Cette impossible réforme…  

Le projet de loi travail, qui risque fort de se briser sur les résistances de ceux qui bloquent le pays depuis des décennies, apparait de plus en plus comme le symbole de la lente déliquescence de notre pays.

Certes, la rédaction puis la communication maladroites du projet de loi El Khomri ont creusé sa tombe mais cela n’explique pas tout. Les débats qu’il suscite et les caricatures que nous devons subir depuis des semaines deviennent insupportables.

Les entrepreneurs sont présentés comme des salauds qui exploitent les salariés. Les entreprises sont décrites comme des lieux de souffrance pour de pauvres travailleurs réduits au rôle de victimes.

Où vivent ces syndicalistes qui prétendent représenter les Français ? Dans quel monde évoluent-ils pour oser, encore aujourd’hui, défendre une telle image du monde de l’entreprise et des créateurs ? Croient-ils vraiment que la France puisse encore continuer longtemps de vivre hors du monde et de ses réalités ?

Ce projet de loi n’est pas parfait. Il contient des éléments qui méritent incontestablement de débattre mais rien dans ce texte ne peut expliquer une telle mobilisation d’une infime partie des Français.

Face aux quelques milliers de manifestants et aux pétitionnaires numériques, le gouvernement annonce déjà sa zone de repli : le plafond des indemnités prud’homales pourrait n’être qu’indicatif et les CDD seraient surtaxés. Faisons le pari, que les reculades seront encore nombreuses sur un texte qui n’était qu’une petite avancée.

Depuis des décennies nous devons renoncer à toute réforme de notre système parce-que « c’est comme ça » que le « modèle français » est le meilleur, qu’il faut le défendre etc. Qu’en est-il de ces millions de personnes en recherche d’emploi ou en situation d’extrême précarité et de pauvreté ? Ne nous y trompons pas, ils ne sont pas au coeur des débats, il ne s’agit pas de les aider et de les accompagner vers un travail.

Pour les initiateurs de ce lobbying de rue, l’enjeu est ailleurs. Quand saurons-nous dire « non », « stop » à ces agitateurs qui font tant de mal à l’entrepreneuriat, à la France et aux Français ?

Mathieu Quétel, président de Sountsou