Brèves de primaire de la droite

Nos informations sur les coulisses des primaires à droite.

Le lobbying interne des « ultras »

La primaire de la droite pourrait prendre une nouvelle tournure dans les prochaines semaines. En effet, en coulisses les « ultras » des Républicains s’activent pour que certains sujets reviennent au centre des débats. Les opposants au Mariage pour Tous, réunis au sein de Sens Commun, sont à la manoeuvre pour imposer ce sujet de société aux candidats. Ils font tout pour que des engagements soient pris au prétexte que les « électeurs de droite » seraient favorables à une révision de la loi. En majorité, les candidats à la primaire ne voient pas d’un bon oeil un retour de cette thématique qu’ils qualifient de « casse-gueule ». La question de l’immigration devrait également revenir en force pour « cliver » un maximum dans le cadre du premier tour de la primaire.

La réforme de l’audiovisuel par la droite

Les Républicains ont débattu le jeudi 9 juin de leurs propositions pour la culture et la communication en cas d’alternance en 2017. En ce qui concerne l’audiovisuel, le parti présidé par Nicolas Sarkozy propose de créer une holding du service public qui regrouperait Radio France, France Télévision, France Média Monde et l’INA. Il est probable que la réforme n’aboutisse pas à une véritable fusion des différentes structures,il s’agit néanmoins d’un premier pas vers la création d’un grand service public à la française plus proche de la BBC que de l’ORTF. Nicolas Sarkozy confirme également son souhait de voir la publicité quitter peu à peu les antennes du service public, il mise pour cela sur une réorganisation qui permettrait une meilleure optimisation des moyens. Un processus de privatisation de l’une des chaines du portefeuille du service public serait également engagé en cas de victoire de la droite en 2017. Enfin, le CSA serait réformé avec un repli de ses prérogatives, notamment en ce qui concerne son pouvoir de nomination des dirigeants de l’audiovisuel public qui serait transféré aux commissions culture des deux Assemblées.

Le ticket Baroin-Sarkozy tiendra-t-il ?

François Baroin a finalement annoncé officiellement son soutien à Nicolas Sarkozy. Les observateurs remarquent que l’attelage tient surtout grâce à son ennemi commun, Alain Juppé. En dehors du Maire de Bordeaux, les points communs entre l’ancien président de la République et son nouveau compagnon de combat sont assez peu nombreux. ils sont même sur des lignes opposées sur de nombreux sujets comme la laïcité, ou le positionnement très humaniste du député-maire de Troyes… Chez les sarkozystes l’analyse est différente, ils considèrent que Nicolas Sarkozy va s’ingénier à « cliver » au maximum dans la perspective des primaires, dont il est convaincu qu’elle se jouera « à droite toute ». Ensuite, dans la campagne présidentielle, François Baroin sera un formidable atout pour réunir la « famille » et accompagner la conquête de l’Elysée…

Une primaire moins fédératrice que celle du PS

Si Alain Juppé espère une très forte participation à la primaire des 20 et 27 novembre afin de pouvoir distancier Nicolas Sarkozy, ce dernier est convaincu que le nombre des électeurs sera bien moins élevé que lors de la primaire socialiste de 2011. Il parie à la fois sur une participation moindre et, surtout, sur un retour des clivages droite-gauche. La soif de revanche de l’électorat de droite devrait permettre à Nicolas Sarkozy de gagner face à Alain Juppé, jugé trop ouvert et consensuel.

Qui dirigera Les Républicains ?

Dès lors que Nicolas Sarkozy sera officiellement entré en campagne, LR devra bien être dirigé. Or, les manoeuvres ont déjà commencé pour squatter le poste de direction pendant la course à la présidentielle. Laurent Wauquiez, actuel vice-président, revendique l’interim en pariant sur le fait que cette place exposée et stratégique lui donnera une légitimité pour l’après-présidentielle afin de conserver le poste de président du parti. Éric Woerth, secrétaire général, explique de son côté que les membres de la direction (dont lui) assureront collectivement l’interim. Une nuance de taille…

Le retour de la nation et des minorités

Fin de semaine chargée pour Nicolas Sarkozy qui reprend la parole avec force. En meeting dans le Nord, le presque-candidat, toujours patron du « premier parti de France » a fait un discours vibrant au cours duquel il a appelé le Général de Gaulle à la rescousse d’une France traversée par le « doute ». Il a fustigé ces « minorités » qui bloquent le pays. Il reproche à François Hollande de s’adresser en permanence elles et de négocier en priorité avec elles. Il a fustigé les élites, celles et ceux qui, minoritaires, décident à la place de la majorité, du « peuple ». Il a martelé que son retour n’était motivé que par la « renaissance de la France » et a revendiqué de renouer avec un projet  susceptible de « réveiller la nation ». Ce discours du 8 juin s’inscrivait dans une stratégie de communication puissante avec une du Figaro et participation à la matinale d’Europe 1 de 7 heures 30 à 9 heures, le 9 juin. Nicolas Sarkozy inscrit clairement sa campagne pour la primaire dans le sillage de 2012 et reste fidèle à un fonctionnement par « séquences » markétées et calibrées autour de cibles et de thématiques adaptées.

Haro sur le « politiquement correct »

Décidément, Nicolas Sarkozy renoue fortement avec son verbatim de 2012 et dans ses derniers discours il n’hésite pas à fustiger le fameux « politiquement correct » qui serait revenu à la mode et qui bloquerait un échange sain et transparent sur des sujets de société. À voir les résultats des derniers scrutins avec un FN qui s’impose en premier parti de France, le « politiquement correct » n’apparait pourtant pas si populaire que cela. Au contraire. La stratégie de l’ancien Président est avant tout de gagner la primaire de la droite, pour cela il pense que la droitisation est la seule voie face à Alain Juppé, décidément jugé bien trop mou. Une stratégie qui pourrait bien se révéler payante.

« Clarification » demandée à Sarkozy

Sans surprise, le retour en force de Nicolas Sarkozy n’a pas échappé à ses rivaux à la primaire de la droite. Ils demandent au président de LR de « clarifier » ses intentions et surtout sa situation. Même si les formes sont, pour le moment, préservées et que les critiques sont feutrées, la haute autorité de la primaire a été saisie afin de faire un point sur la situation particulière du non-candidat-président de LR… Les candidats déclarés à la primaire doivent assumer les coûts de leur campagne quand le président du parti bénéficie à plein de la logistique de LR. Une situation que les uns et les autres ne supportent plus et, en coulisses, la tension est montée d’un cran depuis le passage à la vitesse supérieure de l’ancien président de la République. De son côté, Nicolas Sarkozy revendique avoir sauvé le parti, qu’il incarne et note, selon Le Parisien : « Si je fais des salles remplies de monde et que d’autres font des salles à moitiés vides, c’est peut-être aussi qu’il y a une inégalité de talents ». La primaire s’annonce animée.

Les sarkozystes se tiennent prêts

Si Nicolas Sarkozy fait mine de consacrer son temps à la gestion du parti, en réalité son équipe de campagne se met peu à peu en place. Ces dernières semaines, les proches de l’ancien président se sont activés pour relancer la collecte de fonds. Le Bureau politique a même relevé le plafond des dépenses pour la primaire de 1 million à 1,5 million d’euros, au grand damn des autres candidats pour lesquels ses sommes sont pharaoniques. La logistique se met en place très discrètement et sera dévoilée dès que le candidat le sera officiellement, c’est à dire d’ici le 9 septembre, date limite de dépôt des candidatures pour la primaire.

MAM se lancera-t-elle dans la primaire ?

Michèle Alliot-Marie semble préparer activement sa candidature à la primaire de la droite. Elle multiplie les déplacements en France à la rencontre des militants de LR pour créer les comités de son mouvement « La nouvelle France – le rassemblement des Français ». Son site internet aux accents gaulliens ne laisse que peu de doute sur les ambitions de l’ancienne présidente du RPR.

Geoffroy Didier hausse le ton

Inexistant dans les sondages, le candidat à la primaire de la droite, a présenté son programme économique qu’il explique être en rupture avec ceux déjà proposés par ses aînés Alain Juppé et François Fillon présentés comme des « pères l’austérité ». Plus d’infos : www.geoffroydidier.org

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 4 et 11 décembre.