Les chiffres de la semaine

300

L’OCDE vient de publier un rapport qui met en lumière le poids économique de la contrefaçon et des produits piratés. Avec 300 milliards d’euros, leurs échanges ont représenté en 2013, selon ce rapport, 2,5% du commerce mondial. La Chine reste le premier fournisseur des contrefaçons, 60% des produits saisis entre 2011 et 2013 étaient d’origine chinoise, la Turquie avec 3,3% des produits saisis est donc largement distancée. Internet est un outil extraordinaire pour le développement du business des contrefacteurs qui privilégient l’envoi de leurs produits piratés par la poste. Les Etats-Unis sont les premières victimes, ils devancent l’Italie et la France. Les produits contrefaits sont divers, l’électronique le luxe, les médicaments, les cigarettes mais également les aliments sont touchés.

8,99

Netflix l’avait prévu, Amazon lui déclare la guerre. Le géant américain lance aux Etats-Unis son offre de streaming Prime video à 8,99 dollars par mois, soit un dollar de moins que Netflix. Certes, Netflix propose une offre basique à 7,99 dollars mais sans la HD et, surtout, le mode offline, proposé par Amazon. La compagnie de Jeff Bezos a investit 3 milliards de dollars dans les contenus en 2015 contre 4 milliards pour Netflix. Les offres sur internet se multiplient et viennent de plus en plus concurrencer les acteurs traditionnels de la télévision.

3

Google affirme avoir reversé 3 milliards de dollars à l’industrie musicale en dix ans. Insuffisant lui rétorque Bruxelles qui enjoint You Tube de mieux rémunérer les acteurs de la filière. La plateforme s’est imposée comme la première offre musicale au monde mais elle ne rémunère pas assez les ayants droits du disque qui finissent par s’agacer. En effet, les offres de streaming sont en pleine expansion et, désormais, les industriels du disque peuvent comparer ce que leur rapporte leurs 68 millions d’abonnés payants à travers le monde avec les revenus provenant du milliard de visiteurs de You Tube. Or, le compte n’y est pas. C’est en tout cas ce que relève le commissaire européen chargé du marché unique numérique. La Commission devrait rendre public d’ici le mois de juin son projet pour les nouvelles règles européennes et elle devrait également proposer de légiférer d’ici la fin de l’année.

59

Un sondage européen inédit réalisé par TNS révèle que 59% des Français ne sont pas pour le Brexit, c’est à dire le fait que le Royaume-Uni quitte l’Europe. Réalisé dans 5 pays européens ce sondage montre également que tous les européens restent attachés à une Europe unie : 78% des Allemands, 67% des Espagnol et 54% des Polonais. On est moins surpris d’apprendre que, finalement, c’est en Grande-Bretagne que les pro et anti européens se talonnent le plus : 38% des Anglais souhaitent rester dans l’Europe, 34% sont contre, les 28% d’indécis devraient trancher lors du référendum prévu pour le 23 juin. Cette enquête est réalisée pour Le Figaro-LCI-RTL par TNS (source Le Figaro du 20 avril 2016).

3

Medef durcit le ton sur la loi travail. Pierre Gattaz vient d’adresser au gouvernement un ultimatum pour dire le ras-le-bol des chefs d’entreprise face au durcissement du texte avant son passage au Parlement. Lors de sa conférence de presse du mardi 19 avril, Pierre Gattaz a donc donné trois semaines au gouvernement pour proposer un texte plus attentif aux préoccupations du monde de l’entreprise. Si le texte n’est pas remis à plat d’ici le 9 mai, alors le Medef pourrait appeler au retrait pur et simple du texte de Madame El Khomri. La nouvelle posture de Pierre Gattaz fait écho aux fortes tensions qui traversent l’organisation patronale, sa base supporte de plus en plus difficilement les stigmatisations dont elle s’estime victime.

1,5

L’association pour une démocratie directe estime que l’indemnité représentative des frais de mandat (IRFM) des parlementaires et les indemnités versées aux parlementaires ayant des fonctions spéciales dans les Assemblées seraient illégales. Elle a donc adressé un courrier au président de l’Assemblée Nationale et à celui du Sénat pour réclamer rien de moins que leur suppression. Certains journaux n’ont pas hésité à faire leurs titres sur cette « affaire » en calculant que 1,5 millions d’euros seraient ainsi illégitimement perçus par les parlementaires chaque année. C’est aller vite en besogne. La situation est moins tranchée, en effet, si les bases juridiques de ces indemnités ne sont pas forcément posées clairement, celles-ci ne sont pas pour autant interdites. En tout état de cause, le coût de notre démocratie est une nouvelle fois posé, la polémique montre également à quel point la défiance à l’égard du politique est grande. Ce n’est pas une bonne chose pour le fonctionnement de nos institutions.