Présidentielle : entrepreneurs, agissez dès maintenant

Les élections présidentielles et législatives semblent encore loin ; certains hésitent à travailler les argumentaires dès à présent. Grave erreur. Les équipes de campagne sont en place. Les premières contributions commencent déjà à être publiées. Vous souhaitez convaincre les candidats aux élections. Il est donc temps de vous y mettre, et de faire connaître vos propositions aux candidats et aux équipes de campagne.

Une élection se prépare très en amont, elle suit un parcours minutieux constitué de la mise en place de l’équipe de campagne, du recueil des fonds, de la participation à d’éventuelles primaires, de la réflexion aux idées par thématiques, mais également du choix de messages forts à mettre en avant. Cette phase de préparation est aussi l’occasion, pour les candidats, d’écouter les différents acteurs de la société civile (dont font partie les entreprises) et de repérer des axes de travail qui pourraient intégrer leur programme, voire devenir des éléments de communication majeurs.

Une campagne électorale se construit sur un positionnement en termes de communication. S’agissant de l’élection présidentielle, les candidats vont essayer de repérer des défaillances du président sortant dans les domaines cruciaux de la société et de l’économie pour en faire des messages porteurs pour eux-mêmes autour desquels ils déploieront des contre-postures et des éléments de campagne.

Un exemple concret : la fiscalité. Il est évident que les premiers mois du quinquennat ont été marqués par des augmentations d’impôts significatives. Même si le Gouvernement fait le pari que les baisses initiées à partir de 2015 devraient corriger le sentiment général, il est probable que ce ne soit que partiellement le cas. Les impôts seront donc un axe de communication. Par exemple, le débat sur l’impôt de solidarité sur la fortune, sujet « segmentant » et clivant, va probablement revenir sur le devant de la scène. Il constituera un élément d’identification entre les candidats de réforme à tendance libérale et ceux qui estiment qu’il ne faut pas toucher à ce dispositif, soit parce qu’il est précisément trop identifiant à droite soit parce qu’il est un marqueur de la gauche.

Il en sera probablement de même des 35 heures : elles feront partie du débat programmatique, tout comme la réforme du droit du travail…

Ces réformes, qui apparaissent de plus en plus indispensables pour « fluidifier » l’économie et redonner confiance aux entreprises, ne pourront être portées que par des candidats qui auront le courage de les défendre et se sentiront soutenus.

Il faut donc les contacter avec des demandes précises mais également des argumentaires illustrés d’exemples et de chiffres afin que des propositions puissent être portées de façon efficace.

Cette alimentation des candidats doit s’effectuer pendant la phase de préparation de la campagne, au moment de l’élaboration des programmes. Les frontières entre droite et gauche sont aujourd’hui plus perméables vis-à-vis du monde de l’entreprise, alors il convient de ne pas hésiter à porter des propositions innovantes et originales.

Mathieu Quétel, président de Sountsou et auteur des Cahiers Experts.

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