Les chiffres de la semaine

100

Anne Hidalgo, qui n’est pas tendre avec Emmanuel Macron, entend bien continuer de s’imposer à gauche et elle s’appuie pour cela sur son mandat de Maire de Paris. Elle a fait voter un budget de 100 millions d’euros consacrés à la démocratie participative. Elle entend faire de Paris un laboratoire de la démocratie participative et, sans doute, du renouveau de la gauche de la gauche. La méthode de gouvernance de la Maire de Paris est plus équilibrée et consensuelle que son image publique, c’est en tout cas ce qu’affirment ses soutiens dans Le Monde du mardi 12 avril. Il s’avère que ses contempteurs sont issus du monde de l’entreprise et saluent ses efforts pour créer de l’emploi dans la capitale. Si elle ne revendique encore aucune ambition élyséenne, Anne Hidalgo semble se préparer à assurer la relève de ses aînés. Cette démarche s’inscrirait dans la perspective de 2022, au grand damne de certains frondeurs dont Le Monde rapporte qu’ils auraient récemment pousser sa porte pour « sonder ses intentions » pour 2017. Sans succès.

5,1

Pole Emploi livre son enquête annuelle sur « les besoins de main d’oeuvre » réalisée auprès de 430.000 entreprises et elle surprend. Si le chômage est au plus haut, les intentions d’embauche des entreprises bondissent de 5,1% sur un an pour atteindre 1,83 million… À côté de ce chiffre impressionnant qui pourrait susciter un mouvement d’optimisme bienvenu, il convient de noter que les contrats courts gonflent les intentions d’embauche et, surtout, que les emplois saisonniers sont plus dynamiques que les contrats durables. 70% des intentions d’embauche concernent des PME de moins de 50 salariés. Le secteur des services continue de tirer le marché de l’emploi, il représente 40% des intentions d’embauche. Enfin, il faut noter le rebond prévisionnel de la construction qui voit ses intentions d’embauche croitre de 12% en 2016 contre une baisse de plus de 10% en 2015.

7

François Fillon frappe fort avec ses propositions pour le travail indépendant. Le candidat à la primaire de la droite s’est fixé pour objectif d’atteindre un niveau de chômage de 7% en France à l’issue de son quinquennat. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy place la barre haut puisqu’il ambitionne d’imposer la France comme première puissance européenne en dix ans. Outre une réécriture du Code du travail, déjà annoncée, François Fillon mise sur les auto-entrepreneurs, un statut créé par son ancien ministre Hervé Novelli, lui-même chef d’entreprise. L’idée est de créer un statut totalement sécurisé d’auto-entrepreneur qui permettra aux entreprises de faire appel à des compétences externes sans craindre une requalification en contrat salarié. Une forme de contournement des lourdeurs qui pèsent encore sur l’embauche des salariés. Plusieurs dispositifs accompagneraient cette petite révolution : hausse de 50% des plafonds de chiffre d’affaires pour les autoentrepreneurs, réforme des qualifications nécessaires pour exercer certaines professions, extension du régime aux mineurs dès 16 ans, suppression du RSI…

1,1

Le gouvernement serait-il trop optimiste dans ses perspectives de croissance pour 2016 et 2017 ? Il mise sur une croissance pour cette année de 1,5% et même s’il estime faire preuve de prudence avec ce taux, Bruxelles penche plutôt pour une croissance de 1,3% pour la France en 2016. C’est le FMI qui refroidit toutes les espérances, il vient de revoir une fois de plus ses prévisions à la baisse et il estime que la France ne dépassera pas 1,1% en 2016 et 1,3% en 2017. Des prévisions lourdes de conséquences puisque c’est l’ensemble de l’équilibre budgétaire qui serait remis en question si le FMI était dans le vrai. Une perspective d’autant plus préoccupante que le FMI place la France dans le camp des mauvais élèves de l’Europe avec une croissance faible et en dessous de celle de la zone qui serait de 1,5% avec 2,6% pour l’Espagne et 1,5% pour l’Allemagne.

44,2

Bercy vient de lancer la campagne de l’impôt 2016, l’occasion pour Michel Sapin d’annoncer un reflux des prélèvements obligatoires qui passent de 44,5% du PIB à 44,2%. Ce taux avait atteint un record de 44,9% en 2014, son plus haut niveau depuis 50 ans ! Une occasion de rappeler que la France reste l’un des pays d’Europe ou le poids des prélèvements obligatoires sur le PIB est l’un des plus élevés avec 48,5% pour un célibataire selon l’OCDE (source Les Echos).

10

Le député René Dosière ne décolère pas. Il vient d’obtenir, après 17 mois d’attente, la réponse du ministère de l’Intérieur à sa question écrite sur le coût réel des dispositifs de sécurité mis à la disposition des anciens présidents de la République et nous ne sommes pas déçus. Le député a publié sur son blog une réactualisation du coût annuel des anciens présidents de la République, il atteint près de 10 millions d’euros, 9,6 millions précise-t-il. Ce nouveau calcul alourdit donc de 3,4 millions la précédente estimation qui ne datait pourtant que de janvier 2015 et qui s’élevait déjà à 6,2 millions d’euros annuels. Le classement reste le même est Valéry Giscard d’Estaing reste l’ancien président le plus coûteux pour la République avec 3,9 millions, mais cette somme englobe la protection de ses propriétés. Or, René Dosière a isolé la protection rapprochée de chacun des anciens chefs de l’Etat et si l’on s’en tient à ce seul périmètre alors Nicolas Sarkozy est le plus coîteix à protéger avec 743.318 Euros par an contre 346.695 pour Valéry Giscard d’Estaing et 277.356 pour Jacques Chirac.