Les effets dévastateurs du Brexit  

(Notre mise à jour du 12 juillet) Les coulisses du Brexit ont révélé une classe politique britannique peu reluisante. Finalement, le choc européen n’est qu’une suite de calculs politiciens peu valorisants qui ont fini par placer tout un pays et ses alliés dans une impasse de laquelle il sera désormais difficile de s’extraire. 

Le référendum sur l’appartenance de l’Angleterre à l’Union Européenne est le résultat d’un calcul électoral de David Cameron. Conscient de la défiance de ses compatriotes à l’égard de l’Europe, que les politiques anglais entretiennent avec régularité depuis des décennies, il a cédé à la tentation du référendum pour gagner les élections. Ce calcul lui aura permis d’occuper quelques années le 10 Downing Street avant de se faire évacuer par l’issue fatale de sa consultation référendaire.

Quant à l’ancien maire de Londres, Boris Johnson, conservateur comme Cameron, après sa réussite à Londres, il rêvait d’occuper le fauteuil de Premier ministre. Il s’impose comme le roi des manipulations, trahisons et retournements. Le référendum de son collègue lui offrait une opportunité en or, il s’engage dans la campagne pour le Brexit, alors qu’il était un européen convaincu quelques années auparavant. Sa victoire aura été de quelques heures à peine puisque le coup de couteau dans le dos lui a été porté quasi immédiatement par son partenaire, le Secrétaire d’Etat à la Justice Michael Gove. Celui-ci a savonné la planche de son allié puis s’est porté candidat pour la direction du Parti conservateur.

Les espoirs de Boris Jonhson ne se sont pas totalement envolés puisqu’il a soutenu la candidature de la Ministre de l’Energie Andrea Leadsom, en espérant sans doute obtenir un portefeuille dans son gouvernement en cas de victoire. Premier succès, Johnson a eu la peau du « traitre » Michael Gove en assurant la promotion de Leadsom au sein du parti. Nouvel échec avec le retrait surprise de sa candidate le 11 juillet au profit de son adversaire Theresa May.

Car une nouvelle Miss Thatcher est également apparu en la personne de la Ministre de l’Intérieur, Theresa May. Sa campagne ultra discrète contre le Brexit et ses propos très durs contre l’Union Européenne lui ont permis d’être le choix final des Tories et de s’installer au 10 Downing Street, par le biais d’une « Blitz Krieg » victorieuse. (MàJ 12 juillet)

Du côté du Labour, la crise interne est très profonde, les opposants à son dirigeant, Jeremy Corbyn lui reproche son manque d’engagement dans la campagne et ont voté une motion de défiance à son égard. Malgré cela, il s’accroche à son siège et n’envisage pas de démissionner.

Les intérêts des Anglais sont bien loin et la crise immobilière et financière qui pointent déjà ne semblent pas concerner plus que cela une classe politique très concentrée sur sa réorganisation et au partage des fauteuils ministériels et autres avantages.

Ce spectacle pitoyable pourrait bien avoir des répercussions sur les démocraties voisines qui seront concernées prochainement par des élections. La France en fait partie.