L’auto-lobbying des parlementaires européens

Les parlementaires se sont octroyés une augmentation de 7% de leur budget « assistants » sans que l’on voit vraiment l’intérêt d’une telle démarche.

Cette décision d’augmenter l’enveloppe « assistants parlementaires » des députés européens surprend dans une ambiance de rigueur budgétaire imposée, précisément, par Bruxelles, à ses États membres. Les militants de cette hausse expliquent que leur niveau d’expertise serait insuffisant face aux puissants lobbies auxquels ils sont confrontés chaque jour.

On retrouve le confortable leitmotiv de certains parlementaires européens toujours pressés de critiquer les entreprises et de dénoncer de pseudos-lobbies ultra puissants. Une défiance à l’égard du monde de l’entreprise bien surprenante et qui cache mal la volonté de certains élus européens de procéder à un auto-lobbying bien pratique mais coûteux pour les finances publiques.

Ils oublient, en effet, de préciser qu’ils disposent déjà d’un nombre confortable de collaborateurs personnels en plus des 6000 fonctionnaires à leur service, dont le métier est précisément de maîtriser parfaitement les enjeux européens, sans parler des crédits des commissions et missions d’études spécifiques.

Les véritables motivations de cette hausse des crédits « assistants » se trouvent sans doute ailleurs, car elle ne représente « que » 1500 € par député, pas de quoi embaucher, dans une ville comme Bruxelles, un « expert » capable de tenir tête aux lobbies…

Cette augmentation intervient en outre au moment où une enquête interne sur l’utilisation réelle des assistants européens est en cours et pourrait aboutir à des poursuites judiciaires. Outre, le FN, des députés de nombreuses autres nationalités seraient également concernés, selon une enquête interne.