PME : Ce lobbying syndical qui bloque l’emploi

Manuel Valls consultera les partenaires sociaux les 1er et 2 juin afin de trouver des solutions pour que les PME soient en mesure de créer plus d’emplois. Une mission difficile et qui devrait accoucher d’avancées minimes tant le travail de sape des syndicats semble encore efficace.

Trois ministres sont mobilisés pour ces travaux avec les partenaires sociaux. François Rebsamen  (Travail), Emmanuel Macron (Économie), et Thierry Mandon (Simplification) épauleront le Premier ministre afin de tenter de concilier les points de vue entre patronat et syndicats de salariés. L’enjeu est de taille puisqu’il s’agit de trouver des solutions afin de fluidifier l’emploi dans les PME.

CGPME et MEDEF militent pour renforcer le CDI en le sécurisant, c’est à dire en fléchant les conditions de ruptures économiques. Leur idée est de travailler sur le frein principal : la peur des chefs d’entreprises de recruter et les coûts exorbitants qu’une baisse d’activité pourrait avoir si elle devait nécessiter de revoir les effectifs de l’entreprise. Un bon sens qui se heurte au dogmatisme syndical.

Les syndicats de salariés, de leur côté, campent sur leurs positions, pas question d’un « CDI sécurisé », la CFDT a été la première a fortement marquer son opposition à cette voie. Les syndicats privilégient les solutions de formation des personnes en recherche d’emploi et considèrent que celles-ci sont déjà en place avec le compte personnel de formation ou le futur compte personnel d’activité.

Paradoxalement, les syndicats sont en position de force, eu égard à la situation de la majorité gouvernementale à l’Assemblée Nationale, et au conformisme de ses députés sur ces questions. Ainsi, le gouvernement envisagerait de travailler sur un plafonnement des indemnités aux prud’hommes, ce qui permettrait de ne pas toucher au sacro-saint contrat de travail. Dans ce contexte, le patronat a également proposé quelques mesures visant à assouplir le CDD, avec la possibilité de le renouveler deux ou trois fois et en passant la durée maximale à 24 mois…

On ne peut que regretter, qu’une fois de plus, les entreprises ne soient pas entendues et que les syndicats restent sur des positions qui peuvent sembler iconoclastes quand la France bat des records de chômage.