Présidentielle : les entrepreneurs doivent déjà agir

Cette tribune a été publiée dans Le Journal des Entreprises du 6 janvier 2016.

Les élections régionales viennent à peine de s’achever que, déjà, pointe la perspective de l’élection présidentielle. Les états-majors se mettent en place et, à droite comme à gauche, les programmes commencent désormais à se construire. Un moment idéal pour que les entrepreneurs fassent entendre leur voix.

Le choc des élections régionales des 6 et 13 décembre, avec un Front National au plus haut, a sonné comme une alerte rouge pour les partis politiques et leurs responsables. Il est probable que la physionomie des élections à venir en soit changée.

En tout cas, immédiatement après les régionales, les appels à une «union nationale» transpartisane afin de mettre en oeuvre une action commune et concertée contre le chômage se sont succédés. Le Président de la République a finalement fait le choix de mettre en place de nouvelles mesures à partir des nouveaux exécutifs régionaux, dont le développement économique et la formation sont déjà des missions naturelles.

Cette remise en question par les électeurs d’un personnel politique qui apparaît dépassé par la situation crée une ouverture également pour le monde de l’entreprise qui aurait tort de ne pas la saisir pour faire enfin entendre sa voix, cela suppose une véritable mobilisation pour que des réformes en profondeur puissent être engagées à partir de 2017.

Car, ne nous trompons pas, à un an de la présidentielle, il est peu probable que les mesures que le gouvernement s’apprête à prendre soient de nature à répondre aux causes de la situation économique atone de la France. Alors que faire ?

D’une façon générale, les entrepreneurs sont assez décontenancés face au comportement des élus à leur égard, ils estiment que les décisions publiques sont déconnectées des réalités économiques. Il est vrai que l’entreprise semble trop souvent considérée comme suspecte de turpitudes qui nécessiteraient un empilage de règles plus contraignantes les unes que les autres.

Cette campagne électorale, qui va se décomposer en plusieurs phases, dont la primaire à droite et la recherche d’union à gauche, est une formidable opportunité pour faire entendre la voix du monde de l’entreprise. Encore faut-il que les entrepreneurs se mobilisent et posent des propositions concrètes qui pourront être reprises dans les programmes des uns et des autres.

En effet, une telle démarche suppose une organisation quasi-militaire pour être efficace : sélectionner et hiérarchiser les demandes, mettre en place une cartographie des staffs de campagne, créer les argumentaires adaptés, enfin déployer la stratégie de conviction sur l’ensemble des supports susceptibles d’atteindre les candidats.

Un peu de travail, pour un objectif qui en vaut la peine : faire en sorte que l’entreprise soit enfin mieux comprise des décideurs politiques.

Mathieu Quétel, président de Sountsou