L’entreprise, enjeu de la présidentielle 

Que les entrepreneurs se le disent, ils constitueront un enjeu majeur de la présidentielle de 2017. Les candidats devraient multiplier les propositions pour créer une dynamique économique susceptible de permettre à la France de renouer avec la reprise et casser la spirale infernale du chômage. Une opportunité à saisir.

La campagne de la présidentielle démarre fort pour le monde de l’entreprise qui est placé au centre du jeu par les candidats à la primaire de la droite et du centre. Ainsi, dans sa contre-offensive lancée avec son ouvrage « La France pour la vie », vendu à près de 70.000 exemplaires dès la première semaine, Nicolas Sarkozy a présenté ses propositions économiques dans une longue interview aux Échos, vendredi 5 février. Celles d’Alain Juppé sont attendues pour le mois de mars.

L’ancien président axe sa stratégie économique autour d’un triptyque « baisse des impôts, réduction de la dépense publique et réforme des règles » qu’il souhaite actionner dès les premiers mois de son quinquennat. Il ferait voter dès l’été 2017 un dispositif de « contre-choc fiscal » de baisse d’impôts et de réduction des charges sociales pour un montant de 25 milliards d’euros. Le crédit impôt  compétitivité et emploi (CICE), qualifié « d’usine à gaz », serait transformé en baisses de charges patronales. Il ajouterait une diminution du coût du travail pour un montant de 13 milliards par le passage à zéro charge pour le SMIC, la sortie des 35 heures et la relance des emplois à domicile. Enfin, l’ISF et le compte pénibilité seraient supprimés.

Nicolas Sarkozy annonce également une réforme du régime des retraites et un passage de l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans. il estime en effet, que les propositions de ses concurrents à la primaire de la droite et du centre, de reculer à 65 ans le départ à la retraite sont trop radicales pour obtenir un consensus.

Cette salve de propositions, concrètes, chiffrées et datées annonce une vague de réformes  qui sont très attendues par les chefs d’entreprise. Ceux-ci devraient donc profiter de cette période pour porter leurs propositions et obtenir des engagements dans le cadre de la campagne.

Le défi pour le monde de l’entreprise est de faire respecter les promesses après les législatives de 2017, pour cela il faut s’engager dans une véritable démarche de conviction et de projet auprès des différents candidats (voir notre Cahier Expert «Présidentielle : 10 conseils pratiques pour faire entendre la voix des entrepreneurs»).