Effets des attentats, bulle internet, Télécoms, Budget…

Nos chiffres clés de la semaine sont bien entendu témoins des premiers effets économiques des attentats du 13 novembre, ils évoquent également le risque de bulle spéculative sur les valeurs technologiques aux États-Unis, les doutes qui pèsent sur le Budget 2016 (encore) et les investissements que s’apprêtent à consentir les opérateurs Télécoms.

2,8

L’affaire a été rondement menée. La vente des fréquences 700 Mhz aux opérateurs télécoms va rapporter 2,8 milliards d’euros à l’Etat, une somme qui sera directement versée au budget général. Il s’agit d’une bonne opération pour le Budget puisque ce résultat dépasse de 300 millions d’euros l’objectif de réserve fixé. Free obtient deux blocs de 5 Mhz pour 932 millions alors qu’il aurait pu espérer en avoir trois. C’est Orange qui tire le mieux son épingle du jeu en obtenant le maximum du potentiel que lui autorisait l’Arcep. Quant à SFR et Bouygues, ils obtiennent un bloc chacun. La prochaine étape consistera, pour les quatre opérateurs, à négocier leur place dans la bande de fréquences, pour cela ils devront débourser jusqu’à 50 millions d’euros. Ensuite, viendra le temps des investissements pour le déploiement avec une réelle pression posée par l’Arcep dans les objectifs fixés : forte présence rurale, déploiement des services en mobilité, notamment dans les trains, amélioration sensible des services en 4G afin de préparer celui de la 5G…

50

L’Umih, le principal syndicat de l’hôtellerie en France s’inquiète des répercussions des attentats sur le tourisme et la fréquentation des hôtels. Ainsi, dans l’hôtellerie de luxe, l’effondrement de l’activité serait déjà de l’ordre de 50%. Néanmoins, après l’effet de choc bien compréhensible, les réservations pour la fin d’année pourraient reprendre de la vigueur dès les prochains jours. Malgré tout, selon l’Umih, le mois de novembre sera catastrophique pour l’industrie hôtelière à Paris et en Île de France. Les annulations des Salons ont eu des répercussions catastrophiques sur la fréquentation des hôtels. Il faut donc s’organiser pour passer cette période de tensions économiques. Bpi France qui finance de nombreux hôtels met en place des mesures d’accompagnement et l’Umih travaille pour obtenir un lissage du paiement des charges sociales pour les établissements en difficulté. En attendant des jours meilleurs.

500

Les députés ont voté le Budget 2016 qui était déjà assez flou quant au financement de plusieurs mesures. Avec les mesures exceptionnelles prises après les attentats du 13 novembre, le Budget 2016 est désormais invalide à peine voté. En effet, les différentes décisions du gouvernement sur les effectifs de la police, de la gendarmerie, du renseignement ou de l’armée ne sont bien entendu pas incluses dans ce Budget. En outre, le Premier ministre a confirmé qu’elles ne seraient pas financées par des économies sur d’autres budgets. Dans ce contexte, le déficit public va glisser vers un dépassement assez net des objectifs de 3% négociés avec Bruxelles. En fait, le Budget 2016 avait déjà assez sensiblement glissé vers le dérapage. Or, le coût des nouvelles mesures est déjà estimé à 600 millions pour 2016 et plus d’un milliard au delà. Le déficit public de la France devrait être de 3,8% du PIB en 2015, 3,3% en 2016 et 2,7% en 2017.

20

Selon l’Institut de l’élevage, le revenu des éleveurs de bovins devrait encore baisser de 20% en 2015 pour atteindre son plus bas niveau depuis dix ans. Les aides européennes continuent de diminuer alors que les charges ne cessent d’augmenter. Ce sera surtout le cas dans les régions touchées cet été par la sécheresse qui entraîne un déficit fourrager important : le Massif Central, la Bourgogne et Rhône Alpes. La consommation de viande continue également d’être victime de la désaffection des Français qui la trouvent trop chère, surtout le boeuf. Parallèlement, la viande hachée représente désormais près de la moitié de la viande consommée en France, or, elle ne permet pas de créer la même valeur que les morceaux « nobles » pourtant plus adaptés au cheptel français. La seule porte de sortie pour les éleveurs semble être l’exportation en dehors de l’Europe mais à condition que les frontières sanitaires s’assouplissent.

25

La Silicon Valley a-t-elle profité ces dernières années d’une bulle prête à se dégonfler ou à éclater ? C’est la question que commencent à sérieusement se poser certains fonds d’investissement qui viennent de procéder à des dévalorisations de certaines de leurs valeurs technologiques. Ainsi, Fidelity a réduit de 25% la valeur de Snapchat dans ses comptes, idem pour BlackRock pour sa participation dans Dropbox. Ces entreprises, pourtant valorisées plusieurs milliards de dollars pendant leurs opérations de levées de fonds, ne parviennent pas à traduire en rentabilité leurs innovations. En outre, les entrées en Bourse se révèlent comme de terribles épreuves de vérité pour nombre d’entre elles. Selon le Wall Street Journal, cité par Les Échos, près d’un quart de celles qui se sont cotées depuis 2014 étaient valorisées à la mi-octobre en dessous de leur valeur d’introduction.

300.000

Début novembre, le ministère de la Culture a étendu les aides à la presse au titre du pluralisme d’opinions, jusqu’ici réservées aux quotidiens, à une cinquantaine de titres. Fleur Pellerin a souhaité conditionner cette aide au fait de ne pas dépasser 300 000 exemplaires et de ne pas avoir été condamné pour racisme, antisémitisme ou incitation à la haine ou à la violence au cours des cinq dernières années. Or, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles a été condamné en mars dernier pour provocation à la haine contre les Roms. S’estimant lésé par le dispositif mis en oeuvre par la rue de Valois, Valeurs actuelles a porté plainte contre la France devant la Commission européenne «pour aide d’Etat incompatible avec le traité de l’Union européenne». Il soupçonne Fleur Pellerin d’avoir posé ces conditions pour des raisons politiques.

70

Les fédérations de commerçants indépendants ont été reçues en urgence par la secrétaire d’État au Commerce, Martine Pinville. Les fédérations souhaitaient relayer les fortes inquiétudes de leurs adhérents auprès du gouvernement après les attentats du 13 novembre. Les ventes du secteur de la chaussure se sont effondrées de 70% à Paris et de 30 à 40% en province. Le jouet a vu ses ventes chuter de 65% samedi 14 novembre et de 25% le lundi suivant. Du côté de l’habillement, les chiffres d’affaires marqueraient un recul de l’ordre de 30%. Les ventes devraient reprendre progressivement, mais les professionnels craignent un transfert de l’activité vers internet et demandent au gouvernement un plan de mesures d’urgence en direction des petits commerçants déjà affaiblis par la crise : renforcement de la présence policière en centre-ville, indulgence des banques et un report de la contribution foncière des entreprises, dont le paiement est fixé pour le 15 décembre.

2016

Volkswagen mettra en conformité les véhicules de ses clients français dès le début de l’année 2016. Dans un courrier adressé le mardi 17 novembre à sa clientèle française, le constructeur l’informe du dispositif mis en place, rapporte Le Figaro. Néanmoins, Volkswagen ne croit pas utile d’expliquer les raisons de ce rappel et reste silencieux sur les éventuels dédommagements qui pourraient être versés. Aux Etats-Unis, le constructeur a pourtant mis en place un dispositif de bons d’achat.

2

L’organisation terroriste Etat islamique (EI) revendique un revenu annuel de 2 milliards de dollars. Le Congrès américain évalue ses ressources réelles à 1,2 milliards. L’EI tire cette fortune des huit champs d’hydrocarbures qu’il contrôle en Syrie et en Irak, des impôts qu’il prélève sur les populations, de ses différents pillages et rackets, de l’agriculture, du kidnapping et du trafic d’objets d’art ou encore de donateurs étrangers. Cette dernière source de revenus auraient considérablement baissée ces dernières années.

15

La Fédération de l’e-commerce (Fevad) estime que la progression des achats sur internet devraient être de 15% en 2015. Le montant global atteindrait un record de 65 milliards pour l’ensemble de l’année 2015. La seule période de Noël devrait concentrer 13 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 13% par rapport à 2014. Les responsables de la Fevad estiment qu’il est encore top tôt pour se prononcer sur l’impact des attentats du 13 novembre. En effet, le e-commerce pourrait profiter d’un transfert des achats des magasins vers le net en raison de la crainte des consommateurs de se trouver exposer à d’éventuels attentats, il pourrait également pâtir comme les autres commerces d’un recul possible de la consommation.