L’État doit se réformer

France Stratégie a remis le 13 avril son rapport « quelle action publique pour demain » réalisé sous le parrainage de l’ancienne ministre Anne-Marie Idrac et de Martin Vial, ancien président de La Poste et président de Premium Care. 

Jean Pisani-Ferry, Commissaire général de France Stratégie décrit, avec lucidité, la situation de l’action publique : « Elle fait l’objet d’interrogations que chacun perçoit de plus en plus clairement : beaucoup d’acteurs, beaucoup d’activités, beaucoup de dépenses, mais des résultats en deçà des attentes et, donc, un sentiment d’impuissance. D’autant que, simultanément, l’environnement dans lequel intervient la sphère publique (le monde économique, la société civile…) évolue à une vitesse considérable, notamment grâce au numérique. Si rien ne se passe, le risque est grand d’avoir à moyen terme un État impotent, dépassé. Et c’est tout le pays qui en paierait les conséquences. »

Ce rapport décrit le chantier des actions à lancer pour réformer l’État à l’horizon des dix prochaines années. C’est sa limite. Dix ans pour l’action publique c’est certes peu, mais le rythme de la vie démocratique, donc politique, est plus rapide et les changements de majorité, sur la période, peuvent être nombreux et intervenir comme autant de ruptures dans les réformes entreprises. Enfin, l’économie n’attend pas et supporte de moins en moins les à coups de la décision publique.

Le premier constat de ce rapport, par ailleurs sans concession, est limpide : la réforme n’est plus une question mais une urgence. Il pose donc cinq objectifs pour transformer l’action publique :

  1. Répondre à des besoins en constante évolution
  2. Expliciter les priorités et leur allouer les moyens nécessaires
  3. Appuyer la modernisation du pays
  4. Rendre des comptes
  5. Impliquer les agents publics

Cinq leviers sont identifiés pour agir. Ils doivent permettre de mener à bien cette réforme indispensable et de ramener le niveau de dépense publique de 57,2% du PIB à 50% environ. La priorité pour l’État est de faire le tri dans ses missions et de mieux responsabiliser les acteurs de leur mise en oeuvre, qui devront rendre compte. Le rapport préconise que d’ici dix ans, 25% des postes pourvus en Conseil des ministres correspondent à des recrutements hors fonction publique. Il s’agit d’ouvrir la gestion et le management de l’action publique à des profils plus proches de l’entreprise et de la société civile.

Pour charger ce rapport : www.stratégie.gouv.fr