Brèves de primaire de la gauche 

Nos informations sur les coulisses de la primaire de la gauche. Cette semaine la primaire de la gauche met en avant Emmanuel Macron et les calculs de l’Elysée avec également quelques nouvelles des écologistes…

Pouvons-nous encore continuer comme cela ?

C’est l’une des (nombreuses) phrases prononcées par Emmanuel Macron lors de son meeting du 12 juillet qui ne passe pas au sein du gouvernement et dans les rangs socialistes. Le jeune ministre a utilisé le premier grand meeting de son mouvement En Marche ! pour faire une démonstration de force tout en veillant à ne pas passer la ligne rouge et en évitant soigneusement d’annoncer son départ du gouvernement. Cette ambivalence est d’ailleurs son point faible pour certains de ses soutiens. C’est le cas d’Alexandre Jardin qui « demande à Emmanuel Macron de ne plus se poser la question, j’y vais ou j’y vais pas ? ». L’écrivain, président du mouvement Les Zèbres qui prône une candidature de la société civile pour 2017 faisait partie des quatre intervenants chargés d’ouvrir la manifestation. Il ne s’agit sans doute pas d’un hasard.

Macron, épine dans le pied ou atout ?

Lors de son entretien du 14 juillet, le Président de la République a réitéré, assez mollement, ses avertissements en direction d’Emmanuel Macron à qui il a rappelé « la première règle c’est la solidarité, l’esprit d’équipe, c’est défendre le bilan… Respecter ces règles, c’est rester au gouvernement, ne pas les respecter, c’est ne pas y rester. » Très bien. Sauf que le titulaire de Bercy semble s’être affranchi de ces règles depuis longtemps et qu’aucune initiative élyséenne ne semble le freiner. S’il semble évident que limoger le bouillonnant ministre revient à prendre le risque de le victimiser, le conserver, alors qu’il s’émancipe de plus en plus, est déjà interprété comme une marque de faiblesse.

Nouvelle phase présidentielle

François Hollande a déjà endossé ses habits de candidat à sa propre succession. Il sait  qu’il ne sera en mesure de l’emporter, malgré des sondages catastrophiques, que s’il réussit à réunir sa famille politique. Cette ambition apparait comme une prouesse aujourd’hui tant les intentions de vote sont mauvaises, et tant les divisions internes au PS apparaissent irréconciliables. Mais François Hollande connait parfaitement la politique, la nature humaine et le fonctionnement interne d’un parti politique dont il a été le marionnettiste pendant tant d’années. Alors il place peu à peu ses pièces. Certaines de ses décisions, qui peuvent désorienter parmi ses propres amis, ne servent qu’un seul objectif : assurer le terrain le plus favorable possible à une présence au second tour. Désormais, tous les coups sont permis, y compris contre ses amis.

Le petit marquis poudré

C’est ainsi que Laurent Fabius surnomme Emmanuel Macron à qui il reproche non seulement son manque de solidarité gouvernementale mais également son manque d’expérience politique. L’ancien Ministre des affaires étrangères reproche au titulaire de Bercy de vouloir imposer une autre façon de faire de la politique et il juge sévèrement son refus de respecter le parcours classique de tout responsable politique, d’abord se trouver une circonscription d’élection avant de revendiquer de peser au plan national. Une pratique jugée ringarde par le jeune Ministre dont le mouvement En Marche ! en interpelle plus d’un au sein de la majorité gouvernementale.

Macron n’entend pas démissionner

Le Président l’a rappelé à l’ordre lors de son intervention du 14 juillet, mais le jeune ministre considère que les règles édictées par François Hollande sont respectées, il respecte la solidarité gouvernementale et s’installe bien dans une démarche collective. Bref, Emmanuel Macron est déterminé à continuer de jouer sur l’ambiguïté de sa posture et de ses mots. Pour le moment, il reste en position de force car il aurait finalement tout à gagner à être limogé du gouvernement et le Président de la République aurait sans doute beaucoup à y perdre.

Valls plus gêné que Hollande par Macron

L’attitude d’Emmanuel Macron ne semble pas crisper plus que cela François Hollande qui devra de toute façon compter avec lui en cas de victoire à la primaire de la gauche. Ce sont bien les soutiens du Premier ministre qui sont les plus gênés par la mise sur orbite de Macron. Celui-ci empiète sur le positionnement du Premier ministre et il pourrait le gêner le moment venu en cas de besoin d’un recours à gauche si le Président de la République n’était finalement pas en mesure de se présenter en 2017. Il y a également l’après 2017. Macron, malgré son mouvement En Marche ! et ses sondages fragiles, risque fort d’avoir du mal à s’installer durablement dans le paysage politique national sans attache élective. De son côté, Manuel Valls, aura malgré tout un bilan ministériel solide à défendre, il disposera également de nombreux soutiens. Cette nouvelle génération n’a donc pas fini de s’opposer.

Un coiffeur coûteux et embarrassant 

L’affaire du coiffeur de l’Elysée, rémunéré près de 10.000 € par mois, a surgit subitement au détour d’un article du Canard Enchaîné à la veille du 14 juillet. Interrogé sur cette polémique qui prend de l’ampleur, François Hollande a botté en touche en rappelant qu’il avait baissé les effectifs de l’Elysée et son propre salaire de 30%. Même son ex-compagne Valérie Trierweiler a pris sa défense via Twitter en témoignant qu’il ne connaissait pas le salaire de son coiffeur et qu’il s’était mis en colère en l’apprenant. Certes mais il a laissé les choses en l’état.

La primaire présidentielle

Le Président de la République a donné son feu vert à une primaire à gauche dans le but de se relégitimer et de motiver ses troupes pour le premier tour de la présidentielle. L’espace pour le Chef de l’Etat est très limité puisque les intentions de vote sur son nom sont de plus en plus faibles et qu’aucun signe ne permet d’espérer un rebond. Néanmoins, comme toujours en politique, rien n’est perdu jusqu’à l’ultime combat, c’est à dire jusqu’au soir du 23 avril 2017 pour l’issue du premier tour. Car c’est bien cette première étape que vise François Hollande. En ce qui concerne la primaire, son objectif est double : ramener vers les urnes les 80% de son électorat qui ont décidé de faire autre chose le 23 avril et, montrer ses adversaires à la primaire comme des beaux parleurs incapables de gérer le pays. Pour cela, François Hollande devra gérer les crises liées au terrorisme et au Brexit, ce qui devrait lui conférer une stature que ses concurrents n’auront pas. En outre, le Président de la République continue de miser sur un passage au vert des principaux indicateurs économiques et du chômage, ce qui complèterait son environnement électoral plus favorable.

Les Hauts de France, enjeu de la primaire socialiste

Le Président de la République est à la manoeuvre à Lille. Martine Aubry tente de maintenir son contrôle sur le PS du Nord où elle est très affaiblie. Le hollandiste Bernard Roman vient d’être exfiltré vers la présidence de l’Arafer, le gendarme du rail et François Lamy proche de Martine Aubry lorgne sa place. La greffe de ce dernier n’a pourtant pas pris dans le Nord et Martine Aubry a besoin d’un soutien pour l’imposer. Le Chef de l’Etat devrait faire en sorte de trouver un autre point de chute à Patrick Kanner, pourquoi pas le Sénat. L’enjeu est de taille pour François Hollande, il s’agit de neutraliser les velléités de Martine Aubry de se mettre en travers de sa route pour 2017. En politique, le rapport de force est souvent un allié.

Rugy et Benhamias candidats à la primaire de la gauche

Deux candidats du camp écologiste se sont déjà déclarés pour la primaire de la Belle Alliance Populaire du mois de janvier, il s’agit de François de Rugy et de Jean-Luc Benhamias. Le premier fait donc éclater au passage l’Union des démocrates et des écologistes (UDE) qu’il avait lancé il y a quelques mois avec Jean-Luc Benhamias et Jean-Vincent Placé. Le Secrétaire d’Etat a d’ores et déjà annoncé qu’il soutiendrait François Hollande lors de la primaire.

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.