Lobbying : plus de salariés élus

Décidément, les initiatives se multiplient ces dernières semaines afin de rendre le monde de l’entreprise plus visible du monde politique. C’est au tour du Cercle de l’excellence RH de faire ses propositions avec l’ambition de voir plus de salariés élus au niveau local et national.

À peine 16% des parlementaires ont eu une expérience dans le monde de l’entreprise. La déconnexion du monde politique vis à vis du monde économique est donc une réalité quasi structurelle. Fort de ce constat, le think tank porte 18 propositions, relayées dans une tribune dans Les Échos signée par sept grands patrons, dont le président de Michelin, Jean-Dominique Senard.

Il souhaite garantir au salarié élu parlementaire de retrouver son emploi en entreprise à l’issue de son mandat. Un premier pas important puisqu’actuellement la loi ne garantit un retour à l’emploi qu’aux mandats de maire et d’adjoint de villes de plus de 10.000 habitants ainsi que pour les fonctions de présidents et vice-présidents des exécutifs territoriaux. Le nouveau dispositif ne serait pas applicable aux entreprises de moins de 250 salariés.

Pour les mandats de moindre importance, le collectif souhaite la création de « RTT politiques » qui permettraient aux élus de se consacrer à leur mandat en bénéficiant d’un abondement spécifique de leurs RTT.

Outre l’obligation pour les élèves des écoles d’administration de faire un long stage en entreprises afin de mieux appréhender les réalités de celles-ci, le Cercle souhaite également interdire aux élus de se représenter plus d’une fois afin de fluidifier les rotations d’élus. Une proposition particulièrement osée qui est laissée « ouverte à la discussion ».

Enfin, le Cercle propose que les fonctionnaires puissent être placés en détachement dans l’entreprise au moins une fois dans leur carrière et qu’il en soit de même pour les salariés du privé.

Ce manifeste de 18 propositions, déposé dans la perspective des débats autour de la présidentielle de 2017, est une heureuse initiative qui pourrait réconcilier le monde de l’entreprise avec celui, très fermé, du politique.