Brèves de lobbying

L’actualité du lobbying de la semaine autour des institutions et des entreprises. Une sélection d’informations effectuée par l’équipe de Sountsou.

Le plein emploi enfin atteint !

Avec un taux de chômage de 4,2%; la Banque Centrale du Danemark estime que le pays est en situation de pénurie de main d’oeuvre. Paradoxalement, cette situation qui serait idyllique en France pose en fait un problème de taille : il n’y a plus de réserve de main d’oeuvre pour accompagner la croissance, ce qui est problématique. Le Danemark a fait le choix d’une flexibilité sur les licenciements accompagnée d’indemnités fortes contre le chômage.

Taxe régionale : la victoire de Xavier Bertrand

Avant l’été, le gouvernement envisageait de financer les nouvelles compétences économiques des Régions, héritées de la Loi NOTRe, par la création dune nouvelle taxe sur les entreprises. Le président des Hauts de France avait immédiatement fait part de son opposition à ce projet, en contradiction avec les promesses de campagne des nouveaux présidents de droite. Cette posture était en contradiction avec le soutien du président (LR) de l’Association des Régions de France (ARF). Xavier Bertrand menaçait même de quitter l’ARF. Finalement, la bronca initiée par sa prise de position aura eu raison de ce projet de taxe. Les 600 millions d’euros qui manquent aux budgets des Régions restent à trouver par le gouvernement.

Le mariage pour tous accepté par tous ?

Il s’agit un peu d’une surprise, un sondage Ifop assure que 62% des sondés seraient opposés à une abrogation de la loi Taubira sur le mariage pour tous. Ils sont même 59% à estimer souhaitable une ouverture de la PMA aux personnes de même sexe. En ce qui concerne la GPA pour les personnes de même sexe, seuls 44% des sondés y sont favorables.

Ces normes qui pèsent sur l’agriculture

Les sénateurs ont décidé de s’attaquer aux normes qui pèsent sur les agriculteurs. Ils viennent de publier un rapport sur les normes en matière agricole dans le cadre des travaux de la commission des affaires économiques du Sénat. Les sénateurs Gérard Bailly (LR) et Daniel Dubois (UDI) n’y vont pas par quatre chemins dans leurs conclusions : ils dénoncent un surplus de normes mortifère pour le secteur agricole. Le monde agricole est au carrefour de différentes activités qui le transforment en victime collatéral d’une multitude de règles qu’il doit appliquer : traitement des parasites, textes sur l’eau, installations classées, protection animale, urbanisme, droit du travail… elles s’ajoutent les unes aux autres et transforment le quotidien des agriculteurs en casse-tête coûteux. Le rapport pose seize propositions dont certaines pourraient être mises en place rapidement comme le report de l’application du compte pénibilité ou la complémentaire santé. D’autres devraient pouvoir être développées à bref délai comme le fait de confier au Conseil supérieur d’orientation de l’économie agricole et agro alimentaire la mise en place d’un plan de simplification. Quant au droit européen, les propositions sénatoriales apparaissent plus complexes à mettre en oeuvre.

Migrant : le lobbying des régions entendu ?

Les présidents des régions LR tentent de se faire entendre dans le cadre des mesures prises par le gouvernement pour répartir les migrants de Calais sur le territoire national. enfant que l’exécutif appelle à la solidarité nationale, les exécutifs régionaux crient à l’irresponsabilité. Les présidents de Région entendent se poser en défenseurs des Maires qui seront en charge d’appliquer les décisions du gouvernement. Ils considèrent en effet que ces derniers ne seront pas en mesure de prendre en charge les migrants et que le risque est grand de voir proliférer des « Calais sur l’ensemble du territoire ». Bruno Retailleau, président de la région Pays-de-la-Loire et patron des sénateurs républicains, entend se poser en fer de lance de l’opposition en mobilisant ses collègues.

Les Français ont confiance dans l’entreprise 

L’Ifop et l’agence de communication Terre de Sienne livrent un sondage étonnant. 60% des sondés jugent l’entreprise plus « utile » que l’Etat. Les patrons de PME sont même plébiscités par les Français qui sont 88% à les estimer comme les « plus utiles » à la société, contre 62% pour les patrons des grands groupes et seulement 16% pour les hommes politiques. On est loin des banderoles des manifestations anti loi travail qui désignaient le patron comme un horrible tortionnaire.

La montagne au sommet

Le projet de loi montagne présenté au Conseil des ministres du 14 septembre recueille un consensus inattendu sur les bancs de la droite et de la gauche. Il prévoit de cibler les zones de montagne comme prioritaires pour certaines politiques publiques comme la lutte contre la fracture numérique. Certaines normes pourront également être adaptées pour les zones de montagne, notamment en ce qui concerne la construction. Des adaptations de certaines mesures aux spécificités  des territoires montagnards sont prévues, comme les réorientations de dispositifs fiscaux vers la rénovation des logements afin d’éviter la prolifération des logements neufs et de lutter contre les lits inoccupés dans les stations de skis. L’agriculture montagnarde devrait également être mieux accompagnée.

Piteux état de l’Union

Le Président de la Commission européenne a livré son discours sur « l’état de l’Union » devant le Parlement européen dans un contexte particulièrement difficile. Jean-Claude Juncker a tenté de rassurer sur l’avenir après les effets désastreux du Brexit. Il a réaffirmé que « l’Union n’est pas menacée dans son existence », il a toutefois reconnu que « Notre Union traverse une crise existentielle. Il est vrai que l’Europe, tétanisée par le Brexit, subit également une crise migratoire historique, des difficultés économiques et qu’elle est exposée au terrorisme. Il a annoncé un doublement du Plan Juncker qui prévoyait initialement 315 milliards d’euros d’investissements et qui sera donc porté à 630 milliards d’ici 2022. Une somme colossale qui ne doit pas masquer une mise en oeuvre qui reste laborieuse. 44 milliards seront également mobilisés vers l’Afrique afin de limiter les migrations de population. Le président a également milité pour la mutualisation des moyens de défense afin de limiter les déperditions budgétaires dans ce domaine qu’il estime entre 20 et 100 milliards d’euros par an.

Bruxelles prépare le Brexit 

Pour Bruxelles le Brexit est déjà concret. La Commission vient de désigner l’Allemande Sabine Weyand, directrice adjointe au Commerce pour épauler Michel Barnier dans les négociations pour la sortie du Royaume-Uni. Le département spécial créé pour suivre le Brexit a quadruplé et devrait voir ses moyens encore renforcer dans les prochaines semaines.

Fausse note à L’Opéra de Paris

La Cour des comptes a encore frappé, cette fois elle s’attaque dans un rapport aux dépenses de l’Opéra de Paris. Les experts de la Rue Cambon pointe une organisation salariale coûteuse et dont les avantages de certains services ne reposeraient pas sur des critères clairement définis. Elle souligne également que les mesures d’accompagnement de la réforme du régime de retraite ont fait peser sur les comptes de l’Opéra un surcoût de 13,3 millions d’euros sur la période 2009-2014. Surtout, la Cour pointe des dépenses de confort sans rapport avec les moyens de l’Opéra et, qui ne manquent pas de rappeler les dérives de la présidente de l’INA. Une fois de plus, ce sont les dépenses de taxis qui ont attiré l’attention de la Cour des Comptes. Une dizaine de dirigeants de l’institution ont dépensé près de 100.000 € en taxis en 2014, l’un d’entre eux disposait pourtant d’un chauffeur. 55.900 € pour des dépenses de travaux de bureaux de direction, là encore la Cour s’étonne du montant de la dépense qui n’aurait bénéficié qu’au directeur et à son assistante. Régulièrement, la Cour des Comptes signalent les dérives budgétaires de certaines institutions et rien ne semble changer. Les serviteurs de l’Etat apparaissent bien en marge de la réalité économique du pays et des nécessaires efforts financiers, qui devraient pourtant s’appliquer en priorité, aux élus de la République et à ses fonctionnaires. Pour l’exemple.

2000 emplois dans le vent

France Energie Eolienne (FEE) publie des chiffres de création d’emplois dans la filière éolienne qui sont encourageants. En un an 1950 emplois ont été créés. L’éolien employait 14.470 personnes en 2015. La filière est donc en voie de redynamisation après plusieurs années de crise. En juin 2016, la capacité de production en éolien atteignait 11 GW.

La Manif pour Tous revient plus fort

Les fidèles de la Manif pour Tous se retrouveront dans la rue le 16 octobre pour une nouvelle manifestation contre la loi Taubira. Au delà de ce combat, la Manif pour Tous est également engagée dans un rapport de force dans le cadre de la primaire de la droite avec son aile politique Sens Commun, membre des Républicains. Elle présente 40 propositions destinées à défendre la vision traditionnelle de la famille et sans doute à tester les candidats à la primaire. Car si Sens Commun est désormais officiellement derrière François Fillon, en bon lobbyistes, ses responsables ont intégrés quasiment toutes les équipes de campagne.

L’exemple Anglais

La nouvelle est passée quasiment inaperçue de ce côté de la Manche mais David Cameron a décidé de renoncer à ses mandats électifs et de se retirer de la vie politique. L’ancien Premier ministre britannique a fait le choix, le 12 septembre de se retirer en douceur. Il ne souhaite pas gêner l’action de son successeur à qui il a d’ailleurs souhaité, élégamment, bonne chance. David Cameron tire ainsi totalement les conclusions de l’échec de son pari dans le référendum sur le Brexit dont il avait fait un élément central de sa campagne. Le paysage électoral français de 2017 serait bien différent si nos élus recalés savaient se retirer après une défaite.

La reprise dans le bâtiment se confirme

La Fédération Française du Bâtiment (FFB) doit revoir ses perspectives de croissance à la hausse.    Initialement prévue à 0,9% pour 2016, la croissance du secteur est attendue à 1,2% voire plus pour l’année selon le président de la FFB, Jacques Chanut. Un chiffre d’affaires qui est tiré par les ventes de maisons individuelles et qui ne se retrouve pas encore dans le secteur de la construction, les délais entre la vente et la mise en chantier étant assez longs. Néanmoins, la progression sur 2016 des chantiers de logements commencés devrait être de l’ordre de 8,6%, ce qui constitue un très bon résultat. La baisse de la commande publique s’est faite lourdement ressentir dans les travaux publics qui ont enregistré une année noire en 2015 et qui devrait limiter les dégâts en 2016.

Urgence pour le tourisme

Jean-Marc Ayrault a annoncé, lors d’une réunion d’un comité d’urgence économique, la mobilisation de 10 millions d’euros supplémentaires pour la promotion de la France à l’étranger. Le tourisme est en recul de 8% depuis janvier et la situation ne semble pas prête de se redresser. Un conseil interministériel est également prévu sur le sujet à la mi-octobre ainsi que la deuxième conférence annuelle du tourisme qui aura lieu le 17 novembre. Le secteur traverse une crise majeure, encore invisible du grand public mais qui pourrait se traduire par des suppressions d’emplois.

Barroso s’estime discriminé

Jean-Claude Juncker a écrit (un peu contraint par la pression médiatique et politique) à son prédécesseur afin de lui demander des explications sur son pantouflage chez Goldman Sachs. loin d’y voir un quelconque problème, Manuel Barroso a immédiatement répondu par courrier à son successeur pour s’étonner : « Il a été dit que le simple fait de travailler avec Goldman Sachs soulève des questions d’intégrité. (…) Ces allégations sont sans fondement et totalement imméritées. Elles sont discriminatoires contre moi et contre Goldman Sachs. » Le Figaro, qui a pu consulté ce courrier révèle que Barroso affirme ne pas avoir été embauché par la banque d’affaires comme lobbyiste et que son domaine d’intervention ne concernerait pas le Brexit. Il dénonce également par avance une éventuelle convocation à la Commission et s’inquiète d’une transmission de son dossier au comité d’éthique. Il estime en effet n’avoir transgressé aucune règle. Cette défense, si elle est probablement fondée sur le plan strictement juridique, apparaît bien déplacée au regard des intérêts de Bruxelles et de l’image de la Commission auprès des citoyens européens.

Taxons un peu plus

L’affaire Alstom est un sujet critique pour le gouvernement qui ne pourra longtemps se contenter de reporter la responsabilité sur Emmanuel Macron. François Hollande l’a bien compris et il s’est personnellement engagé sur ce dossier sensible qui laisse entrevoir un comportement pour le moins léger de l’Etat actionnaire. Alain Vidalies imagine donc une augmentation de la taxe sur les produits pétroliers afin de relancer les investissements de l’Etat. Le ministre imagine une augmentation de un à deux centimes ainsi chaque citoyen serait mis à contribution. Une idée cohérente et parfaitement en phase avec l’engagement de François Hollande de baisser les impôts.