La France frappée en plein coeur

La France a été frappée en plein coeur, vendredi soir, avec une violence et une barbarie qui nous ont tous sidérés. Pourtant, il faut continuer, poursuivre nos activités, résister à la tentation du repli. Nous devons également tirer les conséquences de ce drame.

Des Français, innocents et sans défense, ont été lâchement assassinés. Des compatriotes qui entamaient leur week end, partageaient un moment de convivialité et, sans doute, de bonheur. Nous sommes tous visés, tous menacés. C’est une guerre, sans merci. Aujourd’hui, je pense aux victimes, à leurs familles qui ont été foudroyées par une folie meurtrière dont la haine est le moteur.

Dès samedi, de nombreux Français ont souhaité investir les rues et les places symboliques de notre pays afin de rendre hommage aux victimes et d’envoyer comme un signe de défi aux terroristes. Même touchée en plein coeur, la France reste debout et porte haut ses valeurs.

Ce week end, pourtant, notre pays a basculé dans l’état d’urgence, il va devoir s’habituer à des mesures d’exception, pendant une durée indéterminée mais sans doute assez prolongée. Ce ne sont pas quelques bombes qui viendront à bout de cette barbarie.

La perception des enjeux, la gestion de la politique étrangère, les mesures à déployer pour combattre le terrorisme, devront être réévaluées. Des annonces concrètes seront vraisemblablement faites par François Hollande devant le parlement réunit en Congrès ce lundi à 16 heures.

Le Président de la République a immédiatement pris la mesure de la situation. Presque tous les chefs de l’opposition ont fait part de la nécessaire unité en pareilles circonstances. Cette union est néanmoins fragile, et notre pays est désormais dans une période au cours de laquelle beaucoup d’équilibres politiques peuvent évoluer, en fonction des attitudes des uns et des autres et de la réaction des Français.

Les incidents, en marge de certains cortèges d’hommage aux victimes samedi et dimanche, s’ils sont passés inaperçus, montrent néanmoins que des extrémistes s’apprêtent déjà à profiter de l’apparente faiblesse de notre démocratie attaquée.

C’est dire la pression qui pèse sur le Président de la République. Au delà des mots, ce sont des mesures concrètes, fortes et visibles qui sont attendues par les Français.

Mathieu Quétel, président de Sountsou