La filière bio fait reculer le ministre

Contre toute attente, Stéphane Le Foll a annoncé le 7 mars une baisse de 25% des aides prévues pour les agriculteurs bio pour 2014. 

Cette décision était d’autant moins attendue que le gouvernement avait annoncé son souhait d’accompagner le développement de l’agriculture bio en France. Il y a six semaines, il confirmait même un objectif de doublement des surfaces cultivées à l’horizon 2017.

Face à la mobilisation de la Fédération nationale de l’agriculture biologique, le ministre a finalement fait machine arrière et confirmé que les aides complémentaires seraient bien versées dans le courant de l’été prochain. Son ministère s’est dit surpris par l’augmentation du nombre d’exploitations bio, les crédits initialement prévus pour 2014 auraient été insuffisants pour faire face à ce développement de la filière. Entre 2013 et 2014, le nombre d’exploitation a augmenté de 4% pour une progression de 3,8% des hectares exploités en culture biologique.

Le gouvernement annonce avoir cette fois tout prévu, notamment avec une mobilisation substantielles de crédits européens qui devraient s’élever en moyenne à 160 millions par an entre 2015 et 2020 avec un objectif de 180 millions en 2020. Néanmoins, une source d’inquiétudes persiste pour la filière, le transfert aux régions de la gestion de ces aides dans le cadre de la réforme de la politique agricole commune.

Cette passe d’armes entre gouvernement et filière bio démontre, une fois de plus, à quel point les relations institutionnelles sont centrales dans nos économies. Expliquer, convaincre et accompagner la décision publique permet de créer de la valeur… Ou de la sauver.