Archives du lundi 27 avril 2015

Le lobbying n’est rien d’autre qu’un outil démocratique

Si le mot « lobbying » est devenu au fil des années et de certaines affaires, porteur de suspicions, il désigne une fonction stratégique de l’entreprise qui n’est rien de moins qu’un outil au service de la démocratie.

J’entends déjà les cris d’orfraie ici ou là. « Le lobbying ne vise qu’à dévoyer la décision publique », « les entreprises n’agissent que pour faire pression sur les élus », « cela permet d’acheter les décideurs publics », « regardez les affaires autour de certains pans de l’industrie », « ces influenceurs actionnent des réseaux douteux et souterrains » etc.

Il existe des affaires autour de certains groupes de pression, il ne s’agit pas de le nier. Certaines entreprises utilisent clairement des moyens radicaux pour parvenir à leurs fins, certains lobbyistes, se sont également spécialisés dans la « mise en relation amicale » facturée à prix d’or. Tout cela existe. Pour autant, ces pratiques doivent elles exclure votre entreprise de toute action dans la sphère publique ? La réponse est, clairement, non.

Une stratégie institutionnelle est essentielle pour toute entreprise ou Fédération professionnelle dont l’activité dépend, même partiellement, de la décision publique. Et elles sont innombrables à être dans ce cas. En réalité, de nombreuses entreprises devraient initier une démarche « Affaires publiques », car les règlements et la législation touchent beaucoup d’activités.

Le lobbying (ou appelez-le comme vous le souhaitez) est un fabuleux outil démocratique et un levier stratégique incontournable de l’entreprise, qui devrait être managé au plus haut niveau de celle-ci. En effet, il est indispensable pour les décideurs publics de connaître les positions des uns et des autres avant de prendre une décision. Contrairement à une idée reçue, ils n’ont aucun intérêt à affaiblir les entreprises. Bien au contraire, en ces temps de crise,  l’entreprise est au coeur de l’économie et de la société. Certains politiques en sont conscients, d’autres ont besoin d’être informés, d’échanger, afin de mieux comprendre et, pourquoi pas, d’évoluer.

Quant à l’entreprise, est-il acceptable qu’elle s’expose à des risques à cause de mauvaises décisions prises dans des sphères qu’elle aurait décidé d’ignorer ?

Mathieu Quétel, président de Sountsou

Politico investit Bruxelles

Politico est un jeune groupe de presse numérique américain qui a fait ses armes dans la capitale mondiale du lobbying, Washington.

Il se lance sur le Vieux Continent avec pour ambition de séduire les acteurs publics, les entreprises et les lobbyistes.

Politico s’est donc installé à Bruxelles le 23 avril. Le groupe de presse américain qui s’est imposé à Washington grâce à une ligne éditoriale originale tente l’aventure européenne. Le site a déjà embauché 40 journalistes pour sa filiale du Vieux Continent.

Politico est une très belle success story de presse numérique américaine à l’image du Huffington Post ou de Buzzfeed. Créé aux Etats Unis en 2007, le site veut imposer son ton résolument direct et son approche très éditorialisée de la vie législative. Politico veut raconter des histoires, il ambitionne d’avoir une approche peu institutionnelle et plus proche des acteurs de la vie politique.

Son modèle économique utilise la gratuité pour séduire les lecteurs avant de leur proposer des contenus payants exclusifs et pointus pour des sommes rondelettes, notamment autour de lettres thématiques dont le montant de l’abonnement peut atteindre 8000 euros par an.

Bonne chance Politico.

Pour visiter Politico, cliquer ici :

images-9

Lobbying : N’attendez pas tout de votre carnet d’adresses

Le chef d’entreprise est souvent impliqué dans la vie locale ou dans des clubs, ce qui lui donne l’occasion de croiser les élus, voire de sympathiser avec eux. Il est fréquent de rencontrer des décideurs économiques qui considèrent que leur seul carnet d’adresses suffira à résoudre les problématiques légales inhérentes à leur activité. Si ces relations sont utiles, souvent ponctuellement, elles ne peuvent en aucun cas servir de base à la résolution de difficultés liées à la sphère publique.

En effet, vos élus sont soumis à de multiples demandes, ils suivent plus particulièrement certaines thématiques qui ne relèvent pas nécessairement de vos activités et leur mission consiste à écouter tout le monde et à décevoir (en tout cas pour certains d’entre eux) le moins d’électeurs possible…

Le carnet d’adresses peut incontestablement se révéler utile à un moment ou un autre, mais certainement pas sur la durée ni en termes d’efficacité. Les relations institutionnelles doivent s’inscrire dans une démarche globale de long terme et basée sur les valeurs de l’entreprise et des éclairages précis sur ses problématiques. Elles revêtent des formes diverses et nécessitent une évolution permanente des stratégies. La connaissance de quelques élus, si importants soient-ils, ne vous aidera certes pas à gérer durablement les intérêts de votre entreprise. La complexité des arbitrages publics et les multiples enjeux qu’ils représentent demandent une approche extrêmement précise de la relation avec la sphère publique.

Votre entreprise vous impose quotidiennement de faire des choix, vous devez trancher, agir vite… Pensez que les élus et les décideurs publics sont soumis à la même pression, avec, en plus, des équilibres politiques à maintenir. Cette complexité est amplifiée par la crise économique, sociale et politique que nous traversons. Les majorités sont plus difficiles à trouver, elles sont protéiformes.

Des orientations gouvernementales peuvent être remises en question au Parlement, voire non suivies des effets escomptés par les autorités indépendantes chargées de les appliquer…

Paradoxalement, cette situation nouvelle peut être un avantage pour les entreprises, notamment les PME. Désormais, les décisions publiques doivent s’accompagner d’explications à différents niveaux, au sein du Gouvernement, au Parlement, au sein des majorités, des partis, entre acteurs publics qui interviennent sur les dossiers et, bien entendu, vis-à-vis du public, lequel n’est plus simple spectateur de la vie démocratique.
Pour toutes ces raisons, compter sur son seul carnet d’adresses constitue une erreur et peut conduire à des échecs majeurs.

Mathieu Quétel, président de Sountsou, auteur des Cahiers Experts « Les 10 erreurs à éviter en relations institutionnelles »

Pour continuer la réflexion sur les relations institutionnelles et ce qu’elles peuvent apporter à votre entreprise, téléchargez Les Cahiers Experts.

Les Cahiers N°1

Les hôteliers gagnent contre Booking

Les réservations en ligne représentent 34% du total des réservations de nuits d’hôtels en Europe. Les hôteliers étaient soumis aux conditions, parfois draconiennes, imposées par certains sites. L’Autorité de la concurrence vient de leur rendre, partiellement, leur liberté.

Il est stratégique pour les hôteliers d’être bien représentés sur internet et d’y préserver leurs marges. L’Autorité de la concurrence a rendu une décision, mardi 21 avril, qui revoit les relations entre les hôteliers et le site booking.com qui représente près de 25% des réservations de chambres en France.

Le site ne pourra plus imposer aux hôtels qu’il propose, de lui réserver le meilleur prix et de s’interdire des offres plus intéressantes, y compris sur leur propre site. Booking a pris des engagements qui s’appliqueront en France, en Italie et en Suède dès le 1er juillet. Les hôtels pourront désormais proposer des tarifs différents selon les sites et selon les commissions qu’ils prélèvent. Les hôteliers retrouveront également leur totale liberté en ce qui concerne leurs propres canaux de commercialisation, mel, téléphone, réception etc. Leur site internet est néanmoins exclu de ce dispositif. Ils seront, en outre, libres de proposer ou non des chambres à la location sur le site de réservation, selon les périodes et leur propre niveau d’occupation.

Expedia et les autres sites devraient appliquer ces engagements dans les prochains mois, Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de la concurrence, considère que ces mesures ont vocation à s’appliquer sur l’ensemble du territoire européen.

Les chiffres clés de la semaine

Les bonnes nouvelles fleurissent, la reprise frétille, un nouveau PDG est nommé, un magazine apparait, des adhérents disparaissent, des fonds se multiplient, des parlementaires s’instruisent…

2

C’est en pourcentage, la progression attendue de la production manufacturière française pour 2015. Les différents indicateurs économiques virent peu à peu au vert et permettent d’espérer que la reprise s’installe. Un signe qui ne trompe pas : les perspectives d’exportation des industriels français n’ont jamais été aussi élevées depuis 2000. L’Insee a mesuré une reprise assez nette des exportations depuis la mi-2014 et elle ne cesse de s’amplifier. Sur la période de novembre-décembre-janvier, la production industrielle a progressé de 0,3% par rapport aux trois mois précédents. C’est certes, moins que la zone euro qui progresse de 0,7% sur la même période et beaucoup moins que l’Allemagne (+ 1,6%) mais on passe d’une quasi-récession à une reprise de la production. Des signes réels et nombreux pourraient confirmer cette tendance positive : la demande à l’export et en France est repartie, les taux d’intérêts sont bas, le taux de marge des entreprises devrait se redresser et les récentes mesures annoncées par le Premier ministre devraient également peser dans la balance. Selon BNP Paribas, l’investissement devrait augmenter de 1,4% en 2015 et de 5% en 2016, Natixis est moins optimiste et place l’évolution à 0,6 % en 2015 et 2,7 % en 2016. Si la vérité se situe entre ces deux visions, alors la France aura bien renoué avec la reprise économique.

839

Le gouvernement avait accepté de verser un dédit de 839 millions d’euros à la société Ecomouv’ suite à la rupture du contrat de l’écotaxe. Les nouvelles ne sont pas bonnes cette semaine. Europe 1 a estimé le coût du démantèlement des pylônes à 10.000 euros par portique, Le Figaro va plus loin et avance la somme de 25.000 euros par portique… Finalement, l’ensemble des opérations de démantèlement des 173 portiques, des 230 bornes mobiles et des 720.000 boîtiers devrait avoisiner les 7 millions d’euros. Un chiffre très lourd et surprenant puisque la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, avait annoncé « s’occuper personnellement » de ce dossier et des autres possibilités d’utilisation de ces matériels. Il n’en sera rien, le dernier acte d’un formidable gâchis.

15,72

C’est en milliards de dollars, le montant record des fonds levés par les start-up américaines au premier trimestre 2015, selon le Dow Jones VentureSource. On retrouve les montants des années 2000, le temps de la bulle internet. Les projets financés sont moins nombreux mais requièrent des mobilisations de capitaux beaucoup plus importantes qu’en 2000. Ainsi, Uber a levé en janvier 1,6 milliard après avoir levé 1,2 milliard en décembre. Autre fait nouveau, les start-up américaines du club, très fermé, des valorisations de 1 milliard et plus (83 companies) retardent de plus en plus leur entrée en bourse. Elles n’entrent en bourse qu’après 11 années d’existence en moyenne, les fonds financent donc leur montée en puissance et leur laissent le temps de trouver la rentabilité.

131.000

C’est, selon Le Figaro, le nombre d’adhérents du PS, dont seulement la moitié serait à jour de cotisation… Or, l’enjeu est de taille pour le Congrès de juin qui devra se décider entre plusieurs motions assez différentes les unes des autres. Les adhérents ont jusqu’au 21 mai pour renouveler leur adhésion. Les différents responsables du PS se battent pour séduire les encartés qui ont désertés le parti. Le premier secrétaire aurait adressé un courrier aux « démissionnaires » qui ne paient plus de cotisation, ils pourraient réintégrer le parti sous la condition de régler deux années de cotisation. Ils seraient 28.875 à être concernés par cette mesure. Or, les différentes motions estiment que ces « démissionnaires » pourraient influencer les votes, lorsque les uns et les autres ne se soupçonnent pas de vouloir tricher, en faisant référence au Congrès de Reims en 2008. Ambiance.

40

Politico, s’est installé à Bruxelles cette semaine. Le groupe de presse américain qui s’est imposé à Washington grâce à une ligne éditoriale originale tente l’aventure européenne. Le site a déjà embauché 40 journalistes pour sa filiale du Vieux Continent. Politico est une très belle success story de presse numérique américaine à l’image du Huffington Post ou de Buzzfeed. Créé aux Etats-Unis en 2007, le site veut imposer son ton résolument direct et son approche très éditorialisée de la vie législative. Politico veut raconter des histoires, il ambitionne d’avoir une approche peu institutionnelle et plus proche des acteurs de la vie politique. Son modèle économique utilise la gratuité pour séduire les lecteurs avant de leur proposer des contenus payants exclusifs et pointus pour des sommes rondelettes, notamment autour de lettres thématiques dont le montant de l’abonnement peut atteindre 8000 euros par an.

34

C’est en pourcentage, la part des réservations de chambres d’hôtels en ligne en Europe. C’est dire s’il est stratégique pour les hôteliers d’être bien présents sur internet et d’y préserver leurs marges. L’Autorité de la concurrence a rendu une décision, mardi 21 avril, qui revoit les relations entre les hôteliers et le site booking.com qui représente près de 25% des réservations de chambres en France. Le site ne pourra plus imposer aux hôtels qu’il propose de lui réserver le meilleur prix et de s’interdire des offres plus intéressantes, y compris sur leur propre site. Booking a pris des engagements qui s’appliqueront en France, en Italie et en Suède, dès le 1er juillet. Les hôtels pourront désormais proposer des tarifs différents selon les sites et selon les commissions qu’ils prélèvent. Les hôteliers retrouveront en outre leur totale liberté en ce qui concerne leurs propres canaux de commercialisation, mel, téléphone, réception etc. Leurs sites internet sont exclus de ce dispositif. Ils seront également libres de proposer ou non des chambres à la location sur le site de réservation, selon les périodes et leur propre niveau d’occupation. Expedia et les autres sites devraient appliquer ces engagements dans les prochains mois, Bruno Lasserre, le président de l’Autorité de la concurrence, considère que ces mesures ont vocation à s’appliquer sur l’ensemble du territoire européen.

1

Les sénateurs et députés ont reçu la semaine dernière une invitation à venir passer une semaine en immersion dans l’entreprise. C’est à l’initiative de l’association « entreprises et progrès » que cette opération « Moi, parlementaire, une semaine dans les pas d’un dirigeant » est organisée pour la seconde année. En 2014, 25 parlementaires ont répondu présents et ont passé une semaine dans une société de leur choix. L’objectif 2015 est ambitieux, puisque l’association présidée par Denis Terrien, souhaite accueillir 100 parlementaires en entreprises.

3

C’est en milliards d’euros, le budget de France Télévision, à la tête de laquelle Delphine Ernotte vient d’être nommée par le CSA, pour une prise de fonction le 22 août prochain. Madame Ernotte est la première femme présidente de France Télévision, comme Mathieu Gallet, nommé, également par le CSA, en 2014, est le plus jeune président de Radio France. Le CSA a donc fait le choix du symbole pour cette nouvelle nomination. Delphine Ernotte est incontestablement un manager expérimenté, si elle n’est pas spécialiste de l’audiovisuel, elle est une experte du numérique et elle a une grande expérience des mutations à négocier au sein d’un groupe complexe. La crise de Radio France démontre, à ceux qui en doutaient, que l’audiovisuel public n’est pas une sinécure, les équations y sont complexes et le soutien de la tutelle est loin d’être acquis pour un PDG qu’elle ne nomme plus. Les défis sont nombreux pour Delphine Ernotte : la reconquête du jeune public, la mutation numérique du groupe France Télévision, la poursuite de la restructuration interne avec peut-être des choix cornéliens sur le périmètre des chaînes publiques, le positionnement stratégique d’une France 3 tiraillée entre sa vocation locale et ses programmes nationaux, la poursuite de la fusion des rédactions…. Certains syndicats se sont fendus de communiqués peu amènes en guise de bienvenue, la présidente devra également gérer ses relations avec les producteurs extérieurs. Mais son premier challenge est de constituer son équipe, la tolérance à l’erreur de casting sera assez limitée.

14

C’est en pourcentage la baisse des ventes de logements anciens en Ile-de-France sur un an, selon la Chambre des Notaires. Les prix poursuivent également leur baisse à raison de 2% par an en moyenne.