Vers un nouveau lobbying

La loi Santé met bien involontairement le lobbying sur le devant de la scène. Cette loi, toujours en discussion au Parlement, est l’occasion pour les défenseurs d’une modulation de la loi Evin et de l’industrie du tabac, de déployer des méthodes dignes d’une série américaine.

La discussion au parlement de la loi Santé nous donne l’occasion de décrypter les techniques d’influence déployées par certaines industries pour obtenir satisfaction de la part des décideurs politiques, elle signale également que certains élus sont les acteurs de dérives qui n’ont pas grand chose à voir avec l’intérêt général.

La mésaventure de la présidente de la commission des affaires sociales qui se voit imposer un « switch » de collègues qui débarquent au sein de sa commission pour orienter un vote de celle-ci en faveur des intérêts qu’elles défendent est révélateur d’un grave problème déontologique. Les députées en question n’auraient elles pas dues, au moins celle qui est viticultrice de profession, se mettre en retrait des débats sur la loi Santé relatifs à la réforme de la loi Évin ? Le Déontologue de l’Assemblée Nationale devrait avoir à se prononcer sur ce qui apparait comme un conflit d’intérêt qui entache un peu plus la crédibilité de la représentation nationale.

Quant aux « pressions » dénoncées par les soixante trois députés socialistes et écologistes dans leur tribune dans l’Obs, elles mettent en exergue les bonnes vieilles méthodes du lobbying « à la papa » qui continuent de prospérer dans certaines sphères et à faire tant de mal au monde économique et aux entrepreneurs.

Ces deux sujets traduisent la nécessité d’adopter de nouveaux modes d’échange entre le monde politique et économique. Sans même évoquer le fond de ces dossiers qui est loin d’être « blanc » ou « noir », il s’agit d’adopter un lobbying plus transparent qui repose sur la conviction et l’empathie plutôt que sur les pressions et les manipulations qui finissent par se retourner contre leurs initiateurs dans une société ouverte comme la nôtre.

Cette nouvelle posture, suppose également que le monde économique et les entrepreneurs s’investissent vraiment dans une démarche volontaire vers les décideurs politiques.