Grèce, reprise et conséquences…

Bruno Le Maire, invité du Talk « Le Figaro », le 30 juin

« Depuis des mois, je réclame l’union de la droite et du centre, c’est très bien que nous ayons eu un accord national entre les Républicains et l’UDI. » (…) «  Une gauche qui s’effondre et qui n’a aucun projet à proposer au pays et une extrême droite qui emmène le pays droit dans le mur avec ses illusions… » 

Jean-Michel Six, Chef économiste Europe chez Standard & Poors, sur la gestion de la dette de la Grèce, dans Les Echos du 1er juillet

« Mettre un moratoire sur la dette, c’est-à-dire accorder une vacance dans laquelle il n’y a plus de paiement d’intérêts et de remboursement du capital sur une longue période, en échange d’un plan de développement, ne me paraît pas absurde. Ce plan devrait être négocié avec la Banque mondiale et non le FMI, car la situation de la Grèce est celle d’un pays émergent cherchant à retrouver un modèle de croissance. »

Alexandra Estiot, Economiste à BNP Paribas, au sujet de la croissance américaine, dans le mensuel Capital du mois de juillet

« Malheureusement, les Etats-Unis sont aujourd’hui dans une croissance molle. Contrairement à ce qui s’est toujours produit après les crises précédentes, l’effet de rattrapage reste en effet assez modeste : l’activité a progressé de 2,2% en moyenne chaque année entre 2010 et 2014, contre 2,9% entre 2002 et 2006. Résultat : l’écart avec la croissance potentielle demeure encore énorme (2,5%), et le taux d’emploi des Américains très en deçà de son niveau d’avant la crise (59,4%, contre 63%). Par ailleurs, du fait de la politique monétaire – la FED devrait relever ses taux d’intérêt d’ici la fin 2015 – le dollar a peu de chances de baisser. Les capacités de rebond de l’économie sont donc limitées, et les Etats-Unis, moteur de la croissance mondiale, vont moins importer. Il va falloir que les Européens s’y fassent. »

Philippe Martinez, Secrétaire général de la CGT, au sujet du plan Valls pour les PME, dans Les Echos du 30 juin

« Ce n’est pas en tirant le droit des salariés vers le bas qu’on va aider les PME. La priorité est de repenser leurs liens avec les donneurs d’ordre. Aujourd’hui, les entreprises du CAC 40 ont un quasi-droit de vie ou de mort sur les sous-traitants. Plutôt que de les étrangler, il faut resserrer les échanges, créer des comités interentreprises, mutualiser les moyens, sur la formation professionnelle notamment. Pierre Gattaz se plaint tout le temps de ne pas trouver de soudeurs. Eh bien, que Radiall aide les PME à en former et il n’aura plus de problème ! Idem pour les apprentis : les grandes entreprises n’embauchent que 30% de ceux qu’elles forment. Organisons-nous pour que les 70% restants soient recasés dans les PME partenaires plutôt qu’envoyés à Pôle Emploi. »

Denis Kessler, PDG de Scor, au sujet des effets possibles de la reprise sur la dette des Etats et l’action des banques centrales, dans Le Figaro du 4 juillet

« Elles ont réussi à éteindre l’incendie violent de 2008, ce qui est une vraie réussite. Mais leurs politiques de QE (« quantitative easing ») ont duré trop longtemps. C’est le problème des personnes sous perfusions prolongées : on ne sait pas si le malade saura ensuite s’en passer. Certains États qui n’ont pas saisi cette opportunité historique pour entreprendre de vraies réformes structurelles, mais ont au contraire dilapidé les bénéfices de cette période de taux bas pour financer leurs dépenses courantes, sauront-ils s’en passer ? Je n’en suis pas sûr… Ces États trouveront devant eux les mêmes problèmes que ceux qu’ils avaient avant les injections massives de liquidités puisqu’ils n’ont pas été capables de reconstituer des marges de manoeuvre. La hausse des taux pèsera sur les budgets publics et sur les entreprises. Quant aux banques centrales, elles vont se retrouver dans la situation des pompiers… qui auraient largement vidé leurs citernes : elles ne pourront plus utiliser l’arme du QE si une nouvelle crise devait survenir. Car il ne faut pas exclure la probabilité de nouveaux chocs – de nature géopolitique notamment. Les fins de crise – et celle-ci n’échappe pas à la règle – sont toujours marquées par une montée des populismes, des protectionnismes et des patriotismes, avec tous les dangers que cela implique. »

Michel Barnier, sur la situation de la Grèce, dans l’Express daté du 1er juillet

« La Grèce était le pays le plus fragile, le moins compétitif. Elle avait maquillé ses comptes pour entrer dans la zone euro. Ces faiblesses n’ont pas été corrigées après son entrée dans l’euro, faute d’efforts des gouvernements grecs, de la volonté politique au sein de l’Eurogroupe, et aussi de règles vraiment efficaces pour corriger les déséquilibres budgétaires et une perte de compétitivité continue. Elle a donc subi plus fortement la crise. L’objet de la négociation avec ses partenaires, c’était pour la Grèce l’obligation de respecter enfin « le règlement de copropriété », de diminuer ses déficits, de renforcer sa  compétitivité par des réformes. Il ne s’agissait pas de négocier pour divorcer, mais pour rester ensemble sur de bonnes bases. Je trouve stupéfiant que certains, en France, encouragent la Grèce, pour sortir de l’austérité, à quitter le zone euro et à continuer à s’endetter ! C’est insensé pour la Grèce, jetée alors dans les mains des spéculateurs et pour l’Europe elle-même, même si cela ne mettrait pas forcément en péril l’euro, comme on le craignait en 2010. Le projet européen demeure le plus beau projet politique, un projet de paix, de stabilité, de démocratie, le seul à l’échelle d’un continent dans le monde d’aujourd’hui. »

Pascal Lamy, sur les conséquences de la crise avec la Grèce, dans Challenges daté du 2 juillet

« Des 320 milliards d’euros de dettes publiques, 250 milliards sont avec des entités publiques, plus 60 à 80 milliards logés à la Banque centrale européenne, qui, soit dit en passant, n’a jamais cessé ses concours. Chacun sait que la Grèce ne sera jamais en état de les rembourser, mais il faut tenir compte des autres Etats européen qui, eux, ont remboursé et ne veulent pas entendre parler d’une remise de dettes. On va donc devoir inventer un mécanisme « Canada Dry » qui permettra de restructurer la dette, de la rééchelonner, voire d’en abandonner une partie, mais sans le dire. » (…) « Aux deux tiers, ce sont les Grecs, qui ont brûlé 200 milliards d’aides communautaires en trente ans, plus des concours européens depuis le début de la crise. Mais les Européens ont leur part de responsabilité, ayant d’abord préféré regarder ailleurs pendant longtemps et, ensuite, en refusant de reconnaître que la restauration des comptes publics grecs n’était pas l’alpha et l’oméga du redressement d’un pays dont les batteries sont à plat. »