Lobbying et entreprise, le malentendu

Le lobbying est presque devenu un « gros mot » y compris pour celles qui en ont le plus besoin, les entreprises. Or, le lobbying est un outil comme un autre à disposition du chef d’entreprise pour faire entendre ses positions et créer de la valeur.

Peu d’entreprises intègrent dans leur stratégie les relations institutionnelles qui sont pourtant essentielles dans l’approche des marchés. Encore appelées affaires publiques ou lobbying, elles sont trop souvent assimilées à une forme de trafic d’influence ou de manipulation des élus. Certes, des mauvais comportements ont été dénoncés au fil des ans, mais ils ne doivent pas remettre en question l’utilité et l’intérêt de la démarche institutionnelle pour l’entreprise. Il ne s’agit, ni plus moins, que d’expliquer les objectifs de celle-ci, ses besoins en ce qui concerne les règlements en vigueur voire simplement de se faire connaitre.

La défiance à l’égard du monde politique ne plaide pas en faveur de l’initiation d’une démarche « affaires publiques » au sein des entreprises. Les chefs d’entreprise sont assez éloignés de la sphère publique qu’ils voient souvent comme un « mal » nécessaire mais certainement pas comme un partenaire possible. Ils ont donc du mal à percevoir l’intérêt d’entrer en contact avec les décideurs politiques, même quand leurs intérêts sont en jeu !

De leur côté, les élus ont été échaudés par des comportements parfois arrogants et agressifs de certaines entreprises dans leur approche. Il existe encore trop d’opérations de lobbying conçues comme de véritables assauts de l’Assemblée Nationale et du Sénat avec des mailings en série, des volées d’amendements pré-écrits, quand ces opérations ne se cachent pas derrière de pseudos colloques ou clubs parlementaires dont l’unique objectif est de « monnayer » du contact.

C’est ainsi, qu’au fil du temps, une forme de malentendu s’est installé entre les élus et les entreprises. Les bonnes pratiques commencent à s’installer des deux côtés, mais cela prend du temps.

Pourtant, les parlementaires et les élus en général sont demandeurs de contacts directs avec les acteurs économiques, créateurs de richesses et d’emplois, à condition que ces échanges se déroulent en transparence. En effet, les élus ont besoin de comprendre à la fois le fonctionnement de l’entreprise et ses enjeux. Être absent de ce débat peut se révéler très coûteux pour le chef d’entreprise.

Mathieu Quétel, président de Sountsou