Présidentielle : la primaire de la gauche s’organise

La présidentielle se prépare activement et la primaire de la gauche s’organise avec ses candidats, des fonds et un Président de la République plus candidat que jamais. Certains publient son bilan critique, d’autres défendent un duel avec Nicolas Sarkozy, quand quelques-uns, plus rares, restent convaincu qu’Emmanuel Macron finira pas rentrer au bercail.

Où en sont les promesses de « Moi, Président » ?

Intéressant et minutieux travail que celui de trois journalistes de l’AFP, du Monde et de France Télévision au travers de leur site internet www.luipresident.fr lancé après l’élection de François Hollande afin de suivre les promesses électorales du candidat Hollande. Ils ont mis en place un système de notation clair et précis qui permet rapidement de situer l’état d’engagement des 60 promesses de François Hollande. Le site devient un livre, « Lui, Président » publié chez Armand Colin. Il regroupe, outre les analyses des trois journalistes, renforcés par des étudiants de l’ESJ de Lille, les témoignages d’observateurs et d’élus de droite et de gauche qui livrent leur propre état des lieux.

La primaire de la gauche a du succès

Le PS est au moins en passe de réussir sa primaire si on en croit le nombre croissant de candidats. Nous en sommes déjà à six ! Marie-Noëlle Lienemann, Benoît Hamon, Gérard Filoche, les écologistes François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias sont désormais challengés par Arnaud Montebourg. Ce dernier a finalement été convaincu par les conditions d’organisation, sans doute également par la prime de 50.000 € versée par le PS à chaque candidat. Il n’en reste pas moins que cette primaire inédite pourrait offrir l’étrange spectacle d’un Parti socialiste qui va débattre jusqu’au 29 janvier 2017, date du second tour, du piètre bilan de son Président de la République sortant, avant de se réunir, si tout va bien, pour défendre bilan et programme face aux Français…

Une primaire sous haute surveillance

Les conditions d’organisation de la primaire de la gauche qui se déroulera les 22 et 29 janvier 2017 ont été décidées sous haute tension. C’est un proche d’Arnaud Montebourg qui a la lourde mission de veiller au bon déroulement de la campagne et des opérations de vote. Thomas Clay est parfaitement conscient de l’enjeu et du risque, réel, de voir le processus de désignation du candidat de la gauche pour 2017, se transformer en délétère foire d’empoigne. Il s’est entouré de 11 spécialistes du droit afin que sa barque ne se transforme pas en Titanic.

Macron veut redonner confiance en la politique 

Emmanuel Macron n’est toujours pas candidat à la présidentielle. Néanmoins, et comme promis, il a commencé ses meetings de présentation de ses conclusions après la grande marche initiée au printemps. Son premier rendez-vous, à Strasbourg, a été l’occasion de poser le constat, pas très original, que les Français adorent la politique mais qu’ils sont déçus par leurs représentants. Il s’agit donc de poser les conditions nécessaires à la renaissance d’une nouvelle connexion entre les citoyens et les élus. L’ancien locataire de Bercy propose d’introduire plus de proportionnelle dans les scrutins même s’il ne sait pas encore s’il faut y aller franchement sur les sénatoriales ou parcimonie sur les législatives. Il estime que le non-cumul des mandats est une fausse bonne idée qui ne répondra pas au véritable problème du manque de renouvellement de la classe politique. Aussi, propose-t-il que chaque nomination de Ministre fasse l’objet d’un débat parlementaire. Il souhaite également que chaque année le Président de la République rende compte de son action et du respect de ses engagements devant un comité de citoyen. Enfin, Emmanuel Macron plaide pour un service public délégué à des acteurs privés chaque fois que cela sera possible.

Ce n’est plus possible !

Voilà donc le mantra d’Emmanuel Macron pour installer doucement mais surement la légitimité de sa candidature à la présidentielle. Il a martelé tout au long de son meeting du 4 octobre son slogan « ce n’est plus possible ! » pour mieux dénoncer Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et même François Hollande. L’ancien titulaire de Bercy ne semble pas vouloir un clivage gauche-droite mais plutôt séduire ceux qui ne font plus confiance au système et aux vieux routiers de la politique. Une méthode qui pourrait se rapprocher des extrêmes sauf que les thématiques ne sont pas les mêmes. Sans doute est-ce la raison pour laquelle il est désormais qualifié de « populiste » par ses adversaires, qu’ils soient de droite ou de gauche.

Duel Sarkozy-Hollande contrarié

L’Elysée fait en sorte de mettre en avant l’ancien Chef de l’Etat chaque fois que cela est possible. Avion présidentiel pour les obsèques de Shimon Peres, commémorations autour des attentats, discours officiels, que ce soit par la critique ou par le rapprochement physique, tout est fait pour installer l’idée que les deux finalistes de 2012 se retrouveront face à face en 2017. Sauf que ni l’un ni l’autre ne semble voir cette image se concrétiser dans les intentions de vote. Au final, le duel que l’on essaie de nous vendre et l’image qui est mise en scène est plutôt un résumé de ce que les Français ne veulent plus.

Macron est « rattrapable »

Macron ne serait pas perdu pour certains proches de François Hollande, dont Ségolène Royal. Cela semble incroyable, mais des proches du Président de la République imaginent encore possible un ralliement d’Emmanuel Macron à la candidature de François Hollande. Selon eux, la situation pourrait se décanter après la primaire de la droite, c’est à dire au début du mois de décembre, lorsque le moment sera venu pour François Hollande de rendre officielle sa candidature à la primaire de la gauche.

 

Dates clés de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire d’EELV est prévue le 19 octobre et le 6 novembre (second tour), celle de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.