Des chiffres de reprise molle…

21,9

Le chômage des jeunes est décidément un fléau. Eurostat vient de publier des chiffres inquiétants qui révèlent qu’à fin 2014, 21,9% des 15-24 ans de l’Union européenne étaient sans emploi, ce qui représente cinq millions de personnes. En outre, 31,9% des jeunes ayant un emploi sont à temps partiel contre 19,6% de l’ensemble des salariés de la zone. Une précarité qui n’est pas égale selon que l’on habite l’Allemagne, l’Espagne ou la Grèce. Ainsi, le chômage des jeunes est de 7,2% aux Pays-Bas et de 9% en Allemagne quant il atteint 50% en Espagne ou en Grèce. Quant à la France, elle ne se distingue pas par une grande réussite avec un taux catastrophique de 25,2% de jeunes au chômage. L’Europe a décidé en 2013 de mobiliser six milliards d’euros pour la période 2014-2020 pour « l’Initiative pour l’emploi des jeunes ». En 2015, 1 milliard sera débloqué afin de financer des projets pour l’emploi. Ces sommes permettront de mobiliser plus de fonds au titre du Fond social européen (FSE) en régions, huit sur vingt deux sont concernées en France contre toutes les régions d’Espagne.

2,01

C’est le point bas historique atteint en juin par le taux moyen d’emprunt immobilier en France, hors coûts d’assurances. Les renégociations de prêts profitent à plein de cette mollesse des taux de crédit immobiliers, elles ont représenté 33,82% des interventions du Crédit Logement au premier semestre 2015 contre 21,78% un an plus tôt. Mais, selon Crédit Logement/CSA, il s’agit d’une baisse en trompe l’oeil, la reprise des taux va bien se mettre en place dans les prochains mois, même si elle devrait être plutôt lente. La durée moyenne des prêts est de 210 mois et le taux d’effort, c’est à dire le rapport entre le coût global de l’acquisition et les revenus des ménages ne cesse de baisser, il était de 27,4% en 2014 contre 32,1% en 2012. Ce sont donc les primo-accédants qui semblent en mesure de bénéficier au mieux de la faiblesse des taux. Mais est-ce vraiment la réalité du marché ?

4

Les constructeurs automobiles allemands sont en passe de réaliser un gros coup qui vise à reprendre leur indépendance vis à vis de Google dans la technologie embarquée. Ils seraient sur les rangs pour racheter entre 4 milliards de dollars (selon Bloomberg) et 2,5 milliards (selon le magazine allemand Manager Magazin) le système de cartographie de Nokia, Here. BMW, le groupe Volkswagen ainsi que que Daimler se sont réunis pour rafler la mise. Une union inhabituelle voire inédite, d’autant plus que les constructeurs allemands seraient prêts à ouvrir le capital de la nouvelle Société à d’autres constructeurs automobiles. L’enjeu est de taille : il s’agit de trouver une alternative à Google Maps pour la cartographie embarquée et, en conséquence, de conserver secrètes les précieuses données des constructeurs. Les constructeurs automobiles sont donc prêts à dépasser leur concurrence féroce pour contrer les nouveaux géants du net et repousser leurs appétits dans l’automobile. Le chinois Baidu ainsi que Uber étaient également candidats pour acquérir Here, selon Bloomberg, cité par Les Echos.

120

Selon la Caisse des Dépôts, les épargnants ont retiré 120 millions du Livret A au mois de juin, ce qui représente un montant global de décollecte depuis le début de l’année de 2,55 milliards d’euros. La décision de baisser le taux de rémunération du bas de laine des Français de 1% à 0,75% risque fort d’amplifier leur désintérêt. Il s’agit en effet d’un bas historique pour le Livret A et les épargnants sont légitimement attentifs au taux facial de rémunération qui semble aujourd’hui bien peu attrayant. Néanmoins, les fortes décollectes attendues dans les prochains mois n’inquiètent pas la Caisse des Dépôts qui se sert du Livret A pour financer le logement social et la politique de la Ville, elle dispose d’un matelas constitué après le relèvement du plafond en 2012.

99

Les patrons retrouveraient-ils le moral ? En tout cas c’est ce que peut laisser penser le dernier indice publié par l’Insee qui évalue ce moral à 99 points, son plus haut niveau depuis 4 ans ! Il frise le niveau moyen de long terme qui est de 100. Dans l’industrie ce référent est déjà dépassé puisque le moral des patrons atteint 102, ce qui n’est pas le cas dans les services qui restent à 97 points, mais avec une progression de 2 points. Seul le bâtiment reste en berne avec une baisse de confiance qui se poursuit et un indice à 90 points. Ces chiffres, qui peuvent sembler iconoclastes, sont intéressants car ils mesurent la perception des dirigeants sur l’activité économique et leur confiance en l’avenir, on note donc un redressement lent et régulier. Ils traduisent bien ce qu’indiquent d’autres indices : la reprise en France est laborieuse et n’indique pas un basculement massif dans un cercle vertueux.

100

La Loi sur la transition énergétique a été adoptée en session extraordinaire du Parlement et elle prévoit un durcissement de la contribution climat-énergie (CCE) à l’horizon 2030. Cette disposition va se traduire par un passage de 22 € la tonne de CO2 à 100 € avec une étape à 56 €. Rappelons que cette taxe est intégrée dans les taxes payées pour les carburants et le fioul. Ségolène Royal, jadis opposée à « une fiscalité écologique punitive », a bien tenté d’expliquer à l’Assemblée Nationale que ces lourdes augmentations seraient accompagnées d’allègements, on ne peut que craindre que ce discours soit à classer au rang des vaines promesses. Ceci dit, les socialistes, écologistes, radicaux et centristes ont jugé positivement ce plan d’augmentation, de même au sein des Républicains, des parlementaires se sont déclarés favorables à ce renforcement de la CCE.

315

L’Europe lance un plan d’investissement de 315 milliards d’euros sur trois ans qu’elle garantira à hauteur de 16 milliards. Par cette démarche l’Europe espère relancer l’investissement dans les projets à risque, peu soutenus par les banques. Elle compte notamment sur la mobilisation des Etats membres avec leurs banques d’investissement pour accompagner la démarche. D’ores et déjà, neuf Etats se sont engagés sur 42,6 milliards, dont la France pour un montant de 8 milliards d’euros. Désormais, le secteur privé est la cible de la Banque Européenne d’Investissement, notamment les PME innovantes qui peuvent avoir besoin d’investissements pour accompagner leurs projets.

53

C’est le nombre d’articles que compte la Loi Rebsamen sur le dialogue social votée la semaine dernière. Les travaux parlementaires se sont déroulés sur six mois au cours desquels pas moins de 2078 amendements ont été étudiés pour 720 adoptés. En apparence, cette loi est donc le symbole d’un dialogue social rétablit après l’échec des négociations entre partenaires sociaux à l’hiver dernier, dont elle est le résultat. En réalité, elle accouche de multiples mesures qui ne font, dans l’ensemble, qu’alourdir un peu plus le dispositif qui pèse sur les entreprises, notamment les PME. Parmi, les « créations » les plus discutables, la commission paritaire régionale pour les moins de 11 salariés apparait comme un symbole d’incompréhension du monde de l’entreprise. Comme si le dialogue dans les petites structures pouvait être légalisé alors que, précisément, ce sont les relations humaines qui prévalent dans les TPE et les PME, à moins bien entendu de considérer tous les patrons comme des voyous en puissance, message assez largement répandu, il est vrai, en France. Lisez la tribune des Company Doctors « remettre le salarié au centre du dialogue social » parue dans Les Echos.

791.500

C’est le nombre, record, de téléspectateurs qui regardent régulièrement la chaîne de télévision locale GrandLille TV, soit une progression de 5,8% sur un an, selon l’étude Médiamétrie, synthèse TV locales – vague septembre 2014 – juin 2015. Toujours selon la même étude, la chaîne progresse de 52% sur son audience quotidienne avec 80.400 personnes qui déclarent la regarder tous les jours, un résultat qui en fait la première chaîne locale de sa zone de diffusion. Ces résultats viennent valider la stratégie originale et offensive du créateur de GrandLille TV, Bruno Lecluse, qui a fait le pari d’une chaîne locale tout info, loin des rediffusions de vieux programmes des chaines historiques, qui ont creusé la tombe des autres télés locales en France. Il propose un flash d’information complet tous les 1/4 d’heures avec de la météo et des informations pratiques, chaque soir, le dernier match du LOSC est également diffusé en intégral. Cette recherche de la proximité paie visiblement puisque les projets de développement de la chaîne sont nombreux, même si, pour le moment, le CSA peine, étrangement, à leur réserver une oreille attentive.

1.600.000.000

La Loi Macron continue de dérouler ses effets, et les procédures de privatisation des aéroports de Nice et Lyon vont bientôt être engagées. L’aéroport de Nice est évalué à 1,6 milliards d’euros, celui de Lyon à 1 milliard, l’Etat détient 60% des deux entités. C’est cette part de l’Etat qui sera proposée au marché, sans doute à l’automne prochain. Les prétendants sont d’ores et déjà nombreux : Vinci, Aéroports de Paris, la Caisse des Dépôts, des fonds d’investissements etc. La cession de l’aéroport de Toulouse au fond chinois Symbiose en 2014 s’est opérée dans une ambiance houleuse qui pourrait également être de mise à Nice. Christian Estrosi, le bouillonnant Maire de la Baie des Anges a organisé un référendum sur cette privatisation auquel les Niçois ont répondu sans ambiguité non à 97,5%… Du côté de Lyon, l’atmosphère semble plus tournée vers le business avec une ambition de faire de Saint-Exupéry un hub international afin de soutenir le développement économique de la région. Les collectivités locales et chambres de commerce vont poser leurs cahiers des charges qui seront soumis aux candidats aux appels d’offres.

23

Un chiffre qui continue de secouer le paysage audiovisuel Français. La cession de la chaîne Numéro 23 à NextRadioTV rencontre de fortes résistances que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel est contraint de prendre en considération. Le CSA, a donc engagé une procédure de sanction à l’égard de la chaîne pour non-respect de ses engagements, puis demandé au Rapporteur indépendant de rendre des conclusions sur ses investigations, une démarche qui retarde l’instruction du projet de cession pourtant engagé depuis plusieurs mois. Cette cession a mis en avant toute une série de faits de nature à jeter le trouble sur le projet de Numéro 23, le comportement de ses dirigeants ainsi que les conditions mêmes de l’attribution de sa fréquence en 2012. Tout est réuni dans ce dossier : connivences politiques, investisseurs étrangers, millions d’euros qui volent en escadrille, pacte d’actionnaires secret… Après avoir entendu le 22 juillet le Rapporteur indépendant ainsi que les dirigeants de Numéro 23, accompagnés de leur avocat, les membres du CSA ont décidé en réunion plénière du 23 juillet de demander au Rapporteur un complément d’instruction à leur remettre le 16 septembre. La cession est donc encore retardée alors que le CSA a également sur le feu les deux demandes de passage en TNT gratuite de Paris Première et LCI, autres sujets épineux qui lui ont été renvoyés après que le Conseil d’Etat ait estimé que les premières décisions du CSA étaient entachées d’erreurs de procédures.