountsou et captés dans la bouche de responsables politiques, d’entreprises ou syndicaux.

Alain Juppé, invité du Grand rendez-vous Europe 1, I Télé, Le Monde, le 31 mai

« Sarkozy a le parti, pour l’instant j’ai l’opinion. J’organise ma petite PME. Parfois une PME très performante est plus efficace qu’un grand groupe du CAC 40. »

Bruno Le Maire, dans son discours au congrès fondateur des Républicains (ex-UMP) oublie volontairement de citer Nicolas Sarkozy et insiste sur le besoin de renouveau, via Le Lab E1

« Faisons tomber les murs de cette classe politique qui ne se renouvelle jamais. Vous butez contre les mêmes visages ? Nous allons vous en offrir de nouveaux. Vous butez contre les mêmes idées ? Nous allons en défendre de nouvelles. » 

Tweet de Florian Philippot après la création du parti Les Républicains, le samedi 30 mai

« Bienvenue à l’RPS ! Ça gratte ça démange c’est mauvais pour la France. #Herpès »

Alain Juppé, au congrès fondateur du parti Les Républicain après avoir été sifflé par certains militants, samedi 30 mai

« Ça me fait de la peine, mais ça ne change pas ma détermination (…) Je me réjouis de partager avec vous l’enthousiasme d’un nouveau départ : celui des Républicains à qui je souhaite, de tout coeur, bon vent. Notre mouvement peut compter sur mon concours, ma loyauté, mon ardeur. J’ai aimé l’UMP. J’aimerai les Républicains ! » (…) en 2017, il faudra être prêt à agir » (…) On ne fait rien de bon dans la division, ni dans la recherche méthodique du clivage. Certes, parfois, du conflit peuvent naître des solutions nouvelles. Mais les conflits viennent tout naturellement dans notre pays, grand amateur de polémiques et d’affrontements. Le rôle d’un dirigeant n’est pas de les susciter, ni de les attiser, mais de les apaiser. Notre société a besoin d’apaisement, pas de revanche. »

Francis Morel, PDG du groupe Les Échos, au sujet du rachat du journal Le Parisien, interviewé par Le Figaro Économie du 27 mai

« Les Échos ont connu ces dernières années une hausse spectaculaire de leurs résultats. Notre diffusion est au plus haut depuis dix ans. Nous sommes revenus à l’équilibre en 2014 et nous serons rentables en 2015. Mais cette réussite repose sur un équilibre fragile. Aujourd’hui, les acteurs de taille moyenne, comme nous, ont du mal à se développer. L’heure est à la concentration, comme le prouve le rapprochement du Monde et de L’Obs, ainsi que celui de Libération et de l’Express. Depuis deux ans, j’ai la conviction que rester isolé n’est plus une option.»

Philippe Carli, Directeur général du groupe Amaury sur la cession du journal Le Parisien, interviewé dans Les Échos du 27 mai

« (…) le monde des médias est en pleine mutation. À l’échelle mondiale, les géants du Web, comme Google et d’autres, s’intéressent de plus en plus aux contenus, et, à l’échelle française, la presse se consolide autour de quelques acteurs. Il faut atteindre une taille critique pour continuer de progresser et s’imposer. »

Alexandre Saubot, Président de l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) interrogé sur le dispositif pénibilité du gouvernement, dans Les Échos du 27 mai

« (…) Je pense sincèrement que cette décision du gouvernement est une grave erreur qui va nuire, à terme, à la compétitivité de nos entreprises, à la prévention de la pénibilité et aux finances publiques. Elle doit faire l’objet d’une correction fondamentale si on ne veut pas qu’elle génère les mêmes conséquences négatives sur le long terme qu’ont pu avoir par le passé la retraite à 60 ans ou plus récemment les 35 heures. Ce dispositif va donc clairement à l’encontre de l’objectif de reconquête industrielle que s’est fixé le gouvernement.»

Nathalie Kosciusko-Morizet, interrogée par Les Échos, sur ses propositions économiques, le 27 mai

«Je propose de baisser les impôts sur le travail et le capital de 100 milliards d’euros dès 2017. Pour les deux tiers, cette baisse doit se faire sur le travail, via surtout une baisse des cotisations patronales, et sur la fiscalité pesant sur l’investissement, par exemple une accélération de l’amortissement. on le voit bien aujourd’hui : l’investissement est le moteur manquant de la reprise. Concernant les baisses d’impôt sur le capital, je ne préconise pas de supprimer l’ISF, compte tenu de sa charge symbolique, mais de baisser très fortement le taux supérieur, qui, à 1,5% est quasiment confiscatoire, en le ramenant à moins de 0,5%. Il faut aussi déplafonner la faculté de payer son ISF par l’investissement dans les PME et les ETI. Plutôt que de les faire fuir, on doit encourager les capitalistes à financer l’investissement productif et l’emploi.»

Daniel Fasquelle, Député et trésorier de l’UMP, après le rejet par tribunal de grande instance de Paris du recours déposé contre l’utilisation par l’UMP du nom Les Républicains

« C’est la liberté qui triomphe, la liberté pour l’UMP de s’appeler Les Républicains. Tout le monde a compris que c’était une manoeuvre politique dont le seul but était de troubler les militants à quelques jours du Congrès.»

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière, sur le projet de loi sur le dialogue social, dans Les Échos du 26 mai

«C’est une loi qui porte mal son nom. Parmi les nombreux points de désaccord que nous avons sur ce texte, j’en citerai trois. Le premier est la dilution dans la future délégation unique du personnel dans les entreprises de moins de 300 salariés du CHSCT, l’institution du personnel la plus crainte des employeurs. Les élus devront gérer concomitamment les questions des conditions de travail et celles d’emploi, or on ne peut pas être bon partout. Le deuxième gros point de désaccord c’est le contournement des organisations syndicales dans les entreprises où aucune n’est implantée avec le mandatement. Troisième point : la représentation des salariés des très petites entreprises. C’est du vent ! Comment peut-on penser sérieusement que 13 commissions régionales vont permettre de régler quoi que ce soit dans les TPE.(…)»

Franck Riester, sur les primaires à l’UMP, dans le Talk-Le Figaro du 28 mai

« Je pense qu’il (ndlr : Bruno Le Maire) peut gagner et qu’il doit gagner. (…) Le moment venu, je pense l’année prochaine, il sentira s’il faut y aller ou non. (…) Il faut des hommes avec des nouvelles pratiques, et un projet fort pour changer radicalement la donne.»

Didier Casas, président de la Fédération Française des Télécoms (FFT), dans Les Échos du 28 mai

« Mon premier objectif (…) est de renforcer notre présence sur tous les grands dossiers du secteur. Les télécoms sont aujourd’hui un maillon indispensable du numérique et de l’économie du pays. La filière investit environ 7 milliards d’euros par an soit l’équivalent de 11 viaducs de Millau ou de 200 rames de TGV ! Nous faisons travailler directement et indirectement plusieurs centaines de milliers de salariés. Et la plupart de ces emplois ne sont pas délocalisables. Chaque euro investi par les télécoms rapporte 6 euros de PIB et 3 euros de recettes fiscales et sociales. C’est pourquoi nous souhaitons être davantage entendus par nos différents partenaires et par les pouvoirs publics.»