Brèves de primaire de la droite

Nos informations sur les coulisses de la primaire de la droite.

Rien n’est gagné pour 2017

Avancer par étape. Les responsables de la droite sont concentrés sur le premier tour de la primaire. Ils recueillent les parrainages, affinent leurs programmes. Puis, viendra le mois de septembre, le temps des débats, des ralliements puis celui des négociations de l’entre-deux tours de la primaire et celui de la réconciliation et de l’union avant le lancement officiel de la campagne électorale. Enfin, la campagne devra confirmer les sondages qui annoncent une alternance à portée d’urnes. C’est en juin 2017 que le véritable défi sera à relever : il s’agira de déployer en quelques mois les réformes et de résister aux forces du blocage qui ne manqueront pas d’organiser la résistance de rue avec sans doute un déferlement de violence. Les tensions autour de la loi travail ne sont qu’une répétition avant l’agitation totale, sans retenue, qui se déchainera en 2017. En cela, elles interpellent les responsables de droite qui déjà s’inquiètent de cette rue imprévisible.

Le Bon Coin de Sarkozy

Raillé par les réseaux sociaux parce qu’il ignorait ce qu’est Le Bon Coin, Nicolas Sarkozy a transformé cette péripétie en joli coup de communication. Son équipe a eu le réflexe de contacter les dirigeants du site par Twitter ce qui est en soi une bonne idée et une visite était organisée vendredi 20 mai. L’ancien président de la République n’était pas venu seul, une nuée de journalistes était dans son sillage, ce qui transformait cette rencontre avec les salariés de la plateforme d’annonces en Barnum de campagne. Ces relents politiques ont émaillé toute la visite puisque le candidat encore non déclaré à la primaire de la droite n’a pu s’empêcher de régler quelques comptes avec ses concurrents qui avaient profité de sa méconnaissance du site pour le ringardiser.

Le programme économique de Juppé déçoit-il ?

Jugé moins audacieux que le programme proposé par François Fillon, le volet économique d’Alain Juppé a déçu et n’a d’ailleurs pas reçu les retombées escomptées. Dans les staffs des candidats à la primaire on souligne volontiers la tendance naturelle de l’ancien premier ministre « à craindre la rue ». Du côté d’Alain Juppé on revendique une tendance « libérale » du programme qui lui donne une connotation entrepreneuriale. Une « usurpation » de plus pour ses contradicteurs. Alain Juppé assume de son côté un programme de réforme acceptable pour une majorité de citoyens et revendique que son « objectif est le plein emploi » il cible ainsi l’inquiétude majeure des Français : l’emploi. Il semble néanmoins avoir conscience du manque de retentissement de ses propositions économiques, malgré sa tournée médiatique massive, et son équipe revendiquait le 19 mai un soutien de « 80% des Français » à ses mesures pour l’emploi en s’appuyant sur un sondage Odoxa publié le 12 mai, soit le lendemain de la sortie de son livre…

Sarkozy dénonce le « mensonge originel »

Dans une interview dans Le Monde daté du 18 mai, Nicolas Sarkozy explique les grèves et manifestations non par la loi travail qui « dit si peu de choses » mais par « le mensonge originel de 2012 : à quel moment M. Hollande a-t-il dit à ses électeurs, aux parlementaires et aux syndicats qui le soutenaient qu’il modifierait le code du travail ? Jamais. Tout le problème est là : dans le sentiment justifié qu’ont tant d’électeurs d’avoir été trompés » s’insurge l’ancien Chef de l’Etat. .

Le consensus européen de LR

Le parti Les Républicains organisait une journée de travail sur l’Europe le 18 mai au cours de laquelle le consensus du parti sur les questions européennes est ressorti. Certes, il y a les postures imposées par la primaire et la course à la différenciation qu’elle suscite légitimement en vue du scrutin interne du mois de novembre mais, globalement le constat est le même : l’Europe est en panne, elle a besoin d’être fermement relancée. Dans son discours de clôture du séminaire européen de son parti, Nicolas Sarkozy est allé plus loin dans la méthode de la refondation de l’Europe puisqu’il propose un nouveau traîté qui devra poser les règles communes autour des questions migratoires et de sécurité notamment. S’il mise sur un axe franco-allemand fort, le président de LR refuse toute adhésion de la Turquie.

L’accord en demi-teinte sur le vote des Français de l’étranger

Le Bureau politique de LR a finalement trouvé un « consensus » sur le vote des Français de l’étranger à la primaire de la droite. Nicolas Sarkozy était revenu sur les règles déjà acceptées par tous et qui prévoyaient un vote internet pour les seuls Français de l’étranger, le président de LR souhaitait que ce vote se fasse par papier comme pour tous les votants. Soupçonné de vouloir manipuler la primaire, Nicolas Sarkozy a finalement accepté que les Français de l’étranger éloignés des grandes villes ou présents dans des pays où ce type de vote est interdit pourraient s’exprimer par le net, pour les autres, ils devront se déplacer dans des bureaux de vote. Un « consensus » qui sonne comme une victoire pour Nicolas Sarkozy et qui met à jour les tensions internes qui prennent de l’ampleur. Le Bureau politique du 16 mai se serait tenu dans une « ambiance glaciale » et la solution trouvée n’est qu’une posture de façade afin d’éviter d’étaler un peu plus les dissensions sur la place publique. Néanmoins, ce nouvel épisode de revue des règles de la primaire à quelques semaines du vote montre à quel point l’ancien président de la république est déterminé à utiliser tous les moyens à sa disposition pour remporter la primaire. Les critiques fusent également sur l’utilisation des moyens logistiques et de communication de LR qu’il utiliserait, selon certains de ses adversaires, à son seul avantage.

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 4 et 11 décembre.