Des avis sur les PME, l’économie et la loi Macron…

Cette semaine, on parle du plan Valls pour les PME, du contrat de travail, du lobbying des start up de la finance, des Républicains, de la loi Macron et de la mutation numérique des entreprises.

Stéphane Carcillo, économiste à l’OCDE, juge les mesures du plan Valls pour l’emploi dans les TPE-PME, dans Les Échos daté du 10 juin

« Elles ne sont pas révolutionnaires mais vont globalement dans le bon sens, sur le volet sécurisation des contrats de travail comme sur celui de l’incitation à l’embauche. La réforme des indemnités de licenciement aux prud’hommes, en particulier, peut avoir un vrai effet psychologique et la souplesse apportée sur le renouvellement des CDD peut jouer favorablement en période de reprise. L’assouplissement des accords de maintien dans l’emploi est aussi un vrai progrès, même s’il ne faut pas oublier que c’est avant tout un outil pour les plus grandes entreprises. Il reste toutefois difficile d’anticiper l’effet final sur l’emploi, qui dépendra aussi beaucoup des modalités précises de mises en oeuvre. Sur les prud’hommes par exemple, l’écart est élevé entre le plancher et le plafond fixés, mais où tombera à l’arrivée le point focal ?»

Catherine Morin-Dessailly, suite à la suppression de son amendement visant la cession de la chaîne Numéro 23, cédée 88,5 millions d’euros par son fondateur, citée par l’Express.fr

« Pour mettre un terme à ce type de spéculation concernant une ressource publique rare, le Sénat a adopté – sur initiative de la Présidente de la Commission de la Culture, de l’Education et de la Communication et contre l’avis du ministre Emmanuel Macron – un amendement à la loi pour la croissance et l’activité prévoyant le quadruplement – en la portant de 5% à 20 % – de la taxe portant sur la vente de chaînes de la TNT, lorsqu’elle intervient dans les cinq premières années de son autorisation » (…) « Hier, la commission spéciale chargée d’examiner ce texte en nouvelle lecture à l’Assemblée nationale a décidé de supprimer cette disposition, ce qui revient dans les faits à avaliser les conditions de vente de Numéro 23 » (…) « Il est encore temps pour la majorité de revenir sur ce choix d’ici le débat en séance publique à l’Assemblée nationale et de maintenir le quadruplement de la taxe adoptée par le Sénat. Dans le cas contraire, la gauche devra assumer face aux Français d’avoir entériné des pratiques parmi les plus discutables du « monde de la finance» favorisant, qui plus est, l’enrichissement de personnalités réputées proches des cercles actuels du pouvoir. »

Pierre Gattaz, président du MEDEF, sur la réforme du contrat de travail, dans Les Échos, le 9 juin

« C’est le sujet fondamental pour le pays : la flexibilité du marché du travail. Ce diagnostic est établi depuis des années, tous les économistes et organismes internationaux le disent. Il faut créer des CDI sécurisés, assouplir le recours au CDD ou encore faciliter l’accès des chômeurs de longue aux contrats de professionnalisation. Nous avons besoin d’un changement culturel profond. Il faut sortir du cercle infernal « suspicion, contraintes, contrôles, sanctions » qui régit le rapport aux entreprises pour aller vers une culture de confiance et d’incitation. L’exécutif doit le comprendre et arrêter de nous remettre tout le temps des contraintes. Qu’il s’occupe plutôt de réduire les dépenses publiques, qui atteignent 57% de notre PIB contre 44% en Allemagne ! C’est une question vitale et c’est cela qu’on attend de lui. »

Jacques Aschenbroich, directeur général de Valeo, sur le véhicule autonome, dans Le Figaro du 13 juin

« Nous n’avons pas peur de Google, Valeo dispose aujourd’hui des meilleurs yeux du marché de la voiture autonome. Nos logiciels d’intelligence artificielle sont au même niveau que ceux des entreprises de technologie. Quels que soient nos clients, constructeurs ou géants de la technologie, ils auront besoin de nous »

Jean-Vincent Placé, au sujet des parrainages nécessaires, pour un éventuel candidat EELV,  pour la présidentielle de 2017, cité dans Le Point du 11 juin

« On a 50 conseillers départementaux dont les trois quarts ont été élus en binôme avec le PS. On a aujourd’hui 280conseillers régionaux, mais combien en restera-t-il en décembre ? Et chez la trentaine de parlementaires, qui signera pour lui ? Pas moi en tout cas ! »

François Fillon, sur le congrès des Républicains, interviewé par Le Figaro du 10 juin

« Alain Juppé a été sifflé, j’ai été sifflé. Faudra-t-il qu’il ne reste qu’une seule personne sur l’estrade pour que le silence soit assuré ? Il en faut plus pour m’intimider, et, au surplus, je sais que l’immense majorité de nos militants et tous nos électeurs sont pour un débat serein et constructif entre nous. Ce débat entre des lignes politiques et des méthodes différentes pour gouverner le pays est sain et doit avoir lieu.» (…) « La priorité numéro un est de gagner les élections régionales. Avec mes amis de Force républicaine, nous serons partout où le bilan de la gauche doit être condamné et où la SARL familiale Le Pen doit être stoppée. Je mettrai en particulier toute mon énergie à ce que Valérie Pécresse soit la première femme à diriger la région capitale. Ensuite, il s’agit de dire précisément aux Français où sont les blocages et quels sont les efforts à faire pour remettre le pays en marche. Je ne veux pas répondre au stupide antisarkozysme d’hier par un antihollandisme primaire, mais proposer un projet au service d’une vision conquérante de la France. »

Geoffroy Roux de Bézieux, sur la mutation numérique des entreprises à l’occasion de l’université du numérique du MEDEF, dans Les Échos du 10 juin

« La numérisation, ce n’est pas seulement l’utilisation d’internet avec des clients et des fournisseurs. C’est aussi une acculturation de l’ensemble du personnel et un changement du mode de fonctionnement dans les organisations. L’économie collaborative, elle est aussi vraie pour les modes de management extrêmement pyramidal, très hiérarchisé comme c’est la tradition en France, ne convient pas au numérique, qui repose sur le partage de l’information en temps réel. Or, la hiérarchie se fonde sur la détention de l’information. C’est vrai dans les entreprises et encore plus dans l’administration. Le numérique supprime les échelons intermédiaires et remet en cause le dialogue social. »

Christian Paul, député PS frondeur, au sujet du passage en seconde lecture à l’Assemblée Nationale du projet de loi Macron, dans Le Figaro du 9 juin

« J’ai demandé solennellement au premier secrétaire du PS une médiation entre le gouvernement et les députés PS pour trouver un accord en deuxième lecture. J’attends sa réponse. Si le texte revient dans sa version de première lecture, probablement aggravée par les ajouts du Sénat et par des amendements en préparation, je n’ai aucune intention de me renier. Je voterai contre ce texte et je ne serai pas le seul. »

Alain Clot, président de « France Fintech », interviewé par Les Echos le 12 juin

«Les Français sont reconnus mondialement tant dans la finance que dans les mathématiques. Côté technologie, 40.000 Français travaillent dans la Silicon Valleyn et la France est le deuxième pays le plus représenté au CES de Las Vegas » (…) «  Certains sont vraiment « disruptifs » et concurrencent directement les banques. D’autres créent de nouveaux services qui n’existaient pas jusque-là. Enfin, d’autres se placent davantage dans une position de coopération ou de prestation de service »