Archives de juin 2016

Brèves de lobbying

« Les brèves de lobbying » apportent des éclairages sur des opérations passées ou en cours dans le domaine des relations institutionnelles. Une approche directe dont le but est de susciter la réflexion ou de donner des idées.

La Mairie de Paris contre Amazon

Amazon lançait le 16 juin un nouveau service à Paris qui pourrait bien fluidifier encore plus les achats quotidiens des parisiens. Amazon Prime Now propose des livraisons express de produits frais en deux heures sur Paris et sa petite couronne, en scooter et petits véhicules, selon les distances. La Mairie de Paris s’est immédiatement lancée dans une campagne contre ce nouveau service en soulevant toute sorte de critères qui vont de la déstabilisation des « équilibres commerciaux » à la pollution accrue (sic), un étrange positionnement pour la Ville de Paris, pôle d’attraction international et vitrine de la France à l’étranger et qui se distingue déjà par ses « combats » contre les Uber et autres Airbnb.

Le lobbying anti-nouvelle économie d’Anne Hidalgo

Anne Hidalgo se distingue ces derniers mois par ses prises de positions contre la nouvelle économie, après les VTC et les plateformes de type Airbnb, elle s’attaque désormais au géant Amazon et à son nouveau service de produits frais livrés en quelques minutes. Ces attaques répétées de la Maire de Paris contre les acteurs de la nouvelle économie laissent perplexe. La Maire semble prendre ses décisions en fonction de marqueurs idéologiques plutôt que dans l’intérêt de ses administrés. En s’attaquant aux opérateurs innovants du net, elle s’érige de fait en défenseur des acteurs historiques tels que les taxis, les commerçants et elle donne également l’impression de combattre les multinationales du net. Les emplois créés sont opposés aux emplois détruits, les services offerts aux nuisances générées etc. Tout est bon pour donner l’impression d’être un rempart face à l’envahissement et au grand chamboulement de notre économie par les géants du net qui, en plus, « ne paient pas leurs impôts chez nous ». Ces slogans, presque marketing, sont répétés à longueur d’interviews, sans mise en perspective, sans prise en compte de la complexité des emplois effectivement créés et de la création de valeur en général. Un peu comme si la nouvelle économie était un élément idéologique « clivant » aux effets électoraux tellement intéressants qu’ils dépasseraient le ridicule de ces postures aux accents populistes.

Défendre les VTC à la française

Les plateformes de VTC font souvent la une de l’actualité, notamment sociale, avec une tête d’affiche savoureuse : Uber. C’est oublier un peu vite, que de nombreuses sociétés françaises se sont créées autour de cette nouvelle économie du service. Les acteurs français regrettent d’ailleurs d’être trop souvent confondus avec leur confrère américain, dont les méthodes ne sont pas forcément les leurs. Ils ont donc fait le choix de s’autonomiser dans leurs démarches auprès des politiques dans le but d’expliquer leurs différences. Une saine initiative.

Néonicotinoïdes : quel lobby dit vrai ?

Situation typique des choix difficiles auxquels sont parfois confrontés les parlementaires, le vote de l’interdiction des insecticides de la famille des néonicotinoïdes, connus pour attaquer le système nerveux des abeilles. Selon les spécialistes ces insecticides seraient responsables de la disparition chaque année de plus de 300.000 colonies d’abeilles, un véritable désastre. Or, les avis divergent sur les solutions alternatives disponibles et les agriculteurs, grands utilisateurs de ce type d’insecticides ne peuvent se résoudre à ne pas les utiliser, sans mettre en danger leurs exploitations. Alors, les parlementaires et le gouvernement sont face à un dilemme qu’ils ont arbitré par un « entre deux ». Les néonicotinoïdes seront bien interdits mais seulement à partir de septembre 2018, voire après la mi-2020 dans certains cas. Une situation qui hérisse les défenseurs de la nature qui assènent que des solutions alternatives sont d’ores et déjà disponibles et que les effets néfastes sur l’environnement sont supérieurs aux effets bénéfiques. Le sujet a été débattu dans le cadre de la loi Biodiversité et a fait l’objet de multiples revirements au cours des navettes parlementaires. Le débat a également été vif au sein même du gouvernement opposant Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture à Ségolène Royal, la ministre de l’environnement. Les lobbies ont joué pleinement leur rôle dans cette affaire pointant les difficultés des différentes options, les politiques ont eu les plus grandes difficultés à les départager.

La « taxe Nutella » victime du business d’Etat

Le gouvernement avait fini par céder : une « taxe Nutella » serait mise en place. L’objectif était de surtaxer l’huile de palme dont les effets sanitaires et écologiques sont dénoncés de longue date. La taxe, du nom de la célèbre pâte à tartiner qui l’intègre dans sa recette, devait être mise en place. Mais, c’était sans compter sur les réactions du principal producteur mondial, l’Indonésie, qui menaçait de remettre en cause les relations entre nos deux pays. Un bémol acceptable s’il se limitait à nos relations diplomatiques qui auraient pu se rafraîchir quelques mois tout au plus. Or, l’Indonésie menaçait surtout de revoir ses relations commerciales avec la France avec, à la clé, des ventes d’Airbus ou de satellites. Alors, le gouvernement a convaincu sa majorité à l’Assemblée Nationale de revenir sur son vote.

Les hôteliers en colère contre Airbnb 

La France est le second marché de la plateforme américaine de mise en relation entre particuliers pour la location d’appartements aux vacanciers et les hôteliers l’accusent de bénéficier d’un statut particulier qui lui permet de s’exonérer de toute sorte d’obligation qui la rende bien plus compétitive. Des syndicats professionnels et des hôteliers ont déposé une plainte contre X afin de dénoncer des pratiques qu’ils jugent illégales. L’enquête a été confiée au service national des enquêtes (SNE) qui doit constater les infractions. À côté du terrain judiciaire, les hôteliers espèrent beaucoup du projet de loi numérique qui pourrait renforcer l’arsenal contre les plateformes, notamment par le biais d’un « permis de louer » et des signalements à l’administration fiscale. Dans les coulisses, les débats sont rudes.

Les syndicats ont 2017 en ligne de mire

Outre les enjeux de représentativité syndicale où la CFDT pourrait passer devant la CGT lors des prochaines mesures de mars 2017, c’est bien l’après présidentielle qui se joue actuellement. Si les syndicats contestataires comme FO et la CGT s’opposent si vivement à la timide Loi El Khomry, ils préparent déjà le retour de la droite en 2017 et la mise en oeuvre de réformes jugées « dures et radicales » qu’elle promet. Philippe Martinez s’affiche comme le rempart aux réformes et met la pression sur les candidats à la présidentielle qui doivent intégrer le fait qu’ils devront affronter des blocages s’ils envisagent de respecter leurs engagements. Paradoxalement, cette posture pourrait renforcer la détermination à réformer et mobiliser un peu plus ceux qui ont tant besoin de voir le code du travail évoluer, par exemple.

Les maisons de disques s’attaquent à Google

Alors qu’en France, l’industrie du disque mène la guerre aux radios auxquelles elle reproche de ne pas exposer suffisamment les artistes francophones, aux Etats-Unis, elle pilote un autre combat autrement plus stratégique. Les maisons de disques souhaitent que le Congrès américain s’intéresse à la filiale de Google, You Tube, accusée de diffuser certains clips  sans l’autorisation des artistes et donc sans leur verser de revenus. En outre, lorsque les clips sont diffusés dans le cadre de contrat de licence, la rémunération est jugée trop limitée par les producteurs de disques. Or, le géant américain représenterait 40% de la consommation de musique mondiale contre 4% des revenus. Ainsi, You Tube qui ne cesse de développer sont audience, donc ses profits, notamment grâce à la musique, est accusé de ne pas rémunérer en retour les différents acteurs de l’industrie du disque. Outre, ces diffusions pirates, ce sont les revenus de licences qui sont en jeu. En effet, les géants du disque souhaitent obtenir le soutien du législateur américain dans leurs négociations de renouvellement de licence avec Google.

Commission d’enquête sur Numéro 23

Créée le 1er juin par la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale, la commission d’enquête sur les conditions d’octroi de l’autorisation d’émettre de la chaîne TNT Numéro 23 a élu son bureau le 21 juin. Elle sera donc présidée par Christian Kert, député LR spécialiste de l’audiovisuel, Michel Françaix, Martine Martinel, Dominique Nachury et Rudy Salles en seront les vice-présidents. Le rapport de la commission est attendu pour la fin d’année au plus tard. Elle devrait conduire ses travaux rapidement. La chaîne Numéro 23 a fait l’objet en 2015 d’une décision inédite de retrait de son autorisation d’émettre par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), une décision annulée par le Conseil d’Etat. Il est reproché au dirigeant de la chaine d’avoir été candidat à l’obtention d’une fréquence en TNT afin de la revendre rapidement alors que les fréquences sont réputées incessibles et mises à disposition à titre gratuit aux éditeurs en contrepartie d’un cahier des charges.

Primaire : Ça chauffe à droite

Nos informations sur les coulisses de la primaire à droite.

MAM candidate hors primaire ?

Le Monde révélait le 20 juin que Michèle Alliot-Marie devrait annoncer sa candidature à la présidentielle de 2017 le 4 juillet, à l’occasion d’un déplacement en Alsace. Si la candidature de MAM n’est pas une surprise, son refus de passer par la case primaire de la droite en est une. En effet, l’ancienne Ministre de Nicolas Sarkozy jugerait, selon des propos rapportés par Le Monde, l’étape de la primaire « pas à la hauteur des enjeux », elle réduit même cette élection interne « à des procédures », une sorte de lourdeur administrative, à laquelle elle feint de ne pas vouloir se soumettre. Celle qui revendique son identité gaulliste, absente des médias depuis des mois, essaie sans doute de créer une visibilité à sa candidature. En effet, la primaire de la droite a déjà suscité de nombreuses vocations, douze personnalités de niveaux divers se sont déclarées et il est difficile dans ce contexte d’exister. Autre préoccupation, la capacité des candidats à réunir les différents parrainages indispensables à la validation de leur candidature. Mais MAM a sa carrière derrière elle, elle pourrait également être tentée par une sorte de baroud d’honneur électoral, en forme d’hommage solitaire au Général…

Guaino dit non au programme de LR

Henri Guaino ne devrait pas participer au Conseil national de LR, prévu le 2 juillet. Le dernier candidat déclaré à la primaire de la droite, fidèle au Général de Gaulle, considère que l’élection présidentielle est la rencontre entre un homme et les Français. Il refuse donc de voter à un Conseil national qui prévoit de valider un socle commun des candidats de LR pour la présidentielle. Au sein des candidats à la primaire, nombreux sont ceux à être sur la même ligne et à hésiter à se rendre à ce Conseil national vécu par les uns et les autres comme une manipulation du camp sarkozyste.

Le Conseil national de LR, instrument sarkozyste ?

Si la campagne officielle de la primaire de la droite ne doit démarrer que le 21 septembre, les esprits s’échauffent déjà depuis plusieurs semaines. Le 2 juillet Nicolas Sarkozy souhaite réunir un Conseil national de LR afin de valider le programme du parti pour la présidentielle, mais bon nombre de candidats à la primaire y voit un piège. Ils considèrent que valider ce « socle commun » reviendrait à s’enfermer autour de propositions portées et défendues par Nicolas Sarkozy, alors qu’il devrait être candidat à la primaire. Ils s’imaginent déjà lors des débats publics se faire gentiment remettre à leur place par un Sarkozy candidat qui défendrait un programme qu’ils auraient tous adopté.

Le grand chamboule-tout lyonnais

À Lyon, LR, sous l’impulsion de Laurent Wauquiez le nouvel homme fort de Rhône-Alpes, vient de procéder à un important renouvellement de ses candidats aux législatives de 2017. Deux anciens députés, Emmanuel Hamelin et Michel Havard qui espéraient bien retrouver leurs sièges se sont vus écartés au profit de deux femmes, proches du nouveau président de Région et soutien de Nicolas Sarkozy. On retrouve en effet la patte de Laurent Wauquiez dans ces désignations. Anne Lorne, est l’égérie de la Manif pour Tous à Lyon, Laurence Balas est conseillère municipale d’opposition. Du côté de LR, on explique ces choix par la volonté de féminiser les candidats à la députation. Il faut y voir également la stratégie de montée en puissance des radicaux du parti qui font pression pour prendre encore plus de pouvoir et pour que leurs idées soient intégrées dans le projet présidentiel.

Juppé est-il ciblé dans les investitures aux législatives ?

Décidément, le ton ne cesse de monter entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, même si le combat reste à distance et que ce sont les proches qui sont visés. Dernière source de tension en date, les arbitrages de 15 à 20 circonscriptions pour les législatives de 2017 qui auraient tournés « systématiquement » selon Gilles Boyer au désavantage du camp juppéiste. Le cas de Maël de Calan, jeune protégé d’Alain Juppé dans le Finistère ne passe pas. Un vote sur cette circonscription tendue aurait permis la désignation du candidat défendu par le Maire de Bordeaux mais la Commission nationale des investitures a préféré « geler » la circonscription…

Henri et Michèle doivent être « gérés »

Michèle Alliot-Marie et Henri Guaino souhaitent porter les couleurs du Général De Gaulle à la primaire de LR. Néanmoins, ils ont un problème de taille : il leur manquerait les parrainages nécessaires pour se qualifier. L’un et l’autre ont déjà fait savoir qu’ils se présenteraient donc directement à la présidentielle dans le cas où le passage par la primaire se révèlerait inaccessible du fait du règlement de celle-ci. MAM envisage même de passer directement par l’évitement de la case primaire. Outre leur attachement indéfectible aux valeurs gaullistes, l’un et l’autre partagent de grandes réserves à l’égard d’Alain Juppé. Un « atout » qui intéresse fortement le camp des fidèles de Nicolas Sarkozy. Ce dernier pourrait avoir intérêt à voir quelques centaines  ou milliers de voix captées par les gaullistes au premier tour de la primaire de droite au détriment … du maire de Bordeaux, tout en bénéficiant d’un ralliement toujours bienvenu pour le second tour. En ce qui concerne la présidentielle, l’enjeu du premier tour est de se qualifier, toutes les voix seront donc directement utiles. Alors, certains plaident pour qu’un soutien soit apporté à l’un et à l’autre.

La stratégie Juppé en question

Avec des sondages si stratosphériques, un coup de mou était prévisible et même attendu dans le camp d’Alain Juppé. Néanmoins, la stratégie de l’ancien premier Ministre commence à inquiéter au sein même de ses soutiens. Le Maire de Bordeaux est jugé peu audible, il mène une campagne assez terne et adopte des positions « molles » sur bien des sujets. Or, l’époque est à la radicalité et les attentes des électeurs de la primaire sont sans doute plus droitières que celles de l’ensemble des Français. Dans ce contexte, l’équilibre prôné par Alain Juppé ressemble de plus en plus comme un pari à hauts risques. Si le tassement sondagier est engagé, son avance reste confortable et rien ne dit qu’il est déjà en voie de « balladurisation » comme en rêve ses concurrents. En revanche, il est clair pour beaucoup de ses soutiens que sa campagne devra se muscler dans les prochaines semaines.

Frédéric Lefebvre privé d’investiture

Être candidat à la primaire de la droite peut avoir des conséquences inattendues. Frédéric Lefebvre, ancien très proche de Nicolas Sarkozy, n’a pas été réinvesti dans sa circonscription des Français de l’étranger, il lui est reproché des propos un peu trop offensifs à l’égard du président de LR et des positions en contradiction avec son parti…

Juppé devancé par Sarkozy

Dans le dernier baromètre Odoxa, Nicolas Sarkozy recueille 66% d’adhésion auprès des sympathisants de droite, une hausse de 4 points qui lui permet de repasser devant Alain Juppé qui enregistre une chute de 15 points pour atteindre 62%. Odoxa rappelle que l’écart entre les deux hommes était de 20 points en faveur d’Alain Juppé au début de l’année. S’il reste la deuxième personnalité préférée des Français avec 35% d’adhésion, Alain Juppé perd 3 points, loin derrière lui, classé huitième, Nicolas Sarkozy gagne 2 points à 23%.

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.

La primaire de la gauche lancée

Nos informations sur les coulisses de la primaire de la gauche.

Hollande accepte la primaire et sème la zizanie

Un coup de maître. François Hollande a finalement décidé de se soumettre à une primaire de la gauche. Celle-ci devrait se tenir les 22 et 29 janvier si les dates adoptées par le Conseil national du PS sont respectées. Il s’agit d’un joli coup pour le Chef de l’Etat, dont le manque de légitimité au sein de son camp le contraignait à évoluer sur la question de la primaire s’il souhaite rester dans la course pour la présidentielle de 2017. Pour François Hollande, il s’agit de laisser le maximum de possibilités ouvertes en vue de l’échéance finale. Si on en croit les sondages, il pourrait finalement avoir intérêt à ne pas se lancer dans la course, mais le Président de la République croit en sa bonne étoile et à un retournement économique qui relancerait sa candidature. D’où cette ouverture sur une primaire de la gauche, tardive car à peine 4 mois avant le premier tour de la présidentielle et qui renvoie ses concurrents potentiels à leurs divisions d’égos. Ainsi, le débat est déjà lancé au sein des frondeurs et des différents candidats putatifs de l’aile gauche du PS pour savoir qui devra céder et se rallier derrière une « tête d’affiche ». Car, tous ont bien compris, que plus il y aura de candidats, plus François Hollande aura de chance de l’emporter. Les adhérents du PS restent légitimistes…

François Hollande au plus bas

La dernière livraison du sondage Elabe pour Les Echos et Radio Classique apparait bien cruel pour le Président de la République qui non seulement ne parvient plus à accrocher les électeurs mais ne cesse de décrocher, lourdement. Il est donné perdant dans tous les cas de figure dès le premier tour, y compris face à Bruno Le Maire ou François Fillon. La situation la plus inconfortable pour lui serait une candidature d’Alain Juppé et de Nicolas Hulot, François Hollande ne dépasserait pas 12% au premier tour se classant troisième, comme dans les 7 autres hypothèses posées par l’institut de sondage Elabe.

Nicolas Hulot s’impose déjà comme le meilleur candidat écologiste

La dernière livraison Elabe pour Les Echos et Radio Classique confirme que Nicolas Hulot s’impose sans peine comme le meilleur candidat écologiste pour la présidentielle de 2017. Il recueillerait, selon les hypothèses retenues entre 9 et 11% des intentions de vote au premier tour quand Cécile Duflot plafonne péniblement à 3,5% d’intentions de vote. D’ores et déjà Nicolas Hulot écrase l’ancienne ministre et apparait comme la seule personnalité en mesure de remettre les écologistes dans le match politique.

Le PS ne craint pas le ridicule

Le Conseil national du PS a donc décidé que la primaire de la gauche aurait bien lieu les 22 et 29 janvier 2017. C’est la première fois qu’un président sortant accepte de se soumettre à une primaire avant de se représenter. Ce sera également la première fois où nous assisterons à des débats entre des candidats et un Chef de l’Etat en exercice. On peut imaginer quelques scènes cocasses, sinon ridicules, au cours de ces échanges entre un Président de la République en exercice et des candidats de niveaux divers dont certains feront tout pour créer le buzz autour de leur candidature. La situation est inédite, ne manque pas de piquant, sans doute d’intérêt mais ne sera pas forcément valorisante, ni pour le PS, ni pour François Hollande, ni pour la fonction présidentielle.

Valls en chute libre

Le baromètre politique Odoxa publié le 21 avril confirme le décrochage de Manuel Valls. Les avis négatifs sur l’ancien Premier Ministre atteignent 75% contre seulement 24% d’avis positifs, ces derniers s’effondrent de 19 points en 7 mois. Les partisans de gauche sont les plus sévères à l’égard de Manuel Valls auprès desquels il chute à 36% d’opinions positives soit 3 points de moins que François Hollande crédité de 39% d’opinions favorables auprès des sympathisants de gauche…

Une primaire pour tuer la primaire 

Accepter une primaire de la gauche, c’est, pour François Hollande respecter les statuts du PS, donc faire taire les querelles inutiles autour de ce sujet. Fixer une date si tardive pour tenir ce scrutin, alors que la droite se sera déjà bien lancée dans la campagne électorale après sa propre primaire qui se tiendra les 20 et 27 novembre, c’est se donner le maximum de chances de l’emporter. Si proche du premier tour, les adhérents du PS seront les principaux électeurs de la primaire, il est fort probable qu’ils misent tout sur la légitimité du sortant afin de sauver une possibilité de passer le premier tour, surtout si les premiers signes de meilleure forme économique apparaissent. Bref, François Hollande vient vraisemblablement de tuer la primaire de la gauche.

 

Anne Hidalgo ne sera pas candidate à la primaire

La Maire de Paris souhaite se consacrer à temps plein à son mandat et ne vise pas la primaire socialiste à laquelle elle ne se présentera pas, annonce-t-elle dans un entretien accordé au Figaro du vendredi 24 juin. Elle précise en outre être convaincue que le PS doit rester ancré dans une gauche sociale-démocrate, à laquelle elle revendique son appartenance. Elle plaide également pour un maintien du dialogue avec l’ensemble de la gauche, y compris la plus radicale. Enfin, Anne Hidalgo a estimé « impossible » que la primaire se déroule sans François Hollande comme le revendique encore une partie de la gauche.

Primaire : les frondeurs s’organisent

L’aile gauche du PS n’entend pas afficher une guerre des égos à l’occasion de la primaire de la gauche et elle est déterminée à s’organiser. Plusieurs réunions sont d’ores et déjà organisées entre candidats potentiels et les courants de la gauche du PS afin d’essayer de faire émerger une personnalité de consensus qui pourrait se présenter face à François Hollande dès le premier tour du 22 janvier 2017.

Dates de la présidentielle

Le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le 23 avril 2017 et le second tour le 7 mai. Les élections législatives se tiendront les dimanches 11 et 18 juin. Enfin, les élections sénatoriales auront lieu le 24 septembre 2017. Pour mémoire, la primaire de la droite est prévue pour les 20 et 27 novembre 2016, celle de la gauche les 22 et 29 janvier 2017.

Brèves de lobbying

 « Les brèves de lobbying » apportent des éclairages sur des opérations passées ou en cours dans le domaine des relations institutionnelles. Une approche directe dont le but est de susciter la réflexion ou de donner des idées.

Les VTC à nouveau ciblés par une loi

Laurent Grandguillaume, député PS, vient de déposer une proposition de loi qui est porteuse d’un grand nombre de risques pour les VTC (véhicule de tourisme avec chauffeur). Le député semble avoir été particulièrement sensible aux arguments des taxis dans la rédaction de son texte. Il propose de durcir encore les conditions d’activités réservées aux Loti (Loi sur l’organisation du transport intérieur), ce statut permet de transporter jusqu’à neuf passagers et il regroupe un grand nombre de chauffeurs de VTC. Les taxis les ciblent régulièrement et leur reprochent d’exercer illégalement une activité de VTC au prétexte qu’ils utilisent les plateformes internet (comme Uber) et qu’ils transportent souvent deux voire une seule personne. Le point sensible est que dans ces sociétés, seul le patron est obligé de passer par une formation, ses chauffeurs bénéficient de sa licence et ils sont dispensés d’examen. Alors le député a trouvé un artifice : supprimer le statut de Loti dans les zones urbaines de plus de 100.000 habitants. Seuls les véhicules pouvant accueillir au moins neuf passagers pourraient circuler en zone urbaine, soit quasiment aucun véhicule… Le deuxième angle d’attaque du député est la formation qu’il propose encore de réformer alors que le système actuel n’est en place que depuis le 1er janvier, là encore, le parlementaire a été astucieux en confiant la gestion de l’examen aux Chambres de Métiers qui décideront seules de la fréquence de ceux-ci. Avec ce texte, Laurent Grandguillaume fait de la politique, il tente de préserver les acquis des taxis et de les protéger artificiellement des VTC, il veille également à maintenir les tensions entre les uns et les autres, néanmoins il passe à côté d’une réalité, les VTC existent, se développent et créent de l’emploi, beaucoup d’emplois. Ses mesures pourraient bien, si elles étaient votées, supprimer près de 10.000 postes de chauffeurs de VTC, selon les intéressés, dont beaucoup sont issus de quartiers où il est difficile de trouver un job.

Les promoteurs immobiliers pour plus de libéralisme

En cette année pré-électorale le libéralisme est en vogue. Au moins, du côté des acteurs de l’économie qui espèrent tant des candidats à l’alternance de 2017… C’est le cas des promoteurs immobiliers qui ont pu formuler leurs demandes lors de l’Assemblée Générale de leur Fédération professionnelle. Le bon sens semblait avoir irrigué les travée de cette AG. Les professionnels souhaitent d’abord que l’Etat cesse de tout vouloir normer et organiser, en effet l’urbanisme des prochaines années ne se décrète pas. Alors, pour disposer d’une législation et d’une fiscalité plus adaptées aux réalités, ils revendiquent une remise à plat du système, avec en priorité une approche administrative allégée et une fiscalité revue et assouplie. La Fédération des professionnels de l’immobilier souhaite également que les candidats fassent preuve d’audace pour décloisonner les rapports entre privé social notamment. Tout un programme !

Le FN, c’est compliqué

C’est en substance l’avis rendu par le CSA dans un courrier envoyé récemment aux patron des groupes audiovisuels. L’autorité de régulation est régulièrement saisie par le Front National qui reproche aux médias de ne pas inviter ses responsables assez souvent sur leurs antennes. Ainsi, le FN serait victime d’une sorte d’austracisme. Le CSA souligne dans son courrier qu’il a bien compris les arguments des patrons de chaines qui relèvent que les membres de la direction du FN répondent souvent par la négative à leurs invitations ce qui leur pose également des problèmes. Le CSA va plus loin dans son courrier puisqu’il incite les groupes audiovisuels à rendre publiques les difficultés qu’ils rencontrent pour inviter des membres du FN sur leurs antennes.

La CGT inflexible

Ni les inondations, ni l’Euro, ni l’attentat contre deux policiers n’ont pu ramener à la raison Philippe Martinez et la CGT qui ont maintenu leurs grèves, leurs blocages, leurs actions coups de poings ainsi que leur journée de manifestation du 14 juin. Les actions des casseurs ne les ont pas plus gênées, ils ne s’en sont même pas sentis responsables puisqu’ils ont dénoncer à longueur de déclarations le comportement du gouvernement et des forces de l’ordre. Quant au saccage de l’hôpital Necker, doublement symbolique puisqu’il s’agit d’un établissement pour enfants et qu’il accueillait le petit orphelin des deux policiers victimes la veille d’un attentat, ni les uns ni les autres n’y ont vu une quelconque responsabilité. Affligeant.

Le gouvernement relance l’autoconsommation solaire

La Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) a récemment annoncé le lancement d’un appel d’offre pour la construction de petites centrales solaires destinées à l’autoconsommation par des professionnels. Pour les particuliers, le gouvernement s’apprête à revoir les conditions de rachat des surplus d’électricité non autoconsommée. En outre, ERDF a accepté d’équipé les ménages concernés de compteur communicant Linky, ce qui devrait facilité les démarches des particuliers. Le nombre d’autoconsommateurs d’électricité solaire ne cesse d’augmenter et cela concerne également les entreprises qui sont de plus en plus nombreuses à se sentir concernées. À l’image d’Ikea qui couvre déjà 100% de ses besoin en électricité grâce à l’énergie solaire. Mais il reste un point noir de taille, il est encore impossible de relier une installation solaire à plusieurs utilisateurs, ce qui interdit la redistribution au sein d’un quartier ou d’une zone artisanale par exemple.

La révolution numérique des armées est engagée

Le salon de la défense Euriosatory s’est tenu du 13 au 17 juin à Paris, il a mis en avant le plongeon des armées dans la numérisation des combats. Les robots sont déjà une réalité dans les armées depuis une trentaine d’années grâce aux drones et autres robots de déminage par exemple. En 2015, les russes ont lancé, avec succès, une opération de combat en Syrie avec une unité composée à 100% de robots armés terrestres et aériens, pilotés à distance. Les chercheurs travaillent sur des essaims de robots susceptibles de constituer de redoutables forces de frappe. Désormais, les différentes armées du monde travaillent sur des robots militaires humanoïdes, la France est en retard dans ce domaine faute de moyens. Il s’agit pourtant d’outils militaires, voire policiers, tout à fait intéressants alors que notre pays doit faire face à des attentats et des prises d’otage. D’ailleurs, l’Etat Islamique (EI) travaillerait sur des robots destinés à combattre des attentats…

Médecins du Monde victime de censure

L’association Médecins du Monde a lancé une vaste campagne de communication choc contre le prix des médicaments dans laquelle elle dénonce les tarifs pratiqués par l’industrie pharmaceutique, elle complète cette opération de communication par une pétition en ligne. Ce lobbying direct et participatif n’est pas du goût des afficheurs qui ont refusé la campagne aux motifs qu’elle pourrait être choquante, qu’elle serait peu sourcée ou encore qu’elle pourrait gêner l’industrie pharmaceutique. Intitulée « le prix de la vie », déclinée sur plusieurs visuels, cette campagne de l’ONG sera néanmoins visible dans la presse, les réseaux sociaux ou encore par affichage sauvage. Les industriels du médicament dénoncent une campagne mensongère qui insulte les chercheurs.

Bisbilles entre le PMU et Google

Le PMU vient de lancer une procédure contre Google pour abus de position dominante. Il est reproché à Google d’avoir retiré de sa plateforme d’applications Google Play, l’application PMU Sports Live. Google explique que ce retrait est conforme à sa charte qui bannit de ses sites toute application ou lien qui promeut les jeux d’argent et de hasard. Le PMU rétorque que Google Adwords ne se gêne pas pour vendre des mots-clés à des clients qui sont des acteurs du jeu de hasard et d’argent, ce qui constituerait donc, selon lui, une discrimination. Le PMU vise également ce qu’il estime être de facto une obligation d’investir dans Google Adwords pour assurer la promotion de mots-clés, vue la part de marché de Google dans les moteurs de recherche en ligne qui serait de 93% en France. Enfin, le PMU s’étonne que son partenariat avec les applications de l’Equipe au sein desquels il assure sa promotion ne soit pas visé par l’interdiction du géant américain.

Nos enfants passent au « numérique à la française »

En 2018, la e-éducation sera une réalité pour 850.000 enseignants et 3,8 millions de collégiens. Jean-Yves Hepp, le fondateur de SQOOL propose une tablette et un éco-système numérique 100% français pour les écoles, collèges et lycées. L’outil est très complet il s’adresse à la fois aux enseignants, aux élèves et aux chefs d’établissements. Il permet de travailler en cours, en individuel, en collectif et également en étant en connexion totalement sécurisée avec internet. Le produit est disponible auprès de la centrale d’achat public UGAP, il est en concurrence directe avec des solutions proposées par des géants américains. Actuellement, SQOOL a été choisie par 10 départements français, les américains ont signé avec 18 départements. SQOOL comprend une tablette numérique propriétaire, un casque, une caméra avant et arrière et dispose désormais d’un clavier externe. Ainsi, l’expérience e-éducation peut être encore plus complète.

Collecte de la taxe de séjour, AirBnB se met aux normes

La taxe de séjour est l’un des sujets de tension entre hôteliers et plateformes de réservation d’hébergement comme Airbnb, les premiers respectent sa collecte systématique auprès de leurs clients, les secondes tardent à mettre en place cette nouvelle obligation. Airbnb, qui fait face à une fronde des hôteliers et des municipalités à travers le monde, essaie de montrer sa bonne volonté. La plateforme va donc généraliser peu à peu à l’ensemble des communes françaises la collecte de leur taxe de séjour. Jusqu’à présent elle collectait à Paris et Chamonix-Mont-Blanc, dès le 1er août 18 nouvelles grandes villes seront concernées.

Brexit gagnant ?

La date du référendum sur le Brexit approche et les sondages mettent en avant une forte poussée du « oui » à une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Le quotidien populaire The Sun vient même de rejoindre les militants de cette sortie, un coup dur pour les partisans d’un maintien de la Grande Bretagne au sein de l’UE. Un sondage ICM pour le Guardian donne 6 points d’avance pour les partisans du Brexit avec 53% des intentions de vote, un autre signé YouGov pour le Times 7 points… Les investisseurs qui craignent que le 23 juin, date du référendum les sondages se révèlent exacts, paniquent et ont fait flancher les bourses européennes le 14 juin.

Les Départements s’attaquent aux aides à la dépendance

Il fallait s’y attendre, les contraintes budgétaires qui pèsent sur les Départements commencent à avoir des répercussions sur les allocataires des aides sociales directement gérées par ces collectivités. La CFDT- retraités vient de déposer des recours administratifs contre les Départements de la Manche, de la Somme, du Gard et de l’Orne. Ces collectivités sont accusées de rogner les aides personnalisées à l’autonomie (APA) versées à leurs allocataires afin de réaliser des économies. Dans la Somme, certains bénéficiaires verront leurs aides diminuées d’une heure par mois, selon Le Figaro, dans La Manche il est demandé aux bénéficiaires une participation de 1,50 euro par heure d’aide à domicile, 2 euros dans le Gard. La CFDT-retraités dénoncent ces pratiques qu’elle qualifie d’illégales puisque les Départements peuvent limiter le nombre d’heures de prestations mais en aucun cas demander une participation aux bénéficiaires. La participation de l’Etat à l’APA ne cesse de diminuer depuis des années et l’Association des Départements de France alerte depuis plusieurs mois sur les risques qui pèsent sur les budgets de ses adhérents.

La chaîne d’info publique bénéficie d’une préemption

La ministre de la culture est de la communication vient d’écrire au président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) afin de lui demander de réserver prioritairement un canal hertzien sur la TNT afin que la chaine publique France Info TV soit diffusée dès le mois de septembre sur la TNT gratuite. C’est le privilège du service public de pouvoir ainsi préempter des canaux de diffusion selon ses envies et projets. La surprise de la demande de la ministre consiste en la présence en « basse définition » de la chaîne publique alors que ses concurrentes diffusent en haute définition. Il faut préciser que cette chaine d’information publique est lancée dans un contexte budgétaire contraint avec de faibles moyens et, qu’au passage, elle rogne également sur France Ô qui passera en basse définition pour lui faire de la place…

 

Dans les coulisses de la primaire

Nos informations sur les coulisses des primaires à droite.

NKM adore Paris

Candidate à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017, Nathalie Kosciusko-Morizet était également la candidate de son parti, Les Républicains, lors des dernières municipales à Paris. Depuis, elle a réussit à s’imposer comme leader de son camp et elle semble décidée à poursuivre son combat électoral contre Anne Hidalgo lors des prochaines élections, certes encore lointaines. Elle a en tout cas obtenu l’investiture de LR pour les législatives de 2017 dans la 11ème circonscription de Paris, sur les VIème et XIVème arrondissements. Cette circonscription n’est pas donnée comme « facile » pour la droite, le sortant est le socialiste Pascal Cherki. Néanmoins, dans le contexte d’une vague bleue qui succèderait à l’élection d’un Président de la République de droite, elle est tout à fait gagnable.

Le dixième homme

Henri Guaino s’est donc lancé, presque in extremis, dans la campagne pour la primaire de la droite. L’ancienne plume de Nicolas Sarkozy est le douzième candidat à cette primaire qui sera très convoitée, du moins en apparence car celles et ceux, parmi les dix hommes et deux femmes candidats, qui réussiront à réunir les conditions pour être effectivement présents le 20 novembre dans les bureaux de vote seront rares… Henri Guaino revendique son gaullisme historique et il claironne être le seul à porter la parole du gaullisme dans cette campagne. En fait, l’ex-sarkozyste s’est finalement lancé, un peu en urgence, car il voyait poindre la candidature de Michèle Alliot-Marie, qui revendique elle aussi son héritage gaulliste et qui devrait déclarer sa candidature dans les prochains jours… Hors de question de se laisser coiffer ainsi au poteau ! Nous verrons qui du dixième homme ou de la troisième femme pourra séduire le plus de parlementaires, d’élus et de militants pour espérer se présenter au premier tour de la primaire des 20 et 27 novembre sous les couleurs du Général de Gaulle.

Sarkozy trahi par les siens ?

Ça rigole dans les QG des candidats à la primaire de la droite. L’objet de ses moqueries ? Nicolas Sarkozy, en personne ! Les staffs des candidats signalent avec perfidie que, décidément, les hérauts de la Sarkozy ne font pas que quitter le navire, ils n’hésitent plus à se présenter contre leur ancien patron. Après Nadine Morano, Geoffroy Didier, Frédéric Lefebvre, voilà Henri Guaino qui quitte le navire alors qu’il y a à peine un an il assurait qu’il soutiendrait Nicolas Sarkozy. Du côté de l’équipe de l’ancien Président de la République on souligne que la rupture avec Nadine Morano est loin d’être définitive, ou, qu’après tout, Geoffroy Didier « n’était qu’un salarié de LR »… Les émancipations de Frédéric Lefebvre et Henri Guaino sont moins bien vécues, même si la vie est longue en politique et que des ralliements utiles peuvent s’opérer.

Manoeuvres autour des investitures au sein de LR

La primaire approche, la tension monte. Il était convenu au sein de LR que seules les circonscriptions « sans problèmes » feraient l’objet d’investitures de la part du parti, les autres devaient être gelées. Or, dans les premières circonscriptions examinées par la commission nationale d’investitures, la quasi-totalité des circonscriptions ont été arbitrées. Une situation qui hérisse les candidats à la primaire, dont Alain Juppé, qui souhaiteraient avoir leur mot à dire, notamment pour défendre leurs protégé(e)s. En outre, il a été convenu qu’un conseil national serait programmé après la primaire afin de permettre au candidat officiel de la droite à la présidentielle d’apporter quelques retouches le cas échéant. Seules certitudes à ce jour : les sortants sont reconduits et les députés UDI n’auront pas de candidat LR face à eux.

Quand la « morale » débarque

Si l’activisme de Nicolas Sarkozy montre à quel point il a le moral, certains, parmi les candidats à la primaire, commencent à pointer son manquer de « morale ». C’est le cas d’Alain Juppé, selon Le Parisien, le favori des sondages aurait tenu des propos critiques à l’égard de l’ancien Président de la République, toujours pas candidat officiel, mais à qui il est reproché sa campagne de fait, aux frais du parti : « Quand je l’entends dire qu’il n’est pas encore candidat, c’est juste une aimable plaisanterie ! Il y a là, un vrai problème de morale ».

Loi travail : la démonstration sénatoriale

Démontrer sa capacité à réformer est l’un des enjeux de la droite pour 2017. La loi travail, en cours de navette au Parlement, même si elle a peu de chance d’être votée avec les amendements des sénateurs de droite, est un excellent exercice grandeur nature qui devrait permettre à la droite de démontrer sa capacité et sa détermination à réformer en cas d’alternance. Elle doit néanmoins éviter les écueils du « Au secours la droite revient ! » déjà enclenché par François Hollande. La difficulté réside donc pour les sénateurs à ne pas offrir une image caricaturale qui pourrait aboutir à un résultat inverse à celui recherché. Déjà, les différents candidats à la primaire ont à défendre une posture libérale peu populaire dans l’électorat Français, il ne faudrait pas en plus que les sénateurs donnent de la droite une image trop radicale sur le droit du travail. Ils ont donc revu le texte du gouvernement et ont introduit plusieurs amendements significatifs : retour à la barémisation prud’homale, suppression des 35 heures et retour des 39 heures en cas d’absence d’accord collectif, simplification du compte pénibilité, régime spécial PME pour le forfait jour… Néanmoins, en cas d’alternance les réformes ne seront pas si simples, déjà les centristes ont souhaité faire entendre leur différence et ont menacé de ne pas voter un texte jugé un peu trop « droitier ».

Juppé prône la « responsabilité »

Le premier numéro du nouveau magazine politique de TF, « Vie politique » proposait, dimanche 12 juin un intéressant débat entre Alain Juppé et la directrice du Think Tank libéral Ifrap, Agnès Verdier-Molinié. Le premier a reproché à la seconde son libéralisme un peu outrancier qui ne se soucierait guère des réalités de nos concitoyens. Le candidat à la primaire de la droite a souligné qu’il souhaitait une réforme acceptable par les Français et qui ne soit pas trop radicale, condition selon lui de sa réussite. Il a notamment défendu la suppression de seulement 250.000 postes de fonctionnaires en 5 ans et un plan limité à 28 milliards de baisses d’impôts.