Lobbying de rue : la CGPME sort gagnante

Il y a une semaine, la CGPME prenait le risque de lancer ses adhérents dans un véritable lobbying de rue : 10.000 patrons de TPE et PME ont défilé à Paris et Toulouse pour crier leur désarroi et leur colère face aux règles administratives trop lourdes, aux charges sans fin avec en ligne de mire le compte pénibilité dont la mise en place promet d’être un casse-tête pour de nombreuses entreprises.

Si les réponses gouvernementales dans les discours officiels ont laissé transparaitre une forme de lassitude face à un patronat qualifié « d’inconséquent » dans ses demandes, en « off » de nombreux responsables politiques de la majorité reconnaissent les difficultés de mise en oeuvre du compte pénibilité. Quant aux tensions relationnelles entre le patronat et le gouvernement elles se cristallisent autour de Pierre Gattaz, le patron du MEDEF, dont les prises de position tonitruantes et provocatrices indisposent en haut lieu… Le patron du MEDEF a souhaité privilégier un lobbying relationnel plus traditionnel mais il ne cesse depuis des semaines de jouer la provocation dans ses déclarations publiques.

Malentendus, tensions et crise

Les tensions sont donc fortes et la CGPME a eu raison d’inviter ses adhérents à descendre dans la rue tant leur désarroi est grand. Du reste, sondage après sondage, les français semblent avoir compris le message et y adhérer en masse. Il est vrai que les PME, qui sont le poumon de notre économie, sont souvent les laissez-pour-compte du dialogue et de la concertation. Les décideurs politiques s’intéressent aux grandes entreprises dont ils reçoivent souvent en grande pompe les dirigeant mais ont plus de difficultés avec ce monde si hétérogène des PME. Résultat : les malentendus s’installent, les tensions gonflent et la crise explose.

Le Président de la CGPME a bien compris tout cela. Jean-François Roubaud a pensé, à juste titre, que le temps était venu de laisser la base s’exprimer et crier son désarroi face aux décisions gouvernementale qui relèvent souvent de l’effet d’annonce quant elles ne se contredisent pas les unes les autres.

Le temps du dialogue 

Désormais, le temps d’un nouveau dialogue est venu. Le Président de la république avait, dès le 6 novembre, annoncé une mission co-pilotée par un parlementaire et un chef d’entreprise sur le compte pénibilité. Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière des « évolutions possibles »… Néanmoins, le gouvernement n’a pas une position facile sur le compte pénibilité, la CFDT en a fait un casus belli, or la Confédération est incontournable sur d’autres négociations en cours…

Le succès de l’action de la CGPME a surpris. Il faut désormais transformer cette surprise en avancées concrètes au profit des TPE et PME. Un premier pas, les Français semblent avoir parfaitement compris la différence entre les patrons de ces « petites » entreprises et ceux du CAC 40…