Brèves de primaire de la droite

Nos informations sur les coulisses des primaires à droite.

Fillon-Juppé, combat loyal

Le Parisien rapporte comment les deux candidats se sont mis d’accord pour ne pas se gêner lors de leurs déplacements respectifs en Nouvelle-Calédonie pour la primaire de la droite. Chacun d’eux avaient choisi la deuxième moitié du mois de juillet pour se rendre dans le Pacifique, un hasard de calendrier de campagne qui aurait pu les neutraliser sur place ou tendre inutilement leurs relations. Alors François Fillon, qui n’avait pas encore réservé ses billets, a décidé de décaler son déplacement au moins d’août. Une façon comme une autre de ne pas insulter l’avenir.

Quel sera le choix de Le Maire ? 

La question parcourt déjà les staffs de campagne : « Qui Bruno Le Maire rejoindra pour le premier tour de la présidentielle ? ». Si les sondages se confirment Bruno Le Maire pourrait être le troisième homme de la primaire de la droite, même s’il est convaincu qu’il sortira vainqueur du match. Alors se pose la question de son ralliement pour la campagne présidentielle, le ticket Sarkozy-Baroin a déjà été annoncé et la place de Premier ministre en cas de retour de l’ancien Président à l’Élysée est semble-t-il déjà occupée. Néanmoins, l’élection présidentielle est encore loin et sera-t-il possible d’ignorer la « surprise » de la primaire de la droite ? Alors commence à prospérer l’idée d’un autre ticket Sarkozy-Le Maire.

Ciotti lache Fillon en grande pompe

Eric Ciotti a eu droit le dimanche 3 juillet aux honneurs de son premier « Grand Jury RTL-Le Monde-LCI », l’une des émissions politiques les plus prestigieuses du PAF. Le député et président du Conseil départemental des Alpes Maritimes avait une annonce à faire, il rejoignait l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy et lâchait François Fillon en pleine pré-campagne de la primaire. L’ancien Premier ministre paie cash le ronronnement de sa campagne et son isolement dans les sondages, les plus ambitieux vont voir ailleurs et se tournent vers ceux qui ont le plus de chance de l’emporter. Pour une telle annonce, il fallait donc une émission à la dimension d’Éric Ciotti et de son ambition, le nécessaire a donc été fait pour « négocier » cette participation à l’émission qui a permis au député de passer un nouveau cap en contrepartie de l’annonce exclusive de son ralliement à l’ancien Président de la République.

Fillon a-t-il « envie » ?

La course à la présidentielle est un combat très ardu. Les candidats doivent être animés d’une envie qui va leur permettre de se dépasser et de traverser les épreuves qui les attendent avant de disposer des clés de l’Elysée. Cette hargne intérieure tout le monde ne l’a pas. Dans l’entourage de François Fillon on commence à s’interroger sur les raisons pour lesquelles le candidat qui dispose pourtant du meilleur programme, d’une connaissance profonde des institutions et d’une  grande expérience du pouvoir, n’accroche pas l’opinion. Le doute s’installe peu à peu sur son souhait réel de se donner à fond dans cette campagne tant son manque d’entrain à enfreindre ses retenues personnelles est évident et se transforme en véritable handicap. Des soutiens commencent à quitter le navire, ce qui n’est guère encourageant sur les capacités du candidat à se dépasser.

Juppé s’affaiblit, Sarkozy se renforce

La dernière livraison de l’enquête électorale Cevipof-Le Monde réalisée par Ipsos Stéria confirme la tendance déjà donnée par de nombreux sondages ces dernières semaines. Alain Juppé s’installe dans une pente baissière quand Nicolas Sarkozy ne cesse de gagner des intentions de vote. Pour le premier tour de la primaire de la droite, Alain Juppé est toujours donné en tête à 38% (en baisse de trois points), Nicolas Sarkozy en deuxième position avec 30% (en hausse de tous points) et Bruno Le Maire conforte encore sa troisième position à 16%. François Fillon passe de 10% à 9% d’intentions de vote à la quatrième place. Les autres candidats sont inexistants. Chez les sympathisants de LR, Nicolas Sarkozy s’est installé à la première place des intentions de vote avec 39% contre 32% pour Alain Juppé. Plus inquiétant pour le Maire de Bordeaux sa base électorale semble nettement moins solide que celle de son principal concurrent, 89% des personnes l’ayant choisi en mai répètent leur vote en juin, contre 96% pour Nicolas Sarkozy.

3 millions de participants possibles pour la primaire

Selon Ipsos, 7% des Français se déclarent certains d’aller voter en novembre pour la primaire de la droite. Cela représenterait une participation de 3 millions de personnes, selon Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos France, interrogé par Le Monde. Il analyse pour le quotidien les enjeux de la primaire et, surtout, les socles électoraux des principaux candidats. Il en ressort que la primaire sera très disputée car la base électorale est encore assez mouvante. Enfin, la gauche ne devrait pas beaucoup peser sur l’issue de cette primaire puisqu’à peine 9% des certains d’y participer sont des sympathisants de gauche. Néanmoins, ces électeurs sont importants pour Alain Juppé car ils votent en majorité pour lui, sans eux sa base électorale serait donc encore plus fragilisée.

Estrosi dévoilera son choix en août

Devancé par son ancien collaborateur Eric Ciotti à qui l’équipe de Nicolas Sarkozy a déroulé le tapis rouge pour l’attirer dans ses filets, Christian Estrosi a annoncé au Figaro qu’il dévoilera son choix pour la primaire de la droite vers la fin du mois d’août. C’est vraisemblablement dans la même période que Nicolas Sarkozy devrait également se déclarer officiellement candidat. Dans cet interview au Figaro, Christian Estrosi s’est dit « blessé » par les critiques formulées par Alain Juppé en juillet sur les désignations des candidats aux législatives. Christian Estrosi, président de la commission d’investiture de LR s’était vu reprocher des choix et des arbitrages très sarkozystes.

Le Conseil national de la discorde

Si le programme de LR a bien été voté à l’unanimité lors du Conseil national du 2 juillet, la concorde qui devait s’afficher n’a pas eu lieu. En effet, entre les absents volontaires et les présents qui ont refusé de prendre part aux opérations de vote afin de conserver leur liberté de candidats à la primaire, ce sont bien les tensions internes qui ont été la vedette de cette journée. D’ailleurs, Nicolas Sarkozy est apparu excédé dans son discours de clôture par le comportement d’Alain Juppé qui donnait ostensiblement des interview dans la rue pendant les débats. Le président de LR a fustigé cette attitude et a interpellé son concurrent en lui rappelant que la place des membres de LR était à l’intérieur de la salle là où les débats devait avoir lieu entre membre de la même famille.

Villiers organise le front radical

Prudent, Philippe de Villiers avait refusé de se rendre au week end au Rendez-vous de Béziers à la fin du mois de juin. L’Express révèle que Robert Ménard et son épouse ont en revanche été reçus en grande pompe au Puy du Fou, officiellement à titre privé. L’axe Ménard-Villiers-Zemmour est en tout cas bien réel tant sur le plan idéologique que des échanges en cours pour lancer d’éventuelles initiatives communes dans la perspective de la présidentielle. L’Express toujours, nous apprend qu’Éric Zemmour publiera un nouvel ouvrage le 1er septembre, recueil de ses chroniques sur RTL assorties de pistes de propositions, quant à Philippe de Villiers, son nouvel opus attendu pour le 1er octobre, sera consacré à un thème auquel il est très attaché, l’identité française.

Le programme économique de Copé

Jean-François Copé a présenté son programme économique qu’il souhaite mettre en place dès l’élection présidentielle par voie d’ordonnances. Il veut supprimer la garantie de travail à vie pour les fonctionnaires, réformer en profondeur le droit du travail et les syndicats. Il souhaite notamment mettre au centre du dispositif les accords au sein des entreprises, négociés sans le filtre de syndicats qu’il juge discrédités. Il souhaite également revoir globalement le rôle de l’Etat qui devra se recentrer sur ses missions régaliennes.

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.