RATP, Bourse, Budget… les chiffres clés

Les chiffres clés de la semaine montrent la frilosité des investisseurs, la grande forme des Gafa, la difficile réforme du Code du travail, la mutation de la RATP et confirment que le Budget 2016 est décidément bien complexe à boucler…

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Nous évoquions, dans la Newsroom, il y a quelques semaines les introductions en bourse de Deezer, Oberthur et Schowroomprivé. Deux de ces introductions ont finalement été reportées, la troisième s’est révélée très décevante pour ses promoteurs. Deezer a été le premier à faire défection, le modèle économique des plate forme de streaming a alors été évoqué mais en réalité le problème est plus profond. En effet, ce sont les investisseurs qui dictent l’ambiance du marché et leur frilosité est actuellement proche de l’ère glaciaire. Il a suffit que Gemalto (concurrent d’Oberthur) annonce une activité en recul au troisième trimestre pour que les investisseurs se figent, et que les espoirs de valorisation d’Oberthur lors de son introduction s’effondrent. Quant à Schowroomprivé, le titre a perdu 10% de sa valeur dès sa première journée d’introduction et reste en dessous de sa valeur initiale. Ces trois introductions ne sont pas favorables à l’image de la Bourse de Paris qui ambitionnait de s’imposer comme une place intéressante pour les entreprises technologiques.

300

L’agence FaberNovel vient de publier son étude annuelle sur l’impact de Google, Apple, Facebook et Amazon (Gafa) sur l’économie. En 2015, la capitalisation boursière des Gafa est supérieure de 200 milliards à la capitalisation des entreprises du CAC 40. À titre de comparaison et pour bien se rendre compte de leur progression, il y a un an cette capitalisation était inférieure de 300 milliards, soit une progression de 500 milliards en à peine 12 mois. En 2020, nos trois Gafa devraient s’imposer comme la première puissance économique mondiale…

500

Le Comité Richelieu et GAC Groupe ont interrogé 500 PME innovantes sur leur perception des mesures gouvernementales en faveur des entreprises. Le résultat apparait rassurant pour l’exécutif puisqu’un tiers d’entre elles estiment que le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice) et le pacte de responsabilité répondent bien à leurs besoins. S’il est vrai que les opinions positives sur l’action du gouvernement restent minoritaires, elles progressent sensiblement sur un an puisque l’an dernier elles n’étaient que 14% à se déclarer satisfaites. Le Crédit d’impôt recherche est quant à lui plébiscité par 75% d’entre elles, même si elles ne sont que 61% à croire à sa stabilité dans le temps. Les récentes déclarations visant à le réformer ne sont pas étrangères à cette fragilisation de la perception du dispositif.

3800

Le Premier ministre vient de lancer la réforme du Code du travail qu’il souhaite voir aboutir pour 2018, il a demandé à des experts de lancer leur réflexion immédiatement pour réécrire les 3800 pages du Code qui sont devenues inadaptées aux exigences du monde économique et qui ignorent encore trop les spécificités de la révolution numérique. Néanmoins, s’il semble optimiste sur l’absence d’alternance politique en 2017, Manuel Valls a demandé aux experts de faire des propositions en priorité sur le temps de travail, en excluant toute réforme des 35 heures. Le Comité des sages qu’il a installé le 4 novembre et dont la présidence a été confiée à l’ancien ministre de la Justice, Robert Badinter, devra rendre ses préconisations dès le début de l’année pour une loi qui devrait être votée à l’été 2016. Pierre Gattaz, a immédiatement réagit en faisant part de son scepticisme quant au périmètre de cette nouvelle loi qui devrait être, selon lui, très limité et certainement pas à la hauteur des enjeux.

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La commission des finances du Sénat se montre très critique sur les différentes hypothèses posées par le gouvernement pour établir son Budget 2016. Les sénateurs considèrent notamment que la perspective de croissance du PIB de 1,5% est trop ambitieuse et que le Gouvernement s’expose à un risque fort de ne pas être en mesure de respecter ses engagements vis à vis de Bruxelles, notamment en ce qui concerne la limitation du déficit et les réformes structurelles à engager. Ainsi, dans le cas où la progression du PIB ne serait que de 1%, alors le déficit ne redescendrait qu’à 3,6% et la dette atteindrait 97,2% du PIB au lieu des 96,5% prévus. Autre source d’inquiétudes pointée par les sénateurs, le périmètre du plan d’économie de 50 milliards d’euros prévu de 2015 et 2017, qui n’a pas été revu alors que les dépenses explosent, la plupart d’entre elles n’étant pas financées. Il y a quelques jours le Haut Conseil des finances publiques critiquait également ce Budget 2016, comme la rapporteure du Budget à l’Assemblée Nationale, Valérie Rabault.

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L’Insee vient de rendre publique une étude sur les Français et l’impôt en 2014 qui révèle que 19 millions de ménages ont payé plus d’impôts sur cette année fiscale contre 4,81 millions de ménages gagnants. La sur-facture s’est ainsi élevée à 5,2 milliards pour la seule année 2014, soit une perte moyenne de pouvoir d’achat de 220 € par ménage. L’Insee estime que les ménages ont ainsi perdu 0,5% de niveau de vie moyen des ménages du fait des nouvelles mesures fiscales mises en oeuvre en 2014.

2024

Ce sera l’année de l’ouverture de la concurrence du réseau de bus urbain de la ville de Paris. La RATP a donc décidé de se mettre en ordre de bataille et d’investir sur l’innovation. 30 millions d’euros vont être mobilisés dans le numérique d’ici deux ans et la Régie s’apprête à lancer des « RATP Lab » et à s’ouvrir aux start up. La RATP investira également 1 milliard d’euros pour la modernisation du RER et annonce la mise en place de bornes 3G/4G sur la ligne 1 du Métro et les RER A et B  d’ici la fin de l’année. Enfin, la nouvelle présidente de la RATP a confirmé le plan « Bus 2025 » qui prévoit que sa flotte de bus soit à 80% électrique à l’horizon 2025.

495

Dans la symbolique d’un gouvernement économe, le nombre de collaborateurs des cabinets ministériels est, à tort ou à raison, un élément d’appréciation de plus en plus utilisé. François Hollande, au début de son quinquennat, avait même limité leur nombre à quinze pour les ministres de plein exercice et à dix par ministre délégué ou secrétaire d’état. Hélas, ces chiffres ne cessent de déraper. Comme chaque année, c’est le projet de loi de finances qui permet de faire un point précis. En un an, le nombre de collaborateurs des ministres est ainsi passé de 461 à 495, soit une progression de 7,3%, relève le journal Le Monde. Néanmoins, il y a eu l’an passé deux secrétariats d’état de plus. En outre, par rapport au quinquennat de Nicolas Sarkozy, la moyenne du nombre de collaborateurs de ministres est passée de 596 à 511. On peut donc parler d’une amélioration.

12,5

L’Insee a publié une note sur la progression du chômage depuis 2008 dans les treize nouvelles régions de France. Le chômage qui a progressé au plan national de 2,8% entre 2008 et 2014 s’impose dans toutes les régions, aucune n’a connu de baisse sur la période. Si la région Île de France résiste mieux que les autres, elle voit néanmoins le taux de chômage progresser de 2,5% sur la période. Sans grande surprise, la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie est la plus fortement impactée avec un taux de chômage de 12,5%, suivie de près par Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées avec 12%. Néanmoins, les plus fortes progressions entre 2008 et 2014 ont été enregistrées en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées avec +3,5%, en Centre Val de Loire avec +3,3%, en Provence-Alpes-Côte-d’Azur avec + 3,1%, suivies par la Corse et le Nord-Pas-de-Calais-Picardie avec +3%.

315

Il y a un an, la création du « fonds européen d’investissements stratégiques » doté de 315 milliards d’euros était censé illustrer l’ambition de Bruxelles pour soutenir les entreprises européennes. Un an plus tard, le « fonds Juncker » est loin répondre aux attentes. En réalité, doté de 21 milliards d’euros, il devait permettre à la Banque européenne d’investissement (BEI) d’emprunter pour financer des projets à risque. Or, les investisseurs sont très frileux en ce moment et ne sont pas friands de projets sur le long terme. Alors, la Commission s’est tournée vers d’autres investisseurs comme la Chine qui dispose d’importantes liquidité. Néanmoins, les investisseurs demandent des garanties en ce qui concerne la stabilité réglementaire, ce que Bruxelles n’est pas vraiment en mesure de leur offrir pour le moment.