Archives du lundi 13 avril 2015

Le Lobbying nécessite un travail dans la durée

Un grand nombre d’entreprises ne s’intéressent aux Affaires Publiques qu’en période de tensions institutionnelles : mise en place de nouvelles règles, projet de loi, rapport parlementaire… Elles devraient plutôt engager un travail de fond et sur la durée, gage de meilleurs résultats, à un moindre coût.

Je rencontre souvent des chefs d’entreprises ou des dirigeants de Fédérations professionnelles qui conservent une approche méfiante et « défensive » des Affaires Publiques. Ils considèrent que les relations institutionnelles sont chronophages et qu’ils ont du mal à en mesurer les bénéfices quand, tant de missions diverses requièrent leur attention au quotidien dans l’entreprise.

Récemment, lors d’une rencontre, un dirigeant m’expliquait son expérience des relations institutionnelles à l’occasion de la discussion au parlement d’un projet de loi dont les effets le concernaient : « J’ai sensibilisé les parlementaires en envoyant près de 600 courriers et des mels, sans grands résultats » me disait-il.

Les parlementaires ne sont pas des « boîtes aux lettres », ils reçoivent de multiples sollicitations, envoyer des mailings impersonnels et non ciblés n’est certes pas la meilleure méthode pour mesurer les effets d’une bonne démarche institutionnelle. Sauf à avoir une démarche déjà très engagées et à être clairement identifié par les décideurs politiques, il s’agit même d’un coup pour rien. Ou presque.

Le lobbying n’est rien de moins que la défense de vos intérêts, face à ceux qui sont en situation de prendre des décisions qui pourraient toucher votre activité. Initier une action « affaires publiques » impose de prendre du temps, d’abord afin de définir vos objectifs, puis d’identifier celles et ceux qui s’intéressent, au sein du parlement, à votre activité, enfin agir lorsque le moment est venu, idéalement après avoir installé votre entreprise ou votre Fédération dans son environnement institutionnel.

Le lobbying impose donc beaucoup de travail, de la rigueur et une grande connaissance des rouages de notre démocratie. Il nécessite une approche spécifique et une attention particulière. Le  manque d’urgence et l’absence de crise constitue le moment idéal pour mettre en place une telle approche. Vous vous épargnerez des dépenses inutiles et serez étonné par son efficacité.

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter Les Cahiers Experts de Sountsou, en les chargeant ici.

Vous pouvez également effectuer votre « Diagnostic lobbying », confidentiel, personnel et gratuit en cliquant ici.

Mathieu Quétel, président de Sountsou

Les entrepreneurs investisseurs font du lobbying 

920 entrepreneurs investisseurs créent ensemble un club au sein de l’Afic (Association française des investisseurs pour la croissance) dont le but est d’inciter le gouvernement à mieux accompagner leurs investissements.

Le Club AFIC des Fonds d’Entrepreneurs sera un lieu de partage des expériences et de réflexion pour favoriser le développement de cette forme spécifique de capital-investissement dont l’une des caractéristiques est de lever une part significative de fonds auprès d’investisseurs privés, entrepreneurs ou familles entrepreneuriales.

Le total des capitaux gérés par ses 17 premiers membres s’élève à 615 M€, dont 450 M€ apportés par 920 investisseurs privés. Le solde soit 170 M€ correspond aux souscriptions de 50 investisseurs institutionnels.

Le Club a également pour objectif de contribuer à faire plus largement connaître cette forme de capital-investissement qui s’est développée en France depuis une décennie sur l’amorçage et le capital-risque, et qui, au cours de ces dernières années, s’est étendue à toute la chaîne de financement, du capital-développement jusqu’au capital-transmission.

Le Club a vocation à fédérer cette diversité de professionnels du capital-investissement, qui financent en fonds propres des PME françaises non cotées, en minoritaire ou en majoritaire, seuls ou avec d’autres sociétés de capital-investissement. Les 17 fonds d’entrepreneurs membres actuels du Club ont financé un total de 206 entreprises. 138 sont actuellement en cours d’accompagnement et représentent plus de 4.700 emplois pour un chiffre d’affaires cumulé de 730M€.

« Les fonds d’entrepreneurs établissent un lien singulier et proche entre des professionnels du capital-investissement, des investisseurs privés souvent issus du monde de l’entreprise, et des entrepreneurs en recherche de fonds propres et d’un accompagnement expérimenté. Ils représentent un mode de financement coopératif, en fort développement, animé par une même culture entrepreneuriale. » selon Isabelle de Baillenx, Présidente du Club des Fonds d’Entrepreneurs de l’AFIC.

Manuel Valls veut créer le « déclic » de la relance

Le redémarrage de l’économie tarde à se faire sentir, alors le Premier ministre a décidé d’engager un vaste plan axé sur l’investissement des entreprises et mobilise 2,5 milliards d’euros d’ici 2017, dont 500 millions dès cette année.

Manuel Valls fait donc un pari. Il est convaincu que les entreprises françaises sont en capacité d’investir, pour peu que l’État les incite à le faire et leur redonne confiance par des mesures d’accompagnement incitatives, à effet quasi immédiat. Il propose donc un plan « flash » offensif autour de 6 mesures phares :

  • Réduction de l’impôt sur les sociétés à hauteur de 13% de la valeur des investissements réalisés entre le 15 avril 2015 et 2016
  • Augmentation de 2,1 milliards sur trois ans de l’enveloppe de prêts de développement délivrés par BPI France
  • Amplification de la commercialisation de nouveaux contrats d’assurance-vie et déploiement du PEA-PME pour favoriser l’investissement privé
  • Mise en place de solutions de préfinancement à taux zéro des remboursements versés par l’État aux collectivités territoriales en matière de TVA
  • Prolongation en 2016 du crédit d’impôts pour la transition énergétique
  • Abondement de 70 millions d’euros du budget de l’Agence nationale de l’habitat pour financer plus e dossiers de rénovation énergétique

Ce dispositif s’ajoute bien entendu au 40 milliards de baisse de prélèvements du pacte de responsabilité entre 2014 et 2017.

Si le MEDEF accueille ce plan, qu’il voit comme « un effort positif », assez mollement, la CGPME est plus enthousiaste. Elle salue notamment « l’instauration d’un amortissement supplémentaire exceptionnel sur les investissements » susceptible de générer un impact « réel et tangible pour les entreprises en capacité d’investir », et se félicite des mesures d’accompagnement des collectivités territoriales qui « devraient avoir un effet positif sur les marchés publics locaux, actuellement en panne ».

De son côté, la Fédération Française du Bâtiment déplore que « la « mesure choc » de sur-amortissement ne concernera pas les bâtiments (…) alors que la tendance de l’activité sur ces segments de marché s’avère lourdement négative en 2015. En revanche, du côté de l’investissement public, le préfinancement des remboursements liés au Fonds de compensation pour la TVA (FCTVA) constitue une mesure de forte portée, comme démontré en 2009-2010. Elle permettra d’amortir les conséquences des chocs subis par les collectivités territoriales en 2014 et 2015. Enfin, du côté des ménages, la prolongation jusqu’à la fin 2016 du Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et le relèvement de 70 millions d’euros (+14 %) du budget de l’Agence Nationale de l’Habitat (ANAH) correspond à deux demandes récurrentes de la FFB ».

Un plan qui ne pourra jouer pleinement son rôle que si les mesures annoncées deviennent très rapidement effectives.

Les Bons mots de la semaine

Entreprises, Radio France, guerre au FN, présidentielles de 2017, la sélection des bons mots de la semaine par Sountsou.

Pierre Gattaz dans Le Figaro du 9 avril

« Il y a trois urgences pour les entreprises, trois chiffons rouges à lever. Tout d’abord, la simplification ne va pas assez vite et loin. (…) Ensuite, la fiscalité, qu’il faut continuer à baisser. Le gouvernement devrait avoir le courage de dire qu’il va revenir au niveau des dépenses publiques de 50% du PIB en plusieurs années, contre 58% aujourd’hui.» (….) La troisième urgence « Il s’agit de la législation sociale trop complexe, qui induit une véritable peur d’embaucher chez les chefs d’entreprise, notamment de TPE-PME »

Nicolas Sarkozy, au sujet de Radio France, dans Le Journal du Dimanche, daté du 12 avril

« Radio France est devenu un bateau ivre. Une ministre totalement dépassée, un président trop peu expérimenté à qui on fait jouer le rôle de bouc-émissaire, des syndicats trop puissants enfermés dans un conservatisme archaïque, voilà le résultat de la politique de François Hollande ! (…) Plus généralement je suis consterné par le manque de considération pour la création artistique et le monde de la culture de ce gouvernement. Dans la patrie de Victor Hugo, de Maupassant, de Balzac, pour ceux qui se voulaient les successeurs de François Mitterrand, quel désastre ! »

François Bayrou, interviewé par Le Point du 8 avril

« Je suis en désaccord avec cette majorité. Il n’a donc jamais été question que j’y entre. Mais je pense que l’avenir obligera les réformistes à travailler ensemble. (…) Entre les réformistes des deux camps – centre gauche et centre droit -, je ne vois pas de différences majeures. Il n’y aurait aucune difficulté créer une telle entente sur le fond. Mais le système est paralysé. Et on s’obstine à ne rien changer ! Ce sera un grand enjeu de la prochaine échéance présidentielle.» Au sujet de Juppé : « Nous avons, disons, un certain orgueil, qui fait que nous évitons les médiocrités.(…) Si sur la table le jour du vote en 2017, on trouvait seulement les bulletins Hollande, Sarkozy et Le Pen, des millions de Français n’auraient pas le bulletin qui représente leur opinion. »

Jean-Christophe Lagarde, au sujet de Laurent Wauquiez, cité dans Challenges daté du 8 avril

« Celui qui s’allie avec Wauquiez sans attendre la position qu’on prendra au niveau national sera exclu » car selon le président de l’UDI, le député UMP a des « positions si anti-européennes et crypto-lepénistes» qu’un accord avec lui est difficilement envisageable.

Jean-Christophe Lagarde, ni avoir tenu les propos rapportés par Challenges sur Laurent Wauquiez, et précise cette fois dans Le Lab Europe 1 du 10 avril

« Si l’UDI a d’ores et déjà fait le choix d’une liste autonome en Île-de-France, la stratégie n’est pas encore arrêtée dans les autres régions. Dans certaines d’entre elles, un partenariat avec l’UMP est possible et souhaitable, dans d’autres l’UDI peut avoir vocation à se présenter sous ses propres couleurs. Cela fera l’objet de débats internes puis la décision sera prise région par région. »

Marine Le Pen, au journal de 20 heures de TF1, le 9 avril

« J’ai décidé l’ouverture d’une procédure disciplinaire et donc Jean-Marie Le Pen sera convoqué devant le bureau exécutif.» (…) « C’est douloureux, mais croyez-moi, c’est beaucoup moins douloureux que ce que vivent nos compatriotes. C’est moins douloureux que d’attendre désespérément un boulot, moins douloureux que de ne pas réussir à offrir des vacances à ses gosses, moins douloureux que de vivre avec la peur au ventre parce que vous vivez dans un quartier touché par l’insécurité. Or c’est pour tous ces gens là, que, moi, je me bats »

Jean-Marie Le Pen, dans le magazine Rivarol, cité dans Le Lab Europe 1, le 7 avril

« Je n’ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître. […] Je considère que l’on a été très sévère avec lui à la Libération.»

Les chiffres de la semaine

Des Rafale, du lobbying patronal, des indices qui reprennent des couleurs, d’autres qui restent moroses mais pas sombres, des ruptures digitales, ce sont les chiffres d’une semaine riche, sélectionnés par Sountsou.

2017

L’année de la présidentielle est déjà dans la ligne de mire de la CGPME. Son nouveau président, François Asselin, n’a pas perdu de temps. Il demandé à Bénédicte Caron, vice-présidente de la CGPME de travailler sur un projet « business friendly » qui sera présenté à tous les candidats aux élections présidentielles. Une démarche intelligente de lobbying, révélée par l’Express daté du 8 avril.

36

C’est le nombre de Rafale commandés par l’Inde en « prêt à livrer », c’est à dire qu’ils seront assemblés en France, à Mérignac. Un contrat qui accélère l’équipement de l’Inde face au vieillissement de sa flotte dans un contexte géopolitique très tendu. Un autre contrat portant sur 126 appareils dont 108 doivent être fabriqués en Inde est toujours en cours de négociation mais prend plus de temps que prévu. En effet, l’Inde souhaite que cette commande donne lieu à un vaste transfert de technologie, plus complexe que prévu à mettre en oeuvre, et que Dassault garantisse les avions fabriqués en Inde, par l’usine publique HAL, avec des pièces indiennes, ce qui est difficile à concrétiser. Cette première commande ferme de 36 Rafale, qui intervient après les 24 appareils commandés par l’Egypte, va sans doute permettre à Dassault de monter peu à peu en puissance sa capacité industrielle qui est volontairement limitée par manque de commandes autres que françaises. À noter, que l’armée française devra attendre plus longtemps que prévu les appareils qu’elle attendait.

920

C’est le nombre d’entrepreneurs investisseurs qui créent ensemble un club au sein de l’Afic (Association française des investisseurs pour la croissance). Ces 920 entrepreneurs représentent 17 fonds différents qui gèrent 450 millions d’euros. Ils réinvestissent leurs gains dans des opérations à risque mais fortement créatrices de valeur et d’emplois. Précisément, le but de ce nouveau club est d’actionner un lobbying positif auprès des pouvoirs publics afin d’obtenir des  mesures fiscales adaptées à cette démarche d’engagement patrimonial. La présidence du club a été confiée à Isabelle de Baillenx.

120.000

C’est le nombre de manifestants recensés pour la grève nationale du jeudi 9 avril « contre l’austérité ». Le nouveaux patron de la CGT, Philippe Martinez, espérait une mobilisation de 100.000 personnes, il se satisfait donc de ce chiffre. Néanmoins, cette grève nationale  à l’appel de FO et de la CGT n’est pas le grand succès auquel nous aurions pu nous attendre face aux tensions au sein de la société. Les grève générales ne sont pas mobilisatrices, à la différence des manifestations catégorielles, comme celle des Notaires récemment. En outre, l’austérité n’est pas vraiment le problème actuel, puisque les salaires ne baissent et continuent même de progresser, de 1,2 à 1,5%, selon l’OFCE.

0

Un accord a été trouvé entre l’État et les concessionnaires d’autoroute. Les péages n’augmenteront pas en 2015 et les Sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA) engageront un plan d’investissement de 3,2 milliards d’euros contre un allongement de la durée de leur concession de deux ans en moyenne. 75% de ces investissements devront faire travailler en priorité des PME et 80% d’entre eux seront engagés d’ici trois ans. Les SCA contribueront également à hauteur de 1 milliard d’euros au financement des infrastructures publiques et projets de transports et abonderont pour 200 millions d’euros un fonds de financement des infrastructures géré par la Caisse des dépôts. 300 millions de ces engagements seront mobilisés des les trois premières années.

0,1

La Banque de France vient de relever de 0,1 point ses prévisions de croissance pour le premier trimestre 2015, soit une progression de 0,4% du PIB.  La Banque de France ne crie néanmoins pas victoire sur la crise et la reprise ne semble pas encore installée. Si l’activité s’est intensifiée dans le matériel de transport, hors automobile, la chimie, l’agroalimentaire et le matériel électrique, le bâtiment reste en panne. Quant à la production industrielle, elle affiche un recul de 0,7 % entre janvier 2014 et janvier 2015.

39

C’est en millions d’exemplaires le nombre d’Apple Watch qui devraient être vendues dans le monde d’ici septembre 2016, selon BMO Capital Markets. Le cabinet a baissé ses prévisions de 16 millions d’unités par rapport à son dernier rapport. Les premières montres d’Apple devraient être livrées à partir du 24 avril, leurs précommande sont ouvertes depuis le vendredi 10.

910

C’est en millions d’euros, le montant des soutiens publics dédiés à la filière bois en France. Un rapport du Sénat, rendu public le 8 avril, dénonce une politique française digne « d’un pays en voie de développement » sans cohésion, ni harmonie entre les différentes aides mobilisées en faveur de la filière bois. Ainsi le bois-énergie serait, selon le rapport sénatorial, trop favorisé au détriment « de l’usage du bois dans la construction, alors qu’il s’agit du principal débouché en France pour le bois matériau et ses dérivés ». La filière bois représente 440.000 emplois mais représente 10% du déficit de la balance commerciale française. En cause, de mauvaises orientations dans la production et l’utilisation du bois français.

9

C’est en en pourcentage la baisse des investissements des collectivités locales attendue en 2015, selon Standar and Poor’s. Les dotations de l’Etat aux collectivités locales chuteront de 11 milliards d’euros de 2015 à 2017, ce qui pourrait avoir de graves conséquences pour les PME qui bénéficient souvent des dépensent d’investissement de ces collectivités. Conscient de cette situation Bercy s’apprêterait à annoncer des mesures d’accompagnement en direction du bâtiment. Mais le gouvernement attire déjà l’attention sur les coûts de fonctionnement des collectivités locales qui pourraient être optimisés. Une analyse dénoncée par l’Association des Maires de France qui dénonce quant à elle le risque d’une baisse de qualité des services publics de proximité.

3

C’est la somme, en milliards de dollars, que s’apprête à investir IBM dans l’univers des objets connectés avec pour ambition de proposer aux industriels des outils pour créer de nouveaux services. IBM voit dans les 28 milliards d’objets connectés qui vont envahir notre quotidien (selon IDC) un véritable relai de croissance qu’il s’agit de ne pas rater. 2000 consultants et chercheurs seront mobilisés au sein de la division Internet des Objets.

18

C’est la progression en pourcentage du CAC Mid & Small depuis le début d’année, signe d’une bonne dynamique autour des PME et des ETI. Les profits de ces entreprises devraient progresser de 12% en 2015 selon Portzampac.

170,85

C’est en milliards de dollars, le montant des revenus que la publicité digitale devrait générer dans le monde en 2015, selon eMarketer. Les moteurs de recherche devraient se partager la somme de 81,59 milliards de dollars, soit une progression de 16,2%. D’ici 2019, toujours selon eMarketer, les moteurs de recherche devraient bénéficier de 130 milliards de dollars d’investissements publicitaires.