Archives de novembre 2014

Lobbying, numérique, livres… Quelques chiffres.

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C’est environ l’âge d’une nouvelle génération de chefs d’entreprises qui prennent les rênes de grands groupes. Le Boston Consulting Group décrit dans son étude sur la « leapfrog succession » (succession « saute-mouton ») une génération de quarantenaires propulsée à la tête d’entreprises numériques ou non sans passer par la case numéro deux ou trois : Marissa Mayer chez Yahoo, Daniel Schwartz chez Burger King, Frédéric Oudéa à la Société Générale…

1000

C’est le nombre de nouveaux offices notariaux qui devraient être créés selon Bercy après application de la Loi Macron. Les Notaires ont obtenu gain de cause sur l’application de la règle de la proportionnalité qui restera applicable sur les transactions immobilières dont les prix sont les plus élevés.

1,7

C’est la somme que devrait rapporter à Valérie Trierweiler, « Merci pour ce moment », selon son éditeur Laurent Beccaria, directeur des Arènes. Sa tournée européenne devrait confirmer ce chiffre tant le livre semblait attendu chez certains de nos voisins, notamment en Angleterre.

63

C’est le nombre de sociétés qui n’existaient pas il y a 30 ans dans le top 100 des entreprises américaines. En France, une seule nouvelle entreprise apparaît en 30 ans : Free. C’est le constat de Philippe Lemoine dans son rapport sur la transformation numérique de la France remis récemment au gouvernement.

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C’est, selon GFK, le pourcentage de l’e-commerce dans le secteur de l’équipement de la maison pour les neuf premiers mois de l’année. Un chiffre très important à comparer avec la part du commerce en ligne dans le commerce de détail en France qui ne serait que de 9%.

Autoroutes : Haro sur les concessions

Après les rapports sévères de la Cour des Comptes et de l’Autorité de la Concurrence à l’égard des sociétés d’autoroutes, ce sont à présent les députés qui s’attaquent aux concessions.

Jean-Paul Chanteguet député de l’Indre, propose des pistes de solutions autrement plus radicales que le rattachement du secteur autoroutier à l’ARAF, le régulateur du secteur ferroviaire, envisagé par le ministre de l’Industrie, Emmanuel Macron. Le Président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire souhaite une dénonciation des contrats des sociétés concessionnaires pour « raison d’intérêt général ».

Le rapporteur de la mission parlementaire d’information sur les sociétés d’autoroute veut frapper un grand coup et sa proposition est de fait un pavé dans la marre. Si elle devait être retenue, la résiliation des contrats des concessionnaires aurait sans doute des répercussions économiques massives pour ces derniers. Mais le parlementaire n’en a cure, il veut profiter de la période de préavis de cette dénonciation pour renégocier les contrats et, pourquoi pas, les confirmer ensuite, sur la base de nouvelles conditions notamment tarifaires. Sa détermination est totale, si aucun accord n’était trouvé il ne craint pas de lancer de nouveaux appels d’offres voire de mettre les autoroutes en régie.

Il n’en reste pas moins que cette dénonciation de contrat aurait une conséquence budgétaire lourde puisque son coût est estimé à environ 40 milliard d’euros… L’Etat ne semble pas prêt à assumer une telle extrémité et les sociétés d’autoroute n’ont sans doute pas dit leur dernier mot…

Natacha Polony lauréate du Prix Edgar Faure

Mardi 25 novembre avait lieu au Palais M à Paris la remise du Prix Edgar Faure 2014 du livre politique. Un prix prestigieux créé il y a huit ans par le petit fils du Président Faure, Rodolphe Oppenheimer.

Crédits photos : Paul R. Cloud (@D.D)

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L’ensemble du jury (dont Mathieu Quétel, président de Sountsou) s’est réuni ce mardi soir, sous la présidence d’Isabelle Debré, vice-présidente du Sénat, afin de délibérer au cours d’échanges animés autour des 10 lauréats de cette cuvée 2014 du Prix Edgar Faure. C’est après un seul tour de vote à bulletins secrets que Natacha Polony a été déclarée lauréate 2014 pour son ouvrage « Ce pays qu’on abat » aux éditions Plon.

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Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI a prononcé un discours d’ouverture fort au cours duquel il a rappelé les valeurs de la République si bien incarnées par Edgar Faure. Visiblement émue et touchée Natacha Polony est montée sur scène pour recevoir son Prix des mains d’Olivier Dassault, Député de l’Oise, le sculpteur Kasper, créateur du trophée du Prix Edgar Faure ainsi que de Rodolphe Oppenheimer, Président du Prix.

Le prix des internautes Le Regard d’Edgar a quant à lui récompensé Jean-Christophe Buisson pour « Assassinés » paru aux éditions Perrin.

Grands comptes et PME, Trop dur !

Les grand comptes boudent les PME. Grandes entreprises, collectivités locales ou Etat, tous ont du mal à passer commande auprès des PME. La commande publique s’élève chaque année à 200 milliards d’Euros, l’enjeu est donc de taille…

Depuis deux ans, l’Etat incite ses acheteurs à faire preuve d’audace et à faire confiance aux PME dans la commande publique. Un guide à destination des acheteurs a même été rédigé afin de faire preuve de pédagogie, des réunion thématiques sont organisées autour d’acheteurs publics et de PME…

Mais les règles des marchés publics, complexes, ne facilitent pas la tâche des PME. Il est par exemple impossible de favoriser une PME parce qu’elle est française. Du moins, en apparence… D’abord l’Europe a édicté de nouvelles règles qui doivent faciliter l’accès des PME aux marchés publics : le chiffre d’affaires exigé pour concourir à un marché ne peut plus être supérieur au double de la valeur du marché et les formalités administratives ont également été simplifiées. Il est également possible de « jouer avec les règles » mais cela doit se faire au moment de la conception de l’appel d’offres par le biais de l’alotissement par exemple.

Tout cela reste toutefois très complexe et assez déconnecté de la réalité des PME. Mais, la commande publique ne représente qu’une partie du chiffre d’affaires qui échappent encore trop souvent aux PME. Les grands acheteurs privés sont également frileux et demandent tellement de garantie que leurs marchés restent trop souvent encore inaccessibles aux PME

Un prochain Cahier Expert donnera quelques pistes concrètes pour se faire connaître des grands comptes publics.

Qui sera le lauréat du Prix Edgar Faure 2014 ?

Mardi 25 novembre, le Prix de littérature politique Edgar Faure sera remis pour la huitième année à l’un des dix auteurs de la sélection 2014.

Les lauréats depuis 2007

Appoline de Malherbe fut la première lauréate pour son ouvrage « Politique cherche audimat, désespérément ». Bruno Le Maire lui a succédé en 2008 avec « Des hommes d’Etat », puis Mathieu Laine et son ouvrage « Post politique ». En 2010, le rappeur Abd Al Malik fut le choix aussi inattendu qu’audacieux du Jury du Prix Edgar Faure pour son ouvrage « La guerre des banlieues n’aura pas lieu ». Fabien Lecoeuvre et Florence Drory furent récompensés en 2011 pour leur livre sur François Mitterrand suivi l’année suivante par l’ouvrage de Samir Tounsi « Les solitaires de la République. Quand le pouvoir vous lâche ». En 2013, un Prix « prémonitoire » pour les auteurs de l’ouvrage « Manuel Valls : les secrets d’un destin », Jacques Hennin et Gilles Verdez. Depuis l’an dernier, un second Prix est descerné « Le regard d’Edgar ». Les premiers lauréats de ce Prix des lecteurs, Carole Barjon et Bruno Jeudy ont signé « Le coup monté ».

La sélection 2014

Les 10 ouvrages de la cuvée 2014 ne facilitent pas la tâche du Jury. De jeunes auteurs côtoient de vieux routiers du livre politique, de l’auto-biographie à la biographie en passant par l’essai politico-philosophique et même l’ouvrage quasi-policier, tous les genres autour de la littérature politique sont représentés. Natacha Polony propose un voyage dans l’actualité politique avec « Ce pays qu’on abat » une sélection de ses chroniques de blog et du Figaro publiées depuis 2009. Christine Clerc nous invite plutôt au voyage au coeur des tourments intérieurs du Général de Gaulle dans « Tout est fichu » quand Emna Belhaj Yahia propose un témoignage poignant sur la révolution tunisienne et ses contradictions. Cécile Amar livre les débuts d’un quinquennat chaotique avec « Jusqu’ici tout va mal » alors que Jean-Christophe Buisson nous propose un voyage historique meurtrier et palpitant avec « Assassinés ». Henri Weiss fait le pari du roman d’espionnage pour revenir sur les événement de 1968 avec « Mission secrète au Tchad ». Nous plongeons dans l’histoire personnelle des deux candidates aux élections municipales de 2014 à Paris avec Marie-Ève Malouines et son ouvrage « Paris de femmes ». « Heureux comme un socialiste en France » de Philippe Alexandre et Béatrix de l’Aulnoit décrypte les stratégies du PS notamment dans les collectivités locales. Lydia Guirous, jeune femme politique engagée au Centre, livre avec « Allah est grand, la République aussi » un écrit original entre biographie et manifeste. Enfin, Nicolas Baverez nous propose une politique fiction drôle mais également un peu terrifiante sur la débâcle de la France en 2040 avec son ouvrage « Lettres béninoises ».

Qui sont les membres du jury 2014 ?

L’ambition de l’Association Edgar Faure est de promouvoir un Prix à la fois moderne et prestigieux autour d’un jury composé de personnalités issues des mondes littéraires, politiques et économiques : Isabelle Debré, Olivier Dassault, Jacques Séguela, Luc Carvounas, Alain Bauer, Sophie Joissains, Gilles Catoire, Sihem Souid, Frédéric de St-Sernin, Viviane Neiter, Gérald-Brice Viret, Bernard Granger, Jean-Philippe Pierre, David-Xavier Weiss, Frank Soloveicik, Vincent Perrin, Mathieu Quétel, fondateur de Sountsou ainsi que le Président et créateur du Prix, Rodolphe Oppenheimer, petit fils d’Edgar Faure (lire notre article sur le livre récemment publié par Rodolphe Oppenheimer).

Un Jury qui aura fort à faire pour départager une sélection d’auteurs et d’ouvrages de grande qualité. Verdict, le mardi 25 novembre en soirée au Palais Maillot – Palais des Congrès de Paris.

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