Le lobbying n’est rien d’autre qu’un outil démocratique

Si le mot « lobbying » est devenu au fil des années et de certaines affaires, porteur de suspicions, il désigne une fonction stratégique de l’entreprise qui n’est rien de moins qu’un outil au service de la démocratie.

J’entends déjà les cris d’orfraie ici ou là. « Le lobbying ne vise qu’à dévoyer la décision publique », « les entreprises n’agissent que pour faire pression sur les élus », « cela permet d’acheter les décideurs publics », « regardez les affaires autour de certains pans de l’industrie », « ces influenceurs actionnent des réseaux douteux et souterrains » etc.

Il existe des affaires autour de certains groupes de pression, il ne s’agit pas de le nier. Certaines entreprises utilisent clairement des moyens radicaux pour parvenir à leurs fins, certains lobbyistes, se sont également spécialisés dans la « mise en relation amicale » facturée à prix d’or. Tout cela existe. Pour autant, ces pratiques doivent elles exclure votre entreprise de toute action dans la sphère publique ? La réponse est, clairement, non.

Une stratégie institutionnelle est essentielle pour toute entreprise ou Fédération professionnelle dont l’activité dépend, même partiellement, de la décision publique. Et elles sont innombrables à être dans ce cas. En réalité, de nombreuses entreprises devraient initier une démarche « Affaires publiques », car les règlements et la législation touchent beaucoup d’activités.

Le lobbying (ou appelez-le comme vous le souhaitez) est un fabuleux outil démocratique et un levier stratégique incontournable de l’entreprise, qui devrait être managé au plus haut niveau de celle-ci. En effet, il est indispensable pour les décideurs publics de connaître les positions des uns et des autres avant de prendre une décision. Contrairement à une idée reçue, ils n’ont aucun intérêt à affaiblir les entreprises. Bien au contraire, en ces temps de crise,  l’entreprise est au coeur de l’économie et de la société. Certains politiques en sont conscients, d’autres ont besoin d’être informés, d’échanger, afin de mieux comprendre et, pourquoi pas, d’évoluer.

Quant à l’entreprise, est-il acceptable qu’elle s’expose à des risques à cause de mauvaises décisions prises dans des sphères qu’elle aurait décidé d’ignorer ?

Mathieu Quétel, président de Sountsou