Les élections ne sont pas jouées d’avance

Nouvel extrait de l’ouvrage « Entrepreneurs, faites-vous entendre des politiques ! Secrets du lobbying efficace » de Mathieu Quétel paru récemment aux éditions Kawa. Nous publions ici le chapitre consacré à un sujet d’actualité et dans lequel l’auteur rappelle qu’il ne faut jamais considérer les élections comme « jouées d’avance ». Les électeurs sont souvent imprévisibles et dans vos opérations de lobbying il est toujours judicieux de ne pas miser sur les seuls sondages et de prendre garde à bien informer les candidats de tous les partis.

(EXTRAIT)

Attention aux « a priori » sur l’issue des élections. Il est connu, qu’en la matière, les sondages se trompent et que les campagnes peuvent révéler des candidats ou, au contraire, en disqualifier d’autres. Là encore, soyez agnostique, pas de favoritisme, chaque camp, chaque candidat est intéressant et doit être au cœur de votre démarche.

Au moment ou j’écris ces lignes (été 2016), tout est possible et en même temps certaines affirmations bien senties circulent, les commentateurs ont tous leur avis sur l’issue des primaires voire des élections de 2017, mais le chemin est encore long et en politique tout est toujours possible, de multiples éléments peuvent intervenir pour renforcer un candidat ou, au contraire, en disqualifier un autre…

Qui aurait pu prévoir le 13 mai 2011 (veille du début de « l’affaire ») que Dominique Strauss Kahn ne serait pas en mesure d’être candidat à la primaire socialiste en vue de l’élection présidentielle de 2012 ? Qui avait prévu l’absence de Lionel Jospin au second tour en 2002 ? Qui prévoyait en 1994, qu’Edouard Balladur ferait un si piètre candidat en 1995 ? Ce ne sont que quelques péripéties d’élections présidentielles récentes, mais chacun de ces rendez-vous nous a réservé des surprises depuis la création de la Vème République.

À droite, en 2016, certains sont convaincus que Nicolas Sarkozy sera le candidat des Républicains, qu’il gagnera les primaires haut la main et qu’il l’emportera sur un François Hollande qu’ils estiment discrédité et forcément hors-jeu. Les sondages leur donnent d’ailleurs raison sur le second point, puisque le Président de la République sortant est classé battu dès le premier tour dans toutes les estimations.

D’autres voient Alain Juppé comme le seul recours possible à droite, et parfois à gauche, il est aujourd’hui « en phase » avec l’opinion et les sondages le portent haut pour la primaire, puis pour l’élection présidentielle, même si certains d’entre eux pointaient avant l’été 2016 une petite baisse et une remontée de Nicolas Sarkozy.

Marine Le Pen apparaît en embuscade pour troubler le premier tour et éliminer l’un des représentants des deux partis de gouvernement.

Jean-Luc Mélenchon ne cesse de progresser dans les intentions de vote.

Mais qu’en sera-t-il vraiment à l’arrivée ? Nul ne peut le dire. Les élections sont très ouvertes et jusqu’au dernier moment les électeurs feront bouger les lignes et leurs intentions pour les figer dans le secret de l’isoloir.

Ne pariez donc pas sur un candidat plutôt qu’un autre, jouez les tous gagnants. L’un d’eux l’emportera forcément.

Dans mon approche, je vais beaucoup plus loin. Je vous invite à considérer tous les candidats aux primaires, toutes celles et tous ceux, qui, dans la majorité ou l’opposition, font entendre leur voix fusse-t-elle dissonante. Chacun pèsera le moment venu et les arbitrages qui permettront tel ou tel ralliement de dernière minute sont loin d’être arrêtés. Vous n’avez aucune raison de vous couper d’interlocuteurs qui pourraient peser, même de façon inattendue, dans le débat et permettre à vos propositions de prospérer.

Le travail que vous initiez pour ces présidentielles doit s’opérer de façon extrêmement rigoureuse, méticuleuse et systémique, aucun candidat, ne doit être oublié. Tout est possible.

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