Brèves de primaire de la droite

Nos informations sur les coulisses des primaires à droite. Les effets de la démission d’Emmanuel Macron se font ressentir également à droite, après la publication d’un sondage aux allures d’avertissement. Au centre, les tiraillements quant à la conduite à adopter se font sentir et pourraient rapidement se transformer en déchirements. L’issue de la présidentielle est loin d’être écrite. Macron rebat les cartes.

Alerte à droite

Le sondage TNS Sofrès One Point pour Le Figaro publié le 7 septembre donne l’alerte à droite. Une candidature d’Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017 pourrait sonner le glas des espoirs des candidats à la primaire de conquérir l’Elysée. Les intentions de vote d’Emmanuel Macron le placent en position de se qualifier au second tour, s’il réussissait le tour de force de négocier de représenter plusieurs forces politiques qui iraient d’une partie du centre en passant par le PS et qui sait ?, certaines personnalités de LR déçues par les conditions d’organisation de la primaire.

Marine Le Pen au sommet

Le sondage du Figaro publié le 7 septembre donne Marine Le Pen entre 26 et 29% d’intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2017. La patronne du Front National confirme donc sa capacité à être présente au second tour. Mieux, elle apparaît aujourd’hui comme la seule personnalité quasi-certaine d’accéder à la finale.

Bayrou sauveur de  Sarkozy ?

Le sondage du Figaro montre qu’Emmanuel Macron serait donné à 20% face à Nicolas Sarkozy à 22% au premier tour de la présidentielle. Dans ce cas de figure, où François Bayrou serait absent du scrutin, le jeune ancien ministre serait donc très proche de l’ancien Président de la République. Autre enseignement, dans ce cas, la candidature de François Bayrou favoriserait Nicolas Sarkozy !

Si Bygmalion aidait Sarkozy ?

Le parquet de Paris a demandé le renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel dans le cadre de l’affaire Bygmalion. Ce réquisitoire à charge, en pleine campagne de la primaire et à quelques mois de la présidentielle pourrait finalement mobiliser les militants LR en faveur de leur ancien président. En effet, aux yeux de nombreux militants, Nicolas Sarkozy est victime d’un acharnement judiciaire orchestré par le pouvoir. Une thèse très peu crédible, François Hollande ne rechignerait sans doute pas à affronter de nouveau l’ancien Chef de l’Etat. En tout cas, loin de lui coûter des voix et de le plomber, ce nouveau revers judiciaire pourrait se révéler bénéfique pour Nicolas Sarkozy, toujours très offensif.

Digital Juppé

Le numérique est bien au coeur de la campagne de la primaire de la droite comme il s’imposera sans doute dans celle de la présidentielle. Alain Juppé a créé la surprise en annonçant la mise à disposition de son nouvel ouvrage « De vous à moi », très personnel, sur ses valeurs et ses motivations pour se lancer dans la course à l’Elysée, gratuitement sur une plateforme numérique. Si les candidats ont fait des livres des vecteurs de communication politique et des occasions de se mesurer les uns aux autres en comparant leurs chiffres de ventes, Alain Juppé innove en utilisant au maximum le potentiel du numérique. Si Nicolas Sarkozy est d’ores et déjà en terme de ventes, Alain Juppé s’impose en ce qui concerne l’audace.

Alain Minc explique pourquoi il soutient Alain Juppé

Interviewé par Les Échos, Alain Minc, ancien soutien de Nicolas Sarkozy, explique pourquoi il est désormais derrière Alain Juppé : « Si Nicolas Sarkozy gagne la primaire, il battra Marine Le Pen au deuxième tour, mais avec un score de 55-45% approximativement, parce que la gauche -surtout vu le ton qu’il a donné à sa campagne- ne votera pas pour lui. Si c’est Alain Juppé, il battra Marine Le Pen avec 70-30%, car aucune voix ne manquera à gauche. Or, à 55-45%, le Front National restera uni par la perspective de législatives formidables pour lui -qui peuvent rendre la France ingouvernable- et par l’espoir de gagner au coup d’après. A 70-30%, le Front national sera -à l’inverse- pris dans des tension insurmontables. »…

Fortes tensions au centre

Le départ du gouvernement d’Emmanuel Macron est comme un tremblement de terre, il a des répliques dont les effets peuvent être inattendus. C’est le centre qui est frappé en ce moment après la main tendue par Jean-Christophe Lagarde à l’ex titulaire de Bercy. Le président de l’UDI voit en Emmanuel Macron un partenaire potentiel pour enclencher la « modernisation de la vie politique « loin des traditionnels clivages droite/gauche. Lagarde ne s’en cache pas, il n’a pas perdu de temps et a rencontré l’ancien ministre immédiatement après son départ du gouvernement. Le patron du Modem, François Bayrou n’est pas sur la même ligne puisqu’il critique vertement Emmanuel Macron qu’il considère comme le suppôt des « forces de l’argent ». Même son de cloche du côté de Maurice Leroy, autre figure centriste qui soutient Nicolas Sarkozy et qui ne veut pas entendre parler d’un rapprochement avec un ancien membre d’un gouvernement de gauche, alors que, selon lui, l’allié traditionnel du centre reste la droite, donc Les Républicains. Les déchirements qui s’annoncent sonnent comme un débat entre anciens et modernes et pimentent un peu plus une présidentielle dont l’issue est loin d’être déjà écrite.

 

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.