Archives de mai 2016

Ce lobbying de rue qui bloque la France 

Les syndicats n’ont pas bonne presse dans notre pays. Globalement, les Français ne leur font pas confiance et les assimilent aux partis politiques, ce qui est très regrettable. Ils jouent pourtant un rôle essentiel dans le dialogue social, ils ont même été placés au centre de notre dispositif. Le comportement radical de la CGT est donc très préoccupant. 

Philippe Martinez, le patron de la CGT, est dans une stratégie de radicalisation tous azimuts pour sauver sa Centrale qui perd ses bastions au fil des élections. La Loi El Khomri est un véhicule de contestation quasi-parfait pour la CGT qui peut s’en servir pour caricaturer l’entreprise et cibler son bouc émissaire préféré le « patron », en réalité les entrepreneurs qui créent quotidiennement de la valeur pour la France.

Dans sa course désespérée pour se sauver elle-même, la CGT dérape un peu plus chaque jour. Jeudi 26 mai elle a explosé plusieurs limites : censure des quotidiens nationaux, violences de rue dans de nombreuses villes de France, amplification des blocages des sites stratégiques pour aboutir à un arrêt de l’économie.

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Dans les sondages, les Français semblent donner raison à la CGT, ils rejettent plus probablement le politique en général et expriment leur ras-le-bol d’une France enkystée dans ses blocages et d’un gouvernement qui ne parvient pas à figer un chemin de sortie.

Au delà de notre quotidien, chahuté par le comportement irresponsable de la CGT, notre modèle du dialogue social est remis en question. Il faudra bien en tirer les conséquences : revoir les monopoles syndicaux, les privilèges indus accordés aux syndicats et amplifier un retour au dialogue social direct au sein des entreprises, sans passer par les filtres de syndicalistes qui défendent leurs propres intérêts.

À un an des élections, la situation sera sans doute une bonne source d’inspiration pour les candidats à la présidentielle.

Mathieu Quétel, président de Sountsou – Affaires Publiques

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Brèves de lobbying

Nouvelle rubrique dans la Newsroom de Sountsou « Les brèves de lobbying » apportent des éclairages sur des opérations passées ou en cours dans le domaine des relations institutionnelles. Une approche directe dont le but est de susciter la réflexion ou de donner des idées.

Quand la CGT censure la presse

Ces dernières semaines, la CGT s’est lancée dans un syndicalisme radical et emprunt d’une certaine violence. On l’oublie souvent mais les syndicats sont également des lobbies. Il est intéressant d’observer que le lobbying de rue de la CGT évolue vers toujours plus de radicalité. Mercredi 25 mai au soir, la CGT a contacté les rédactions des quotidiens nationaux afin de leur proposer une tribune signée de Philippe Martinez, le patron de la CGT, celles-ci ont refusé la diffusion de la tribune. En guise de riposte, la CGT a organisé le blocage de l’impression des quotidiens et de leur distribution. Une véritable censure qui trouvera son expression ultime avec la présence en kiosque de l’humanité, seul quotidien disponible le jeudi 26 mai au prétexte qu’il était le seul à porter le bon message, validé par les responsables de la CGT. Cette censure inacceptable est assez unique en France.

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Des applis pour le lobbying des élus

La secrétaire d’Etat à l’économie numérique a pris l’initiative d’inviter 6 start up à l’Assemblée Nationale afin de présenter leurs services aux députés. L’originalité de ces acteurs de la Civic Tech réside dans leur ambition de constituer des interfaces d’échanges en les citoyens et leurs élus. Certains comparent les programmes politiques, d’autres permettent d’utiliser le vote électronique en sécurité, d’autres encore facilitent le quotidien en permettant aux citoyens de signaler des dysfonctionnements à leurs élus locaux. L’utilisation d’applications mobiles dans le quotidien de la vie démocratique va être appelé à se généraliser dans l’avenir.

Le lobbying citoyen par les urnes

Jean-Christophe Fromentin est député-maire des Hauts de Seine, non inscrit depuis qu’il a quitté l’UDI. Cet électron libre de droite, dans tous les sens du terme, a décidé de s’attaquer au lobbying citoyen en appelant le peuple à s’engager pour les législatives de 2017. Il veut que 577 candidats-citoyens se présentent dans les circonscriptions françaises afin d’être en mesure de créer un groupe parlementaire, soit de réunir 15 députés. Dans son ouvrage « 2017 : Et si c’était vous ? » il pose un programme et lance son appel à la mobilisation pour contourner les partis politiques et sortir du débat autour de l’élection présidentielle auquel il ne croit pas. Il mise sur une infiltration par l’élection de terrain, les législatives constituent donc une première étape. Il appelle les candidats à proposer leur cv, à apporter des soutiens dans leur circonscription ainsi que des promesses de dons. La démarche est très construite. Il envisage ensuite de se poser comme un recours possible pour trouver une majorité le cas échéant.

Les autoroutiers veulent être aimés

Les Echos du 23 mai rappellent que 78% des Français souhaitaient une nationalisation des autoroutes selon un sondage de janvier 2015. La même année un rapport de l’Autorité de la concurrence pointait les dysfonctionnements et, surtout, la cherté des péages qui serait disproportionnée. Dans la foulée, des députés s’étaient mobilisés, encouragés par la ministre Ségolène Royal, afin que les concessions soient résiliées par anticipation. Une situation de crise qui n’était pas tenable. Alors les autoroutiers ont décidé d’organiser leur démarche de lobbying afin de pacifier leurs relations avec les parlementaires, le gouvernement et leurs clients. Ces derniers ont été conviés le week end du 20 mai à une Fête de l’autoroute. Parallèlement, ils ont engagé un plan d’investissement de 3,2 milliards d’euros, versent chaque année 60 millions d’euros à l’agence publique chargée du financement des infrastructures et créent un fonds d’investissement doté de 200 millions d’euros afin d’investir dans les infrastructures. Le 1er février dernier ils augmentaient (en moyenne) leurs tarifs de 1,12% conformément à l’accord signé avec le gouvernement.

Le luxe (presque) en crise

Les effets des attentats se font lourdement ressentir dans l’industrie du luxe. En mars, les achats effectués par les touristes chinois en Europe ont baissé de 24% selon le cabinet Global Blue, la baisse était de 18% en avril.  Les russes, les autres grands consommateurs de luxe, désertent également les boutiques de la place Vendôme et de l’avenue Montaigne. Paris est particulièrement touchée et subit de plein fouet la crainte de nouveaux attentats. Cette situation a suscité des vocations chez des concurrents, notamment certaines destinations de l’Est qui tentent de séduire les touristes et les marques de luxe. Paris va devoir se lancer dans une campagne de communication internationale afin de rassurer les touristes.

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Lobbying ministériel pour sauver les budgets

La période de préparation des budgets est toujours une source de tensions entre les ministères et Bercy, qui détient les cordons des finances publiques. Cette année, le bouclage du budget va tourner au casse-tête, il faudra tenir les promesses engagées par le futur candidat Hollande, financer les surcoûts liés à la sécurité et limiter le déficit pour tenir les engagements européens. Ainsi, certains ministères ont découvert leur lettre de cadrage budgétaire avec stupéfaction : diminution de 2% des effectifs, stabilisation de la masse salariale, baisse de 5% des dépenses courantes, tout ceci dans un contexte particulier puisqu’un décret annule 1,1 milliard de crédits votés afin de financer une partie des diverses annonces présidentielles. Chaque ministre va donc se lancer dans un véritable lobbying afin de sensibiliser sur le caractère prioritaire de son secteur.

Le lobbying interne au Medef

On l’oublie parfois, mais les organisations patronales sont le résultat de la réunion de fédérations qui ne partagent pas les mêmes objectifs sur tous les sujets, ce qui peut donner lieu à de fortes tensions internes qui ne participent pas à l’efficacité de ces organisations dans la défense de leurs intérêts. C’est le cas du Medef qui est déjà plongé dans une course vers sa propre présidentielle qui aura lieu en 2018. C’est un effet pervers de l’engagement de Pierre Gattaz de ne faire qu’un mandat de président. Les candidats putatifs se sont déjà mis en marche vers 2018 avec tous les attirails de la campagne électorale, coups bas, guerre interne, blocage décisionnel et rumeurs diverses comprises. Les grandes organisations, fussent elles patronales, sont parfois soumises aux mêmes défauts et dérives que les partis politiques.

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Le lobbying des palaces parisiens

Avec les attentats de novembre 2015, les palaces français sont désertés par une clientèle mondiale fortunée qui craint pour sa sécurité. Ils se sont unis pour se lancer dans un tour du monde pour séduire à nouveau les prescripteurs du tourisme haut de gamme et la clientèle d’affaire,après la Chine ils ont ciblé le 24 mai les Etats-Unis. Le gouvernement français soutient la démarche et les consultants sont mobilisés au côté d’Atout France pour accompagner cette démarche de lobbying du luxe parisien.

Le lobbying juridique des entrepreneurs de Calais

Reçus en début d’année par un conseiller de l’Elysée, les commerçants et entrepreneurs du Calaisis avaient obtenus la mise en place d’une cellule d’urgence qui avait pour objet de faire le point sur place avec chacun d’eux et de mettre en place des échelonnements pour le paiement des créances publiques, pour les situations les plus graves, une remise d’impôts était également prévue. Cette cellule n’a semble-t-il pas été très utile. Or, certains d’entre eux ont subi des baisses de chiffre d’affaires pouvant atteindre 50%. Ils considèrent donc être victimes d’une « rupture d’égalité devant les charges publiques ». Ils ont donc décidé d’assigner l’Etat devant le tribunal administratif pour cette raison.

Les Pays Bas se mobilisent pour les start up

Attirer les acteurs de l’économie numérique est devenu un enjeu pour les pays. L’ambition des Pays Bas est de devenir la porte d’entrée pour les start up non-européennes et de s’imposer dans le top trois des pays européens les plus attractifs. Le pays vient d’organiser le Start up Fest pendant quatre jours dans 14 villes. L’évènement a accueilli 15.000 visiteurs venus écouter les patrons d’Apple, de Uber ou d’AirBnb, des personnalités de premier plan. Cette initiative s’inscrit dans une démarche nationale plus vaste qui ambitionne

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 Axa se retire du tabac

L’assureur avait déjà supprimé ses investissements dans les industries liées au charbon, il annonce se retirer de l’industrie du tabac. Les participations d’Axa dans l’industrie du tabac représentent 1,8 milliards d’euros. L’assureur cèdera rapidement 200 millions d’euros d’actions qu’il détient dans des entreprises du tabac. Il laissera les obligations aller à leur terme. L’ensemble de ses participations devraient être soldées d’ici 2027. Cette décision est motivée, selon l’assureur, par une volonté de mise en cohérence de sa politique de prévention avec ses participations. Il s’agit également d’une opération de lobbying qui lui permet de montrer une démarche civique et éthique.

 

Brèves de primaire de la gauche 

Nos informations sur les coulisses des primaires à gauche.

Une primaire numérique des idées

L’idée vient de la secrétaire d’Etat à l’économie numérique, Axelle Lemaire, elle propose de co-fabriquer une plate forme programmatique collective au sein de la gauche par le biais du numérique. L’ambition est de faire partager, via le numérique, les propositions de représentants de partis, de syndicats, de la société civile et de citoyens puis de les organiser par le biais d’un comité de pilotage afin d’aboutir à une plateforme commune.Vu l’état de déliquescence de la majorité, il s’agit d’un travail titanesque.

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Montebourg prêt au sabordage

À la gauche du PS, les forces s’organisent en vue d’une éventuelle primaire qui est pourtant réputée déjà archivée. Arnaud Montebourg menace désormais de se présenter dans le cas où la primaire de la gauche n’aurait pas lieu. Dans un entretien au Parisien il explique « s’il n’y a pas de primaire, il est évident que je ferai usage de ma liberté ». Une menace assez explicite de se porter alors candidat à l’élection présidentielle avec la garantie d’exclure la gauche de toute chance de figurer au second tour. Un pari clair pour 2022.

Une primaire de gauche est-elle encore possible

La question commence à tarauder plus d’un candidat putatif. Si la date de la primaire à gauche a été officiellement fixée au 4 décembre pour le premier tour et au dimanche suivant pour le second, on voit mal comment les candidats pourront s’organiser et la logistique se mettre en place si celle-ci n’est pas lancée suffisamment en amont. Or, tout semble fait pour que la primaire soit décalée au maximum avec pour explication qu’elle doit être soumise à la décision du président de la République de se représenter ou pas. Or, une campagne, même interne, est coûteuse, elle nécessite une véritable préparation, on a du mal à imaginer que les candidats attendront en silence le dernier moment pour se lancer…

La marche pour l’audit

Emmanuel Macron a lancé ses troupes en marche pour réaliser une sorte d’audit des attentes des Français. Il revendique près de 13.000 personnes dont la mission sera d’aller à la rencontre des Français afin de les écouter et de recueillir leurs attentes, l’objectif est de rencontrer 100.000 personnes. Assistés dans leur marche par des logiciels puissants ils ne sonneront pas aux portes par hasard, leurs « cibles » seront définies grâce aux datas collationnés et traitée par un cabinet spécialisé. Une nouvelle façon de faire de la politique et de construire un programme électorale. En vérité, la méthode est déjà très utilisée aux Etats-Unis, elle a notamment permis à barack Obama de remporter l’élection en 2008. Fait du hasard, un ancien de son équipe travaille pour Emmanuel Macron.

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La CGT explose le discours présidentiel

Outre le blocage de l’activité, la CGT parasite sérieusement le discours de François Hollande qui avait prévu de déroulé le thème du « ça va mieux » en s’appuyant sur les résultats enfin encourageants du chômage et les signes de reprise économique qui commençaient à poindre.  Même le FMI vient de publier une perspective de croissance alignée sur celle du gouvernement à 1,5% pour 2016. Néanmoins, difficile de vendre ces bonnes nouvelles et de faire adhérer les Français quand ils ne parviennent plus à faire le plein d’essence sereinement et quand un groupuscule syndical semble avoir pris le pouvoir. À 11 mois de la présidentielle, le retour en force de François Hollande sur la défense de son bilan et sa mise en perspective était pourtant essentiel.

Hollande et Valls au top de l’impopularité

Un Odoxa pour l’Express, la presse régionale et France Inter, indique qu’à peine 16% des personnes interrogées considèrent François Hollande comme un bon président et 26% que Manuel Valls est un bon premier ministre.

Pour qui roule Macron ?

La question taraude les éditorialistes et les membres de la majorité : mais pour qui roule le ministre de l’Économie ? Difficile de répondre avec précision, tant Emmanuel Macron s’ingénie à brouiller les pistes. Son interview provocatrice, donnée au journal Les Echos le 24 mai, ne manque pas de relancer les spéculations. Il propose d’aller plus loin que la loi El Khomri et de privilégier l’investissement plutôt que les salaires. Un entretien qui a été relu par François Hollande avant sa publication. Cette provocation, en pleine agitation sociale, a donc obtenue la validation présidentielle. Mais dans quel but ? Certains y voient déjà l’annonce d’un « ticket » Hollande-Macron pour 2017, le Chef de l’Etat tirant la conclusion qu’il n’y a plus rien à envisager avec l’aile gauche du PS.

Règlements de compte anti-frondeurs

Certains parlementaires, comme Aurélie Filippetti, dénoncent des tentatives du PS d’organiser des déstabilisations de certaines circonscriptions détenues par des frondeurs. La rue de Solférino aurait dans l’idée de donner des investitures à des candidats loyaux à la ligne du président de la République, en tout cas des élus qui n’auraient pas votés la motion de censure. Néanmoins, en coulisse, le Chef de l’Etat en personne multiplie les rencontres avec ses frondeurs afin de tenter d’ultimes rapprochements et d’éviter des dérapages irréparables. François Hollande est conscient qu’il ne pourra envisager passer le premier tour sans une large union de la gauche autour de lui. Sa stratégie actuelle est donc d’isoler les plus radicaux et de retenir ceux qui peuvent encore être récupérables.

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Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 4 et 11 décembre.

Brèves de primaire de la droite

Nos informations sur les coulisses des primaires à droite.

« Petite réforme, grosses emmerdes »

Invitée de l’émission « BFM Politique », Valérie Pécresse a lancé cette phrase « petite réforme, grosses emmerdes, grosse réforme, grosses emmerdes, donc autant y aller, autant faire une grosse réforme ! ». La présidente de la région Île de France est la première à droite à ainsi assumer une volonté réformatrice volontariste et prête à soutenir une éventuelle grève générale. Cette formule sonne particulièrement bien au moment où la France est bloquée par quelques syndicalistes radicaux attachés à leurs privilèges du passé. Surtout, c’est une façon d’adresser aux syndicats les plus radicaux un message clair : nous réformerons quelqu’en soit le prix. Proche de François Fillon, elle devrait proposer avant l’été une plateforme de 10 propositions aux candidats à la primaire de la droite. Elle déterminera ensuite à qui elle apportera son soutien en fonction des engagements pris.

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Le Maire souhaite responsabiliser les Français

Bruno Le Maire a présenté ses propositions pour la santé des Français, dans un entretien au Parisien, il explique vouloir compter sur « la responsabilité de chacun : patients et soignants ». Il souhaite que la Sécurité sociale rembourse 100% des soins dentaires et de prothèses contre 70% actuellement ainsi que 100% des frais d’optique une fois tous les quatre ans. En cas d’élection, le « candidat du renouveau » promet également de supprimer le tiers payant généralisé instauré par la loi Santé de Marisol Touraine. Afin d’accompagner le maintien au domicile des personnes dépendantes, il supprimera toutes les charges sociales employeur pour les emplois à domicile. Il envisage de financer ces réformes par une suppression de l’aide médicale d’Etat qui serait remplacée par une aide d’urgence, une généralisation des prescriptions à la dose, un développement de la médecine ambulatoire ainsi qu’une suppression des remboursements pour les visites aux urgences inutiles ou les recours à des actes en double par exemple. Il refuse de diminuer les effectifs dans les hôpitaux publics et privilégiera des négociations sur le temps de travail au niveau des établissements.

Geoffroy Didier recueille des parrainages

Il ne suffit pas d’annoncer sa candidature à la primaire de la droite pour que celle-ci soit valide, les candidats doivent en effet recueillir des parrainages de 250 élus dont 20 parlementaires et de 2500 adhérents. Cette étape est décisive et elle est difficile à remplir pour les « petits » candidats. Geoffroy Didier est donc satisfait de pouvoir annoncer avoir obtenu le parrainage de 100 élus locaux sur les 230 nécessaires pour se présenter. Il lui reste environ quatre mois pour atteindre les seuils fatidiques.

Juppé sera-t-il Balladur ?

Dans la guerre de tranchée que se livrent les candidats à la primaire de la droite, nombreux sont ceux à rêver qu’Alain Juppé se transforme en Edouard Balladur. Le premier Ministre de Jacques Chirac bénéficiait de sondages tellement élevés jusqu’à quelques semaines avant le premier tour de 1995 que tous les observateurs le voyaient déjà élus. Une situation qui rappelle celle d’Alain Juppé. Or, Edouard Balladur s’était effondré aux portes des isoloirs, après une campagne déconnectée de la réalité permettant à Jacques Chirac de surprendre tout le monde. Il est normal que le préféré des sondages constitue une cible à abattre pour ses concurrents. Néanmoins, vingt ans après, il n’est pas certain que les Français adoptent les mêmes réactions. En outre, le principal adversaire d’Alain Juppé reste Nicolas Sarkozy, or, on ne peut pas dire que les Français aient une folle envie de le voir revenir. La campagne sera longue, les pièges et rebondissements nombreux.

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Nicolas enfile son costume de Sarkozy

Le président des Républicains opère un véritable tour de chauffe. Toujours pas candidat à la primaire de la droite, il fait un tour de France et multiplie les initiatives en qualité de Chef de parti. Il se transforme peu à peu en candidat et on le voit apparaître de temps à autres sur les écrans pour commenter l’actualité et critiquer son meilleur ennemi François Hollande. Sa route est toute tracée jusqu’au 2 juillet, date du conseil national qui devrait valider le projet présidentiel du parti Les Républicains. D’ici là il organisera encore trois journées thématiques sur la culture, l’outre mer et les dossiers internationaux. Ensuite, il annoncera probablement sa candidature en ménageant son effet.

Juppé : l’aspirateur à parrainages

Nathalie Kosciusko-Morizet peine à exister dans la campagne de la primaire de la droite. Pourtant, sa posture originale devrait lui permettre de séduire une partie de l’électorat de droite, sensible à une approche sociétale ouverte et éloignée des positions de La Manif pour Tous et de Sens Commun, des pôles importants au sein des Républicains. Son problème immédiat est de s’assurer une présence au premier tour de la primaire, elle rencontre des difficultés à séduire les 20 parlementaires indispensables. Son déplacement à Bordeaux avec Alain Juppé a permis des échanges autour de cette problématique. Pour le candidat leader des sondages, il est également essentiel de s’assurer des soutiens de second tour.

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 4 et 11 décembre.

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Manifestations et grèves : répétition générale avant 2017 ?

Le danger est grand de considérer que l’alternance est acquise pour 2017 et que le nouveau président de la République ainsi que son gouvernement seront forts de la légitimité des urnes pour engager des réformes. 

Certains, à droite, s’y voient déjà et considèrent que l’issue de la primaire de novembre 2016 désignera le grand gagnant de l’élection présidentielle de 2017. C’est faire fi des aléas de la vie démocratique et de ce temps politique qui peut réserver tant de rebondissements… La surprenante combativité de François Hollande sur Europe 1, le 17 mai, laisse entrevoir la dureté des combats qui s’annoncent.

Les candidats ont toutefois un oeil attentif sur un autre phénomène qui monte : la violence singulière qui émaille les manifestations et la radicalisation de certains syndicats qui appellent à des grèves dures. La tentative de sabotage du métro de Rennes le 19 mai est une action de lobbying sociale jusque là inédite. Elle marque une nouvelle étape dans le recours à la force des manifestants après les violences répétées à l’encontre de la police.

Les candidats promettent de vastes réformes pour 2017 qui toucheront les nombreux acquis qui bloquent la France de toute part. Ces projets de remise en question de droits perçus comme des acquis non négociables par leurs bénéficiaires vont susciter des débats politiques mais la contestation autour de la loi travail peut être également analysée comme une répétition générale des mouvements qui ne manqueront pas de se lever après juin 2017.

Ces mouvements devraient être violents, radicaux et peu perméables à la négociation. C’est dire si les programmes devront être très préparés et surtout soutenus par ceux qui veulent que la France se réforme. Eux aussi devraient se mettre en mouvement dès à présent.

Mathieu Quétel, président de Sountsou – Affaires Publiques