Quand la violence remplace le dialogue social 

La situation de la CGT et de son patron, Philippe Martinez, est symptomatique des limites du lobbying radical. À force de briser toutes les limites, la CGT est en passe de basculer dans un militantisme de la violence qui est dangereux d’abord pour elle-même.  

La manifestation devant le domicile de la ministre du Travail et le relai, sur les réseaux sociaux, de son adresse personnelle est la dernière forme d’une radicalité qui envahit notre quotidien depuis plusieurs semaines. On ne compte plus les permanences de députés socialistes dévastées, les insultes proférées contre des ministres, en marge de manifestations qui sont également ponctuées quasi-quotidiennement par des scènes de violence.

Les dirigeants de la CGT et les diverses personnalités proches du mouvement anti-loi El Khomri ont du mal, face caméras et micros, à remettre en question ces comportements. Certes, officiellement ils regrettent ces dérapages mais, immédiatement, les excusent en dénonçant la « violence sociale ». Ils usent et abusent des vieilles recettes du marketing idéologique qui consistent à transformer les victimes en coupables et à trouver toujours plus d’excuses à la fois aux manifestants et aux casseurs qui ne représentent qu’une « minorité ».

Pourtant, il est clair que le visage qu’offre la France, pays d’accueil de l’Euro 2016, est bien triste et pathétique. La manifestation sportive censée nous permettre de séduire les étrangers, les touristes et pourquoi pas les investisseurs se transforme en caricature de nous-mêmes : grèves, blocages, instabilité…

Outre cet aspect qui importe très peu à celles et ceux qui défendent leurs statuts particuliers si généreux, ce conflit montre également que, face à la violence, le dialogue n’est pas forcément le bon chemin. Le pouvoir politique a fait le choix de « gérer » ces revendications catégorielles une à une, croyant ainsi désamorcer le mouvement qui en demande toujours plus. Ainsi, on en vient à s’interroger : si le gouvernement retirait la loi travail, les grèves et le blocage cesseraient-ils ?

La CGT, par son attitude irresponsable, prend le risque d’une profonde remise en question du dialogue social tel qu’il était jusqu’à présent appréhendé en France. Cette violence va nécessairement entrainer une évolution de la posture patronale qui, légitimement, pourrait envisager de revoir sa propre stratégie.

Mathieu Quétel, président de Sountsou – Affaires Publiques