Qui sera le Donald Trump français ?

Certains candidats à la présidentielle pourraient incarner le Donald Trump français. Ils fourbissent leurs armes et essaient d’adapter à la France, les recettes qui ont fonctionné dans d’autres pays. Ils sont principalement trois à pouvoir prétendre, pour des raisons différentes, devenir le Donald Trump français : Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen. 

Ces trois personnalités semblent en mesure de pouvoir incarner ce que les électeurs semblent percevoir comme un recours à leurs cris trop longtemps rester sans écho.

Jean-Luc Mélenchon, avec son appel à « la France des insoumis » souhaite représenter cette France silencieuse qui souffre. Il refuse d’être comparé à Donald Trump, son modèle ce sont plutôt les mouvements de gauche alternative de 2013, Podemos, 5 étoiles et Syriza, qui ont balayé l’Espagne, la Grèce et l’Italie. S’il recueille aujourd’hui 15% d’intentions de vote, il ne parvient pas à réunir sur son nom une véritable majorité, néanmoins il suscite une attention du côté de la gauche radicale.

Mais, les attentes des citoyens, aujourd’hui, en France comme ailleurs, se situent plutôt du côté de la droite radicale.

Nicolas Sarkozy, fin politique, a bien compris que le discours transgressif de Donald Trump est porteur de succès électoraux potentiels. Il s’est bien gardé de critiquer Donald Trump après son élection, il a même clairement pris position en faveur d’Hillary Clinton. Il investit toutefois avec délectation, les territoires du « populisme » pour mieux en tirer profit. Ses dernières sorties tonitruantes, dont sa campagne anti-Bayrou et la « double ration de frites », ne sont que les marqueurs de cette stratégie. Il entraine immédiatement les réactions effarouchées des « bien-pensant » et des tenant du « politiquement correct » et de la « pensée unique » qui se chargent de l’installer comme le candidat « antisystème »… Toutefois, l’ancien président de la République ne souhaite pas être officiellement assimilé à un Donald Trump français même s’il chasse volontiers sur les terres des experts en la matière, le Front National.

Marine Le Pen est la meilleure incarnation de ce Donald Trump français. Elle a été la première à se féliciter de l’élection du nouveau président américain, elle veut croire que son heure est arrivée. Sauf qu’à la différence du tombeur de Clinton, elle fait tout pour lisser son image et se rapprocher d’une candidature rassurante pour une « France apaisée ». Une différence de taille avec la stratégie clairement populiste et assumée comme telle de l’américain qui a mis K-O son parti puis Hillary Clinton. Il n’en reste pas moins que sa candidature est incontestablement crédibilisée par l’élection américaine.

Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy revendiquent tous les deux être encore sous-estimés dans les sondages, ils pensent qu’ils existe un « vote caché » en ce qui les concerne. Ils misent tout sur cette France silencieuse qui, à l’image des Etats-Unis, pourrait créer la surprise.

L’ancien président de la République constitue le candidat le plus original en la matière puisqu’il puise dans les codes du populisme pour appuyer sa stratégie électorale dans le seul but d’être élu. De la communication en somme, tout ce que les électeurs sensibles aux messages « populistes » rejètent…