Brèves de lobbying

L’actualité du lobbying de la semaine autour des institutions et des entreprises. Une sélection d’informations effectuée par l’équipe de Sountsou. Cette semaine la France fait son lobbying pour les JO de 2024, Bruxelles en crise, L’Opinion se plaint, TF1 également, les syndicats sous perfusion publique…

Les départements font leur lobbying

Avec la création des grandes régions en janvier 2016, de nombreux Conseils Départementaux se sentent éloignés des centres de décision dont dépendent certaines des politiques qu’ils mettent en oeuvre. C’est le cas notamment des collaborations inévitables avec les Régions. La fusion de l’Aquitaine, du Limousin et de Poitou-Charentes a permis la création de la grande Région Nouvelle-Aquitaine dont le siège et le Président (Alain Rousset) sont restés à Bordeaux. Les Conseils Départementaux des anciennes régions se sentent donc un peu isolés. C’est pour rompre cet isolement que le Conseil Départemental des Deux-Sèvres a voté le 19 septembre un budget pour l’installation d’un « bureau de lobbying » à Bordeaux, rapporte La Nouvelle République. Ce Bureau sera partagé entre les anciens départements de Poitou-Charente qui s’associent dans cette démarche.

Le lobbying au coeur des JO

On le sait peu mais le lobbying est au coeur des Jeux Olympiques. En effet, le choix de la nation d’accueil de la prestigieuse compétition sportive ne se fait pas au hasard, il est le fruit de multiples échanges et d’un lobbying qui doit être puissant, efficace et d’une dimension internationale. Les Etats candidats à l’accueil des JO participent à une véritable compétition qui consiste à convaincre, pendant de longs mois, les membres du Comité international olympique (CIO). Ses membres choisiront en septembre 2017 la ville hôte des JO 2024. Cette candidature de Paris mobilise des moyens importants à la hauteur des retombées économiques et touristiques attendues si la capitale était choisie. En compétition notamment avec Los Angeles, Paris multiplie les initiatives et mobilise Anne Hidalgo bien entendu mais également François Hollande. Des centaines de millions d’euros sont investis dans cette candidature et la gestion des actions de lobbying a été confiée à l’anglais Mike Lee, un spécialiste du genre. Valérie Pécresse, la Présidente de la Région Île de France se mobilise également ainsi que les entreprises partenaires dont les PDG ouvrent leur carnet d’adresse pour tenter de convaincre que Paris est la meilleure candidate.

Les ex-Présidents coûtent cher

Mediapart ressort un rapport de la Cour des Comptes vieux de deux ans qui évalue le coût des avantages divers réservés aux anciens Chefs de l’Etat à plus de 10 millions d’euros par an. La Cour préconise de revoir ces avantages à la baisse en les diminuant à partir de la dixième année et en excluant les attentions réservées aux veuves et aux veufs. François Hollande n’aurait pas encore pris de décision à ce sujet, il attendrait la décision du Conseil d’Etat sur le recours déposé par l’association Anticor. Celle-ci estime que ces avantages sont indus puisqu’ils reposeraient sur une simple lettre écrite par Laurent Fabius, alors premier Ministre à Valéry Giscard d’Estaing. Si le Conseil d’Etat estimait cette base comme illégale alors le Président de la République serait dans l’obligation de se prononcer officiellement sur la suite à réserver à ce dispositif composé de privilèges qui apparaissent « déplacés » au regard du rejet des Français à l’égard de leurs élus.

L’Opinion victime d’un lobbying anti-libéral ?

Nicolas Beytout, le fondateur du quotidien libéral L’Opinion vient d’adresser un mel à ses abonnés pour annoncer une augmentation du montant de son abonnement. Rien de surprenant. Ce qui étonne ce sont les raisons invoqués par le patron de presse pour expliquer sa décision : « depuis notre lancement en 2013, l’attitude des pouvoirs publics est un frein à notre développement » explique-t-il avant de dénoncer « harcèlement fiscal, acharnement procédurier, si l’on doit juger l’existence d’un titre au niveau de tracasseries et de coups bas dont il est victime, alors oui : l’Opinion existe ! ».

Les dépenses de santé déraperont en 2017 

La Cour des Comptes tire, une fois de plus, la sonnette d’alarme sur le dérapage des dépenses de santé pour 2017. L’année électorale s’accompagne déjà de son lot de coûteuses promesses que la Cour évalue à plus d’1 milliard d’euros, 700 millions pour financer la hausse du point d’indice des fonctionnaires hospitaliers et 400 millions pour revaloriser l’augmentation du tarif des médecins. Les dépenses de santé (Ondam) ont déjà dérapé en 2016 pour les experts de la rue Cambon qui pointent des fragilités qui porteraient la hausse à 1,9% contre les 1,75% annoncés par le gouvernement. Quant à 2017, le dérapage part en sortie de route avec une hausse de 2,1% ce qui représente entre 3,2 et 4,2 milliards de hausse. La Cour des Comptes demande des réformes structurelles fortes afin d’espérer revenir à l’équilibre mais, ce ne sera pas pour 2017.

Le chômage replongerait en 2017

L’Unedic vient de publier des prévisions pour le moins décevantes pour 2017 puisqu’elle annonce une dégradation du chômage en 2017 qui s’installerait en 2018 et 2019. Si la baisse du chômage devrait se confirmer en 2016 grâce aux diverses aides mobilisées par l’Etat, elle ne devrait pas s’installer durablement, au contraire. En cause les perspectives de croissance considérablement corrigées et les effets attendus du Brexit. En conséquence, le régime de l’assurance-chômage atteindra un déficit cumulé de plus de 41 milliards à l’horizon de 2019. Cette situation dramatique renforce le caractère catastrophique de l’échec des représentants syndicaux et patronaux à renégocier la convention d’assurance-chômage au printemps 2016. La convention 2014 avait été prorogée jusqu’à nouvel ordre et les 800 millions d’euros d’économies indispensables reportés sine die.

Les grands groupes misent sur l’étranger

L’Insee a publié une étude qui met en exergue le poids des emplois étrangers au sein des grands groupes français. En 2013, 80,2% des effectifs des grands groupes français travaillaient à l’étranger, 17% des salariés des groupes intermédiaires et à peine 2,7% des effectifs des PME travaillaient à l’étranger. Il faut noter néanmoins un fort ralentissement du développement des effectifs étrangers des grands groupes, l’Insee précise même que pour la première fois entre 2012 et 2013, les grands groupes français ont plus développé leurs effectifs sur le territoire national qu’à l’étranger.

Air France victime des grèves et des attentats 

Le tourisme en France est sinistré, les professionnels connaissent des difficultés qui ont été encore aggravées après les attentats de l’été, notamment celui de Nice. Cette forte dégradation touche également la compagnie aérienne Air France qui a vu ses réservations de juin à août baisser de 5% par rapport à 2015. Pire, les réservations de l’étranger vers Paris ont chuté en juillet et août de 14%, d’ici la fin de l’année la baisse serait de moins cinq à moins dix pour cent.

Les syndicats français sous perfusion publique

Dans une tribune dans Le Figaro, Nicolas Lecaussin, directeur du Think-Tank Institut de recherches économiques et fiscales (Iref) dénonce les dernières mesures prises par le gouvernement en faveur des syndicats de salariés. Il relève notamment que depuis le 1er janvier 2015 les entreprises sont contraintes de payer une contribution patronale aux organisations syndicales de 0,016%, prélevées directement sur la fiche de paie en plus d’une vingtaine d’autres charges patronales pré-existantes. Le directeur de l’Iref relève également que la Loi El Khomry dispose que les syndicats pourront disposer désormais de locaux mis à leur disposition par les collectivités locales. L’auteur dénonce un système français qui organise la rente syndicale alors que les syndicats sont de moins en moins représentatifs des salariés. Il compare notre système avec celui des pays scandinaves où les syndicats sont des prestataires de services qui s’auto-financent et, surtout, séduisent massivement les salariés.

La SNCF conservera sa dette

On se souvient de la grève des cheminots du printemps qui avaient été déminée par une intervention directe de l’Etat qui avait contourné le PDG de la SNCF pour négocier en direct avec les syndicats. Le conflit avait été stoppé en contrepartie d’un renoncement de la direction à poursuivre son plan de réforme pourtant indispensable à la SNCF. Le patron de la compagnie, Guillaume Pépy, avait été à deux doigts de la démission. Pour éteindre cette crise manageriale, le premier Ministre avait évoqué la possibilité que l’Etat prenne le relai sur la dette de la SNCF qui plombe ses comptes et sa capacité d’action. Un rapport gouvernemental vient de mettre fin à ces furtives promesses, un transfert de la dette de la SNCF en dette d’Etat serait trop coûteux pour ce dernier et pourrait peser 0,5% de PIB. Il faut dire que cette dette pèse aujourd’hui 41,1 milliards d’euros et ses seuls intérêts annuels près de 2 milliards. Pour améliorer sa compétitivité la SNCF attendra donc.

Quand la Chine détruit des emplois en France

La Banque de France livre un étude qui éclaire de façon intéressante le développement économique de la Chine et ses effets. Entre 2001 et 2007 « les importations chinoises ont entraîné la destruction de 90.000 emplois dans l’industrie et de 180.000 emplois dans les autres secteurs de l’économie » rapporte cette étude citée par Les Echos. La montée en puissance des importations chinoises auraient donc détruit 270.000 emplois en France. L’étude poursuit « Ces chiffres signifient que 13% du déclin de l’emploi industriel peut être expliqué par la hausse de la concurrence chinoise ».

Le véganisme fait son lobbying people

Le Monde publiait dans son édition du 21 septembre une tribune co-signée par des personnalités titrée « La France doit évoluer vers le véganisme ». Dans un timing parfaitement choisit cette prise de position collective est publiée concomitamment avec le rapport parlementaire sur les abattoirs français et de nouvelles révélations de l’association L 214 sur les horribles conditions d’abattages des ovins. Elle s’inscrit également dans une tendance d’évolution de la consommation de la viande par les Français qui sont de plus en plus nombreux à devenir des « flexitariens », c’est à dire qu’ils limitent leur consommation de viande sans l’exclure totalement. Les signataires, parmi lesquels Sanseverino, Lolita Lempicka, Yann Arthus-Bertrand ou encore Matthieu Ricard, dénonce la souffrance animale ainsi que le coût environnemental de la consommation de viande. Ils se déclarent donc « solidaires des animaux » et expliquent que tous ne sont pas (encore) végans mais qu’ils sont d’accord sur une « même conviction : notre société doit s’orienter vers un idéal de justice et évoluer vers le véganisme ».

Nouveau scandale à la Commission européenne

La révélation cette semaine des « BahamasLeaks » tombent au plus mauvais moment pour Bruxelles déjà en prise avec le scandale du pantouflage chez Goldman Sachs de Manuel Barroso, ancien président de la Commission. Cette fois, c’est une commissaire, Neelie Kroes qui est visée, elle était administratrice d’une société offshore aux Bahamas jusqu’en 2009, alors qu’elle était déjà en poste au sein de la Commission. Précisons qu’elle a depuis intégré Uber pour qui elle ouvre son carnet d’adresses… Ces scandales à répétition dans un contexte de Brexit qui montre la défiance des citoyens vis à vis de Bruxelles ne font que fragiliser un peu plus une exécutif européen qui manque désormais cruellement de crédibilité. la pétition lancée par quelques fonctionnaires européens « Not in our name » a été signée par 140.000 personnes mais, pour le moment, le Président actuel de la Commission, Jean-Claude Juncker semble encore croire à une auto-extinction de la polémique qui est pourtant déjà devenue un scandale.

LCI entend s’imposer

TF1 a été mise en demeure par le CSA de respecter sa convention en matière de publicité croisée au profit de sa petite soeur LCI. Des conditions imposées par l’Autorité de la Concurrence pour que LCI puisse émettre sur la TNT gratuite. Or, depuis la signature de cette convention est apparue la chaine d’info publique France Info qui bénéficie de la force de frappe de l’ensemble des chaînes du service publique. TF1 demande donc au CSA de réfléchir à ce nouveau contexte concurrentiel et d’en tirer des conséquences pour adapter les obligations de LCI. Cela pourrait prendre des semaines, voire des mois.