Primaire : Ça chauffe à droite

Nos informations sur les coulisses de la primaire à droite.

MAM candidate hors primaire ?

Le Monde révélait le 20 juin que Michèle Alliot-Marie devrait annoncer sa candidature à la présidentielle de 2017 le 4 juillet, à l’occasion d’un déplacement en Alsace. Si la candidature de MAM n’est pas une surprise, son refus de passer par la case primaire de la droite en est une. En effet, l’ancienne Ministre de Nicolas Sarkozy jugerait, selon des propos rapportés par Le Monde, l’étape de la primaire « pas à la hauteur des enjeux », elle réduit même cette élection interne « à des procédures », une sorte de lourdeur administrative, à laquelle elle feint de ne pas vouloir se soumettre. Celle qui revendique son identité gaulliste, absente des médias depuis des mois, essaie sans doute de créer une visibilité à sa candidature. En effet, la primaire de la droite a déjà suscité de nombreuses vocations, douze personnalités de niveaux divers se sont déclarées et il est difficile dans ce contexte d’exister. Autre préoccupation, la capacité des candidats à réunir les différents parrainages indispensables à la validation de leur candidature. Mais MAM a sa carrière derrière elle, elle pourrait également être tentée par une sorte de baroud d’honneur électoral, en forme d’hommage solitaire au Général…

Guaino dit non au programme de LR

Henri Guaino ne devrait pas participer au Conseil national de LR, prévu le 2 juillet. Le dernier candidat déclaré à la primaire de la droite, fidèle au Général de Gaulle, considère que l’élection présidentielle est la rencontre entre un homme et les Français. Il refuse donc de voter à un Conseil national qui prévoit de valider un socle commun des candidats de LR pour la présidentielle. Au sein des candidats à la primaire, nombreux sont ceux à être sur la même ligne et à hésiter à se rendre à ce Conseil national vécu par les uns et les autres comme une manipulation du camp sarkozyste.

Le Conseil national de LR, instrument sarkozyste ?

Si la campagne officielle de la primaire de la droite ne doit démarrer que le 21 septembre, les esprits s’échauffent déjà depuis plusieurs semaines. Le 2 juillet Nicolas Sarkozy souhaite réunir un Conseil national de LR afin de valider le programme du parti pour la présidentielle, mais bon nombre de candidats à la primaire y voit un piège. Ils considèrent que valider ce « socle commun » reviendrait à s’enfermer autour de propositions portées et défendues par Nicolas Sarkozy, alors qu’il devrait être candidat à la primaire. Ils s’imaginent déjà lors des débats publics se faire gentiment remettre à leur place par un Sarkozy candidat qui défendrait un programme qu’ils auraient tous adopté.

Le grand chamboule-tout lyonnais

À Lyon, LR, sous l’impulsion de Laurent Wauquiez le nouvel homme fort de Rhône-Alpes, vient de procéder à un important renouvellement de ses candidats aux législatives de 2017. Deux anciens députés, Emmanuel Hamelin et Michel Havard qui espéraient bien retrouver leurs sièges se sont vus écartés au profit de deux femmes, proches du nouveau président de Région et soutien de Nicolas Sarkozy. On retrouve en effet la patte de Laurent Wauquiez dans ces désignations. Anne Lorne, est l’égérie de la Manif pour Tous à Lyon, Laurence Balas est conseillère municipale d’opposition. Du côté de LR, on explique ces choix par la volonté de féminiser les candidats à la députation. Il faut y voir également la stratégie de montée en puissance des radicaux du parti qui font pression pour prendre encore plus de pouvoir et pour que leurs idées soient intégrées dans le projet présidentiel.

Juppé est-il ciblé dans les investitures aux législatives ?

Décidément, le ton ne cesse de monter entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, même si le combat reste à distance et que ce sont les proches qui sont visés. Dernière source de tension en date, les arbitrages de 15 à 20 circonscriptions pour les législatives de 2017 qui auraient tournés « systématiquement » selon Gilles Boyer au désavantage du camp juppéiste. Le cas de Maël de Calan, jeune protégé d’Alain Juppé dans le Finistère ne passe pas. Un vote sur cette circonscription tendue aurait permis la désignation du candidat défendu par le Maire de Bordeaux mais la Commission nationale des investitures a préféré « geler » la circonscription…

Henri et Michèle doivent être « gérés »

Michèle Alliot-Marie et Henri Guaino souhaitent porter les couleurs du Général De Gaulle à la primaire de LR. Néanmoins, ils ont un problème de taille : il leur manquerait les parrainages nécessaires pour se qualifier. L’un et l’autre ont déjà fait savoir qu’ils se présenteraient donc directement à la présidentielle dans le cas où le passage par la primaire se révèlerait inaccessible du fait du règlement de celle-ci. MAM envisage même de passer directement par l’évitement de la case primaire. Outre leur attachement indéfectible aux valeurs gaullistes, l’un et l’autre partagent de grandes réserves à l’égard d’Alain Juppé. Un « atout » qui intéresse fortement le camp des fidèles de Nicolas Sarkozy. Ce dernier pourrait avoir intérêt à voir quelques centaines  ou milliers de voix captées par les gaullistes au premier tour de la primaire de droite au détriment … du maire de Bordeaux, tout en bénéficiant d’un ralliement toujours bienvenu pour le second tour. En ce qui concerne la présidentielle, l’enjeu du premier tour est de se qualifier, toutes les voix seront donc directement utiles. Alors, certains plaident pour qu’un soutien soit apporté à l’un et à l’autre.

La stratégie Juppé en question

Avec des sondages si stratosphériques, un coup de mou était prévisible et même attendu dans le camp d’Alain Juppé. Néanmoins, la stratégie de l’ancien premier Ministre commence à inquiéter au sein même de ses soutiens. Le Maire de Bordeaux est jugé peu audible, il mène une campagne assez terne et adopte des positions « molles » sur bien des sujets. Or, l’époque est à la radicalité et les attentes des électeurs de la primaire sont sans doute plus droitières que celles de l’ensemble des Français. Dans ce contexte, l’équilibre prôné par Alain Juppé ressemble de plus en plus comme un pari à hauts risques. Si le tassement sondagier est engagé, son avance reste confortable et rien ne dit qu’il est déjà en voie de « balladurisation » comme en rêve ses concurrents. En revanche, il est clair pour beaucoup de ses soutiens que sa campagne devra se muscler dans les prochaines semaines.

Frédéric Lefebvre privé d’investiture

Être candidat à la primaire de la droite peut avoir des conséquences inattendues. Frédéric Lefebvre, ancien très proche de Nicolas Sarkozy, n’a pas été réinvesti dans sa circonscription des Français de l’étranger, il lui est reproché des propos un peu trop offensifs à l’égard du président de LR et des positions en contradiction avec son parti…

Juppé devancé par Sarkozy

Dans le dernier baromètre Odoxa, Nicolas Sarkozy recueille 66% d’adhésion auprès des sympathisants de droite, une hausse de 4 points qui lui permet de repasser devant Alain Juppé qui enregistre une chute de 15 points pour atteindre 62%. Odoxa rappelle que l’écart entre les deux hommes était de 20 points en faveur d’Alain Juppé au début de l’année. S’il reste la deuxième personnalité préférée des Français avec 35% d’adhésion, Alain Juppé perd 3 points, loin derrière lui, classé huitième, Nicolas Sarkozy gagne 2 points à 23%.

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.