Présidentielle : opération niches

François Hollande prépare sa campagne électorale. Au plus bas dans les sondages, le Président de la République mise sur les bonnes vieilles recettes  pour reconquérir le coeur de ses électeurs.

Les périodes électorales sont naturellement propices pour s’adresser à ses « niches » celles et ceux que l’on considère comme un électorat naturel, alors François Hollande veut s’adresser aux jeunes et aux fonctionnaires. Les premiers sont en froid avec lui, une rancoeur qui se cristallise autour de la loi travail, les seconds sont déjà inquiets des annonces des pré-programmes des candidats de droite qui prévoit de réduire drastiquement leur nombre alors que leurs revenus sont bloqués depuis six ans.

Alors le président profite de la Loi El Khomri 2 pour élargir la Garantie jeunes. Le dispositif permet aux 18-26 ans de bénéficier d’une allocation dans le cadre d’un programme intensif d’accès à l’emploi. Cette mesure devrait coûter près de 500 millions d’euros.

L’autre niche à soigner en cette période pré-électorale, les fonctionnaires devraient bénéficier d’un dégel de leur point d’indice, bloqué depuis 6 ans. Les 5,4 millions de fonctionnaires représentent un électorat naturellement proche de la gauche et leur envoyer un signe positif en plein débat sur la loi travail tant décriée ne peut être que bénéfique au gouvernement, c’est en tout cas son calcul. La hausse de 1,2% du point d’indice coûtera entre 1,84 et 2,4 milliards d’euros, dont le financement n’existe pas aujourd’hui mais dont le bénéfice pourrait se retrouver dans les urnes.

Cette « opération niches » lancée par l’exécutif est un peu hasardeuse et ne devrait pas rencontrer l’écho escompté, tant les mesures qui se succèdent ne semblent plus « imprimer » dans l’opinion. En outre, le Président de la République a lié son sort à la courbe du chômage qui ne semble pas décidée à se redresser, pour le moment.